III.—GNOMES. ESPRITS DES MINES. GARDES DES TRESORS.

"George Agricola[1] qui a scavamment traite la matiere des mines, des metaux, et de la maniere de les tirer des entrailles de la terre, reconnoit, dit dom Calmet[2], deux ou trois sortes d'esprits qui apparoissent dans les mines: les uns sont fort petits, et ressemblent a des nains ou des pygmees; les autres sont comme des vieillards recourbes et vetus comme des mineurs, ayant la chemise retroussee et un tablier de cuir autour des reins; d'autres font, ou semblent faire ce qu'ils voient faire aux autres, sont fort gais, ne font mal a personne; mais de tous leurs travaux il ne resulte rien de reel."

[Note 1: De mineral. subterran., p. 504.]

[Note 2: Traite sur les apparitions des esprits, t. I, p, 248.]

"Lavater, cite par Taillepied[1], dit qu'un homme luy a escrit qu'a Davoise, au pays des Grisons, il y a une mine d'argent en laquelle Pierre Buol, homme notable et consul de ce lieu-la, a faict travailler es annees passees, et en a tire de grandes richesses. Il y avoit en icelle un esprit de montagne lequel principalement le jour de vendredy, et souvent, lorsque les metaillers versoient ce qu'ils avoient tire dans les cuves, faisoit fort de l'empescher, changeant a sa fantaisie les metaux des cuves en autres. Ce consul ne s'en soucioit autrement, car quand il vouloit descendre en la mine ou en remonter, se confiant en Jesus-Christ, s'armoit du signe de la croix, et jamais ne lui advint aucun mal. Or un jour advint que cest esprit fit plus de bruit que de coutume, tellement qu'un metailler impatient commenca a l'injurier et a luy commander d'aller au gibet avec imprecation et malediction. Lors cet esprit print le metailler par la tete, laquelle il luy tordit en telle sorte que le devant estoit droitement derriere: dont il ne mourut pas toutefois, mais vesquit depuis longtemps ayant le col tors et renverse, cognu familierement de plusieurs qui vivent encor; quelques annees apres il mourut.

[Note 1: Traite sur l'apparition des esprits, p. 128-130.]

"George Agricola escrit qu'a Annenberg, en une mine qu'on appelle Couronne de rose, un esprit ayant forme de cheval tua douze hommes, ronflant et soufflant contre eux, tellement qu'il la fallut quitter, encore qu'elle fut riche d'argent.

"Semblablement, on dit qu'en la mine de Saint-Gregoire en Schueberg, il en fut veu un, ayant la teste enchaperonnee de noir, lequel print un tireur de metal et l'esleva fort haut, qui ne fut pas sans l'offenser grandement en son corps.

"Olaus Magnus, cite par dom Calmet[1], dit qu'on voit dans les mines, surtout dans celles d'argent ou il y a un plus grand profit a esperer, six sortes de demons qui, sous diverses formes, travaillent a casser les rochers, a tirer les seaux, a tourner les roues, qui eclatent quelquefois de rire et font diverses singeries; mais que tout cela n'est que pour tromper les mineurs qu'ils ecrasent sous les rochers ou qu'ils exposent aux plus eminents dangers pour leur faire proferer des blasphemes ou des jurements contre Dieu. Il y a plusieurs mines tres riches qu'on a ete oblige d'abandonner par la crainte de ces dangereux esprits."

[Note 1: Traite sur les apparitions des esprits, t. I, p. 251.]

"Les nains de la Bretagne, les bergmannchen de l'Allemagne sont regardes, dit M. A. de Maury[1], comme d'une extreme habilete dans l'art de travailler les metaux. Les idees defavorables que l'on a sur eux les font meme passer chez les Bretons, les Gallois, les Irlandais, comme de faux monnayeurs; c'est au fond des grottes, dans les flancs des montagnes, qu'ils cachent leurs mysterieux ateliers. C'est la qu'aides souvent des Elfes et des autres genies analogues, ils forgent, ils trempent, ils damasquinent ces armes redoutables dont ils ont dote les dieux et parfois les mortels. L'un de ces forgerons nomme Wieland ou Velant, instruit par les nains de la montagne de Kallowa, s'etait acquis une immense renommee. Son nom de la Scandinavie etait passe dans la France, change en celui de Galant, Galant qui avait fabrique Durandal, l'epee de Charlemagne, et Merveilleuse, l'epee de Doolen de Mayence. La Vilkina Saga nous dit que la mere de ce celebre Vieland etait un Elfe et son pere un geant vade. Suivant d'autres traditions, il serait lui-meme un licht elf. Ainsi, les Elfes, en une foule de circonstances, voient leur histoire se meler a celle des nains. L'Edda parle aussi de l'extreme habilete des Elfes dans l'art de travailler les metaux: ce sont eux qui ont forge Gungner, l'epee d'Odin, qui ont fait a Sifa sa chevelure d'or, a Freya sa chaine d'or. Le cluricaune irlandais est aussi un forgeron et le paysan assure entendre souvent la montagne retentir du bruit de son marteau."

[Note 1: Les Fees du moyen age, p. 81-82.]

"A la ville de Greisswald et dans les environs, ajoute M. Alfred Maury[1], c'est une tradition repandue chez le peuple, que jadis, a une epoque que l'on ne peut plus determiner, le pays etait habite par un grand nombre de nains. On ignore le chemin qu'ils ont suivi en s'en allant, mais on croit qu'ils se sont refugies dans les montagnes. Une legende prussienne raconte comment les nains qui habitaient Dardesheim furent chasses par un forgeron, et comment depuis on ne les a plus revus. Dans l'Erzgebirge, une tradition toute semblable dit que les nains ont ete chasses par l'etablissement des forges. Dans le Harz, meme legende. Le peuple du Nord-Jutland dit que les trolls ont quitte Vendyssel pour ne plus reparaitre."

[Note 1: Les Fees du moyen age, p. 91-92.]

"Suivant Bodin[1], Oger Ferrier, medecin fort scavant, estant a Thoulouse, print a louage une maison pres de la Bourse, bien bastie et en beau lieu, qu'on lui bailla quasi pour neant, pource qu'il y avoit un esprit malin qui tourmentoit les locataires. Mais lui ne s'en soucioit non plus que le philosophe Athenodorus, qui osa seul demeurer en une maison d'Athenes, deserte et inhabitee par le moyen d'un esprit. Oyant ce qu'il n'avoit jamais pense, et qu'on ne pouvoit seurement aller en la cave, ni reposer quelquefois, on l'avertit qu'il y avoit un jeune escholier portugais, estudiant lors a Thoulouse, lequel faisoit voir sur l'ongle d'un jeune enfant les choses cachees. L'escholier appele usa de son mestier, et une petite fille enquise dit qu'elle voyoit une femme richement paree de chaines et dorures, et qui tenoit une torche en la main, pres d'un pilier. Le Portugais conseilla au medecin de faire fouir en terre, dedans la cave, pres du pilier, et lui dit qu'il trouveroit un thresor. Qui fut bien aise, ce fut le medecin, lequel fit creuser. Mais lors qu'il esperoit trouver le thresor, il se leva un tourbillon de vent, lequel esteignit la lumiere, sortit par un soupirail de la cave et rompit deux toises de creneaux qui estoyent en la maison voisine, dont il tomba une partie sur l'ostvent et l'autre partie en la cave, par le soupirail, et sur une femme portant une cruche d'eau qui fut rompue. Depuis, l'esprit ne fut oui en sorte quelconque. Le jour suivant, ce Portugais, averti du fait, dit que l'esprit avoit emporte le thresor, et que c'estoit merveille qu'il n'avoit offense le medecin, lequel me conta l'histoire deux jours apres, qui estoit le 15 de decembre 1558, estant le ciel serein et beau comme il est d'ordinaire es-jours alcyoniens, et fus voir les creneaux de la maison voisine abatus, et l'ost de la boutique rompu."

[Note 1: Demonomanie, liv. III, chap. III, cite par Goulart, Thresor des histoires admirables, t. II, p. 629.]

"Philippe Melanchthon, ajoute le meme auteur[1], recite une histoire quasi semblable, qu'il y eut dix hommes, a Magdebourg, tuez de la ruine d'une tour lors qu'ils fossoyoient pour trouver les thresors que Satan leur avoit enseignez. J'ay apris aussi d'un Lyonnais, qui depuis fut chapelain a l'eglise Notre-Dame de Paris, que lui avec ses compagnons avoyent descouvert par magie un thresor a Arcueil pres de Paris. Mais voulant avoir le coffre ou il estoit, qu'il fut emporte par un tourbillon et qu'il tomba sur lui un pan de la muraille, dont il est et sera boiteux toute la vie. Et n'y a pas longtemps qu'un prestre de Nuremberg ayant trouve un thresor a l'aide de Satan, et sur le point d'ouvrir le coffre, fut accable des ruines de la maison. J'ay sceu aussi d'un pratricien de Lyon, qu'ayant este avec ses compagnons la nuict, pour conjurer les esprits a trouver un thresor, comme ils avoient commence de fouir en terre, ils ouyrent la voix comme d'un homme qui estoit sur la roue, pres du lieu ou ils creusoyent, criant espouvantablement aux larrons, ce qui les mit en fuite. Au mesme instant les malins esprits les poursuivirent battans jusques en la maison d'ou ils estoyent sortis, et entrerent dedans, faisant un bruit si grand, que l'hoste pensoit qu'il tonnast. Depuis, il fit serment qu'il n'iroit jamais cercher thresor.

[Note 1: Au meme endroit.]

Le sieur de Villamont[1] raconte ce qui suit:

[Note 1: Voyages, liv. I, chap. XXIII.]

"Pres de Naples, nous trouvans au bord de la mer, joignant une montagne ou l'on descend en la grotte qu'on appelle du roi Salar, nous entrasmes dedans icelle grotte avec un flambeau allume, et cheminasmes jusques a l'entree de certaine fosse, ou nostre guide s'arresta, ne voulant passer outre. Lui ayant demande la cause de cela, respondit que ceste entree estoit tres perilleuse et que ceux qui s'ingeroyent de passer plus avant n'en retournoyent jamais dire nouvelles aux autres: ainsi qu'arriva (dit-il) il y a environ six ans (il racontoit l'histoire au commencement de l'annee 1589), au prieur de l'abbaye de Margouline, a un Francois et a un Aleman, lesquels arrivez a ceste fosse furent avertis par moi de n'entrer dedans. Mais se mocquant de mes admonitions prindrent chacun son flambeau pour descendre. Ce que voyans, je les y laissai entrer, sans vouloir aller en leur compagnie, les attendant toutefois a l'entree d'icelle. Mais voyant qu'ils ne retournoyent point, je me doutai incontinent qu'ils estoyent morts, de sorte qu'estant retourne a Naples, je le recitay a plusieurs; tant qu'enfin cela vint a la connaissance des parents du prieur, qui me firent constituer prisonnier, alleguant contre moi que je l'avois fait entrer dedans, ou du moins, ne l'avois averti de l'inconvenient. Mais sur-le-champ, je prouvay le contraire et fus absous a pur et a plein. En peu de jours apres on descouvrit que ces trois estoient magiciens qui avoyent entrepris de descendre en cette fosse pour y cercher un thresor."

"L'an 1530, dit Jean des Caurres[1], le diable monstra a un prestre, au travers d'un crystal, quelques thresors en la ville de Noriberg. Mais ainsi que le prestre le cherchoit dedans un lieu fossoye devant la ville, ayant pris un sien amy pour spectateur, et comme deja il commencoit a voir un coffre au fond de la caverne, aupres duquel il y avoit un chien noir couche, il entra dedans et incontinent il fut estouffe et englouti dedans la terre, laquelle tomba dessus et remplit de rechef la caverne."

[Note 1: Oeuvres morales et diversifiees et histoires, p. 292.]

"Dom Calmet[1], rapporte que deux religieux fort eclaires et fort sages, le consulterent sur une chose arrivee a Orbe, village d'Alsace, pres l'abbaye de Pairis.

[Note 1: Traite sur les apparitions des esprits, t. I, p. 274.]

"Deux hommes de ce lieu leur dirent qu'ils avoient vu dans leur jardin sortir de la terre une cassette, qu'ils presumoient etre remplie d'argent, et que l'ayant voulu saisir, elle s'etoit retiree et cachee de nouveau sous la terre. Ce qui leur etoit arrive plus d'une fois."

Le meme auteur ajoute[1]:

[Note 1: Au meme endroit.]

"Theophane, historiographe grec, celebre et serieux, sous l'an de J.-C. 408, raconte que Cabades, roi de Perse, etant informe qu'entre le pays de l'Inde et de la Perse, il y avoit un chateau nomme Zubdadeyer, qui renfermoit une grande quantite d'or, d'argent et de pierreries, resolut de s'en rendre maitre; mais ces tresors etoient gardes par des demons, qui ne souffroient point qu'on en approchat. Il employa, pour les conjurer et les chasser, les exorcismes des mages et des Juifs qui etoient aupres de lui; mais leurs efforts furent inutiles. Le roi se souvint du Dieu des chretiens, lui adressa ses prieres, fit venir l'eveque qui etoit a la tete de l'Eglise chretienne de Perse, et le pria de s'employer pour lui faire avoir ces tresors, et pour chasser les demons qui les gardoient. Le prelat offrit le saint sacrifice, y participa, et etant alle sur le lieu, en ecarta les demons gardiens de ces richesses, et mit le roi en paisible possession du chateau."

"Racontant cette histoire a un homme de consideration[1], il me dit que dans l'isle de Malthe, deux chevaliers ayant aposte un esclave qui se vantoit d'avoir le secret d'evoquer les demons, et de les obliger de decouvrir les choses les plus cachees, ils le menerent dans un vieux chateau ou l'on croyoit qu'etoient caches des tresors. L'esclave fit ses evocations, et enfin le demon ouvrit un rocher d'ou sortit un coffre. L'esclave voulut s'en emparer, mais le coffre rentra dans le rocher. La chose recommenca plus d'une fois; et l'esclave, apres de vains efforts, vint dire aux chevaliers ce qui lui etoit arrive, mais qu'il etoit tellement affaibli par les efforts qu'il avoit faits, qu'il avoit besoin d'un peu de liqueur pour se fortifier; on lui en donna, et quelque temps apres, etant retourne, on ouit du bruit, l'on alla dans la cave avec de la lumiere pour voir ce qui etoit arrive, et l'on trouva l'esclave etendu mort et ayant sur toute sa chair comme des coups de canifs representant une croix. Il en etoit si charge qu'il n'y avoit pas de quoi poser le doigt qui n'en fut marque. Les chevaliers le porterent au bord de la mer, et l'y precipiterent avec une grosse pierre pendue au col."

[Note 1: M. le chevalier Guiot de Marre.]

"La meme personne nous raconta encore a cette occasion qu'il y a environ quatre-vingt-dix ans qu'une vieille femme de Malthe fut avertie par un genie qu'il y avoit dans sa cave un tresor de grand prix, appartenant a un chevalier de tres grande consideration, et lui ordonna de lui en donner avis: elle y alla, mais elle ne put obtenir audience. La nuit suivante, le meme genie revint, lui ordonna la meme chose; et comme elle refusoit d'obeir, il la maltraita et la renvoya de nouveau. Le lendemain elle revint trouver le seigneur, et dit aux domestiques qu'elle ne sortirait point qu'elle n'eut parle au maitre. Elle lui raconta ce qui lui etoit arrive; et le chevalier resolut d'aller chez elle, accompagne de gens munis de pieux et d'autres instruments propres a creuser: ils creuserent, et bientot il sortit de l'endroit ou ils piochoient une si grande quantite d'eau, qu'ils furent obliges d'abandonner leur entreprise. Le chevalier se confessa a l'inquisiteur, de ce qu'il avoit fait et recut l'absolution, mais il fut oblige d'ecrire dans les registres de l'inquisition le fait que nous venons de raconter.

"Environ soixante ans apres, les chanoines de la cathedrale de Malthe, voulant donner au devant de leur eglise une place plus vaste, acheterent des maisons qu'il fallut renverser, et entre autres celle qui avoit appartenu a cette vieille femme; en y creusant, on y trouva le tresor, qui consistoit en plusieurs pieces d'or de la valeur d'un ducat, avec l'effigie de l'empereur Justin Ier. Le grand maitre de Malthe pretendoit que le tresor lui appartenoit comme souverain de l'isle; les chanoines le lui contestoient. L'affaire fut portee a Rome. Le grand maitre gagna son proces; l'or lui fut apporte de la valeur d'environ soixante mille ducats; mais il les ceda a l'eglise cathedrale. Quelque temps apres, le chevalier dont nous avons parle, qui etoit alors fort age, se souvint de ce qui lui etoit arrive, et pretendit que ce tresor lui devoit appartenir: il se fit mener sur les lieux, reconnut la cave ou il avoit d'abord ete et montra dans les registres de l'inquisition ce qu'il y avoit ecrit soixante ans auparavant. Cela ne lui fit point recouvrer le tresor, mais c'etait une preuve que le demon connoissoit et gardoit cet argent."

"Voici l'extrait d'une lettre ecrite de Kirchheim, du 1er janvier 1747, a M. Schopfflein, professeur en histoire et en eloquence a Strasbourg, et rapportee par dom Calmet[1]:

[Note 1: Ouvrage cite, p. 282-283.]

"Il y a plus d'un an que M. Cavallari, premier musicien de mon serenissime maitre, et Venitien de nation, avoit envie de faire creuser a Rothenkirchen, a une lieue d'ici, qui etoit autrefois une abbaye renommee, et qui fut ruinee du temps de la reformation. L'occasion lui en fut fournie par une apparition que la femme du censier de Rothenkirchen avoit eue plus d'une fois en plein midi, et surtout le 7 mai, pendant deux ans consecutifs. Elle jure et en peut faire serment, qu'elle a vu un pretre venerable en habits pontificaux, brodes en or, qui jetta devant lui un grand tas de pierres, et quoiqu'elle soit lutherienne, par consequent incredule sur ces sortes de choses-la, elle croit pourtant que si elle avoit eu la presence d'esprit d'y mettre un mouchoir ou un tablier, toutes les pierres seraient devenues de l'argent. M. Cavallari demanda donc permission d'y creuser, ce qui lui fut d'autant plus facilement accorde que le dixieme du tresor est du au souverain. On le traita de visionnaire, et on regarda l'affaire des tresors comme une chose inouie. Cependant il se moqua du qu'en dira-t-on, et me demanda si je voulois etre de moitie avec lui; je n'ai pas hesite un moment d'accepter cette proposition, mais j'ai ete bien surpris d'y trouver de petits pots de terre remplis de pieces d'or. Toutes ces pieces plus fines que les ducats sont pour la plupart du quatorzieme et quinzieme siecle. Il m'en a echu pour ma part 666, trouvees a trois differentes reprises. Il y en a des archeveques de Mayence, de Treves et de Cologne, des villes d'Oppenheim, de Baccarat, de Bingen, de Coblens; il y en a aussi de Rupert Paladin, de Frederic, burgrave de Nuremberg, quelques-unes de Wenceslas, et une de l'empereur Charles IV, etc.

"L'histoire qu'on vient de rapporter est rappelee, ajoute dom Calmet, avec quelques circonstances differentes, dans un imprime qui annonce une lotterie de pieces trouvees a Rothenkirchen, au pays de Nassau, pas loin de Donnersberg. On y lit que la valeur de ces pieces est de 12 livres 10 sols, argent de France. La lotterie devait se tirer publiquement le 1er fevrier 1750. Chaque billet etoit de six livres, argent de France."

Bartolin, dans son livre de la Cause du mepris de la mort, que faisoient les anciens Danois, liv. II, ch. II, raconte, d'apres dom Calmet[1], "que les richesses cachees dans les tombes aux des grands hommes de ce pays-la, etoient gardees par les manes de ceux a qui elles appartenoient, et que ces manes ou ces demons repandoient la frayeur dans l'ame de ceux qui vouloient enlever ces tresors, par un deluge d'eau qu'ils repandoient, ou par des flammes qu'ils faisoient paroitre autour des monuments qui renfermoient ces corps et ces tresors."

[Note 1: Ouvrage cite, t. I, p. 284.]