V

Alors, l'idée de mourir le hanta, elle vivait avec lui, peuplait ses cauchemars. Il se sentit moins triste. À penser qu'il serait libéré, plus tard, un jour, bientôt peut-être, et que cela dépendait, en somme, d'une détermination suprême, il se sentait plus calme, presque heureux. Puis l'habitude, il le savait, émousse les sensations et les sentiments les plus vivaces. Ce qui semblait absurde ou monstrueux la veille, devient au bout de quelques jours, acceptable et possible. André, et il en rougissait, s'habitua à l'idée du désespoir qu'il causerait à sa mère. Alors il laissa place, dans son esprit, aux sophismes.

«Elle est pieuse, elle priera, elle trouvera la paix, la résignation, elle se consolera.»

Puis:

«Elle est si bonne, elle me pardonnera, elle déplorera le sort, mais elle reconnaîtra que c'était inévitable.»

Et peu après:

«Sera-t-elle si seule que je le crains? Mme d'Ayral lui offrira peut-être de vivre avec elle; l'abbé Lurel a pour elle une vieille affection. Tous trois se comprennent mutuellement, beaucoup plus que ma mère et moi ne nous sommes jamais compris.»

Il s'arrêta court, se sentant injuste, et percevant la vérité, par un contre-coup soudain:

—C'est mal, c'est mal! cria-t-il. Je ne puis faire cela!

Mais alors, la conscience de son ennui amer, de sa pauvreté irrémédiable, et de l'avenir pareil à vivre, le rejeta dans une angoisse extrême. Plus la vie lui semblait mauvaise, plus la mort lui apparaissait désirable. Il la jugeait belle, simple; il l'appelait. Il se voyait enterré, avec joie. C'était la vie qui le dégoûtait. Et le ver du tombeau et l'horreur de la chair dissoute, lui semblait bons, à côté d'elle.

C'est ainsi que peu à peu, les derniers sentiments qui le retenaient, s'éteignirent, s'évanouirent.

Quoiqu'il ne mît aucun dandysme à mourir, il songea à la façon dont il disparaîtrait et à faire, en quelque sorte, sa toilette suprême.

«Comment mourir?» pensait-il, et le choix à faire lui inspirait une volupté douloureuse. Mais le fait même du suicide, il l'envisageait avec indifférence, et eût cru bien misérable de s'apitoyer sur lui-même, de se faire, par ses regrets, une oraison funèbre anticipée. S'étant condamné, il n'avait pas cette pitié que les hommes communs ont pour eux-mêmes. Le moi qu'il allait anéantir, ne lui inspirait plus d'intérêt.

Bien diminués et appauvris, ses scrupules n'étaient plus que matériels: il ne pensait plus qu'à «l'ennui» qu'il donnerait à sa mère, qu'au tumulte et aux bavardages ridicules, qu'aux constatations banales auxquelles donne lieu tout accident. Il se représenta Mme de Mercy, non plus désolée, mais effarée; il pensa aux dépenses que coûterait son enterrement: les pompes funèbres sont chères, l'Église aussi, si elle lui accordait une messe. Par sentiment des convenances, André eût voulu disparaître, qu'on ne le revît jamais, que son corps, tombé au fond d'un tourbillon, dans la vase d'un fleuve, ou enfoui dans une carrière, n'apparût point dans sa laideur.

Cette sombre coquetterie, ce dégoût des ennuis matériels que sa mort imposerait, firent qu'il balança peu sur le choix des moyens.

La vision de la Morgue, d'un corps ballonné et bleui par l'eau du fleuve, lui fit horreur. La pendaison anglaise lui sembla d'un comique répugnant. Un coup de couteau, et c'était fait! Il pousserait la lame lentement, après avoir cherché du doigt là où le coeur bat le plus fort; mais si la douleur l'effrayait, et qu'il se blessât seulement!… Une balle dans la tête était plus sûre, mais quelle laideur brutale que ce crâne entr'ouvert, la cervelle éparse, le sang giclé. Une balle au coeur était mieux, car le poison est trompeur, son agonie ignoble. Et André ramena d'un tiroir un revolver de calibre moyen, dont les cinq coups étaient chargés.

La fenêtre était ouverte.

On apercevait un horizon de toits et de cheminées. En face, dans une mansarde, où il épiait, souvent, l'apparition d'une jeune ouvrière, des oiseaux en cage pépiaient. Le soleil baignait d'or, à perte de vue, ce grand décor de maisons, de rues et d'arbres. Que de gens vivaient là, parqués dans une chambre étroite, grouillant sous les grandes bâtisses à six étages. Que de misères, de labeurs, que de naissances quotidiennes, hélas, et que de morts! À des fenêtres poussaient des fleurs en caisse, à d'autres, flottaient des linges sales. Des vitres, dans un mur plein de crasse et de sueur, s'encastraient, avec d'ironiques reflets d'or. D'autres s'ouvraient, sur des coins de chambre vides, et tout noirs.

D'en bas, montait le tumulte de la rue, roulements d'omnibus, cris de marchands poussant leurs voitures, et comme un bourdonnement de cent mille voix. Des marronniers, dont on apercevait très loin la cime, attestaient le printemps.

André, qui tenait son revolver en main, se sentit de l'orgueil, devant cette vie sourde et ces rumeurs. Plaignant les efforts de cette humanité misérable, il sourit, fier d'oser s'affranchir de cette vie de cloporte et de fourmi. Que d'humiliations il évitait par là, que de rancoeurs, de dégoûts, et la maladie rebutante et la vieillesse hébétée, et la mort laide, semblable à un huissier qui vous saisit, en dernière forme de procès.

«Ma mère est absente, je suis seul, je n'ai qu'à presser cette détente, je suis libre!»

Il admira avec quelle facilité l'homme peut se délivrer, par le suicide, et s'étonna que si peu y succombassent; car la mort est là partout, invitante. Enjamber une fenêtre ou un parapet, attendre le passage d'un train, attacher une corde à un clou, quoi de plus simple, de plus facile?

Et André, sûr de pouvoir mourir quand il le voudrait, remit son arme dans le tiroir, s'accouda sur un livre, et rêva au printemps.

Soudain il prit son chapeau, et alla au Luxembourg.

Le grand jardin était plein d'oiseaux, d'ombre et de fraîcheur.

Une foule s'y pressait. Des petits garçons lançaient sur le bassin de frêles bateaux. Des fillettes poussaient leur cerceau, ou jouaient à la balle, avec de petits cris aigus. Des jeunes filles, se tenant par le bras, échangeaient des confidences, d'un air grave, en regardant en dessous les passants. Des mères, une broderie sur leurs genoux, regardaient, avec un joli sourire, leur enfant, l'appelaient, et après un baiser, lui essuyaient le front et lui parlaient bas.

Des employés, sortant de leur bureau, marchaient vite, d'un pas régulier, comme s'ils y retournaient. Des troupiers flânaient, les mains ballantes, l'air doux et niais. Près de la fontaine de Médicis, une femme en noir, belle, errait mélancoliquement. Plus loin, un individu à cheveux longs, à figure simple, aux gestes secs, jetait, d'un pain qu'il cassait, les morceaux aux oiseaux; et eux, sautillants et familiers, voletaient vers le poing du charmeur. Des étudiants, avec des figures bonasses, ou plissées et jaunâtres, passaient d'un air important, une serviette sous le bras, frôlés par des maçons. Un acteur de l'Odéon et une actrice, bras à bras, se souriaient comme en scène; et leurs paroles semblaient des répliques. Des poètes aux cheveux flottants regardaient de pâles ouvrières, qui, ralentissant le pas, se moquaient de filles empanachées, dédaigneuses.

André pensa:

«Tout cela souffre, et dans cette foule composée d'êtres si différents, où se coudoient riches et pauvres, heureux et misérables, combien mourraient volontiers, ce soir? Pas un, peut-être. Si on leur offrait cette délivrance, ils pâliraient, et vous taxeraient de folie ou de cruauté. Est-ce donc l'espérance qui soutient ces employés nécessiteux, ces poètes amaigris, ces ouvriers exténués, ces filles de peine, ou simplement l'instinct stupide de l'existence? Alors moi, pourquoi donc ne pensé-je pas comme eux? Je ne suis pas un philosophe pessimiste pourtant. Je n'ai pas lu Schopenhauer, et j'aimerais tant la vie si elle était meilleure!»

Une grande amertume l'envahissait, d'être isolé et sentant autrement que tous les autres. La vie, qui autour de lui, bruissait et s'agitait, commença de l'angoisser péniblement.

Il éprouva, avec une intensité funéraire croissante, combien le soleil était sombre, le ciel vide, les femmes sans beauté. Le printemps lui sembla amer. Un levain de rancoeur et de dégoût fermenta brusquement dans son coeur. C'était une horreur physique, une nausée. Il s'étonna d'avoir accepté, si longtemps, des jours de laideur, au bureau, tant de discussions stériles, avec sa mère; et s'en voulut, de cet imbécile espoir dans l'avenir, qui jusqu'alors l'avait leurré. Il lui vint une répulsion aristocratique pour toutes les petites misères, les petites souffrances, les petites malpropretés de la vie pauvre. Ballotté, coudoyé dans cette foule, il souffrit, trouvant hostiles les visages d'homme, ineptes les visages de femme.

L'odeur des arbres l'irritait; il eût voulu pleurer. Il se hâta de rentrer à la maison, et couché sur son lit, à plat-ventre, il sanglotait.

—André!—dit une voix déchirante.—Mon Dieu! André!…

Il se retourna: sa mère était devant lui, les traits tirés, les yeux fixes, désolée, dans ses vêtements d'éternel deuil; elle n'en dit pas plus et se mit à pleurer aussi, debout, comme si elle devinait que son fils allait l'abandonner et qu'elle déplorât déjà son cruel veuvage.

De la voir en larmes, il s'attendrit et, essayant de sourire, il lui prit les mains, honteux qu'elle eût assisté à cette preuve de faiblesse, ce désespoir enfantin.

—Qu'as-tu, mon André, est-ce que Germaine?…

Il la rassura tendrement.

—Mais alors?…—et elle n'osa s'expliquer.

Il comprit, évoquant Mariette; mais elle était loin, il l'oubliait, et il jura qu'il ne souffrait pas d'amour.

Mais sa mère restait inquiète, le regardant avec des yeux tristes, une majesté de noble femme, jadis belle; et elle l'interrogeait, se refusant à croire qu'André—un homme—eût pleuré pour autre chose qu'une douleur profonde. Sombre, elle présageait un secret, irritée de ne pas le connaître. Qu'était-ce? Elle eût voulu consoler son enfant, qu'il fût heureux. Elle le supplia de se confesser, s'agenouilla presque, inclinant ses bandeaux gris, et la raie qui les séparait, une triste raie agrandie, qui inspirait de la pitié.

André lui donna le change, sans mentir, rejeta son chagrin sur le bureau et, pour une fois, forcé d'être sincère et prolixe, il dit, avec une violence telle, ses amertumes et ses dégoûts quotidiens, son labeur bête, son salaire nul, que Mme de Mercy, bouleversée par cette confession de douleur, et pourtant heureuse de ce qu'il lui parlât si longtemps coeur à coeur, s'écria:

—Tu n'iras plus, reste avec moi!

Il la regarda, surpris, et l'admira; puis sachant qu'elle offrait l'impossible, et en tout cas l'inacceptable, il secoua doucement la tête, berçant sa mère de paroles douces, en refusant.

—Je ne veux plus que tu souffres ainsi, mon enfant! répétait-elle; nous sommes pauvres, mais grâce à Dieu! nous pouvons le devenir encore plus. Le peu que j'ai est à toi, donne ta démission! S'il le faut, nous irons nous enterrer dans un petit coin, en province, là où la vie sera la moins chère. Ce que je veux, c'est que tu ne souffres plus.

—Je ne souffrirai plus,—dit André et il regarda sa mère, pour voir si elle comprenait le sens caché de ces mots; mais elle insistait, ne pensant qu'à lui:

—Je vendrais bien la maison et la petite ferme d'Algérie, une mauvaise affaire que ton père a faite; mais si peu que me paye le fermier, nous aurions, si on vendait les terres, une somme bien inférieure à la valeur réelle, qui nous donne trois mille livres de rente. Quand aux titres et obligations, qui me rapportent quinze cents francs par an, les vendre, ne serait-ce pas une folie? Il faut vivre sur nos maigres revenus. Et nous le ferons! Donne ta démission, mon chéri!

«Hé! pensa-t-il, est-ce que cela ne se résout pas à être plus pauvres encore? Ma pauvre mère, dans la sincérité de son coeur, m'offre une vie bien plus misérable. Quant à être entretenu par elle, sans rien gagner de mon côté, sans l'indemniser un peu, comme je le fais, en lui payant une faible pension de cent francs par mois, impossible. Je n'en suis pas tombé là. Insuffisantes pour deux, ses maigres rentes lui suffiront, elle sera même plus à l'aise; quand Lucy est morte, nous avons été plus riches aussi! Mon Dieu! n'est-ce pas affreux!»

Il remercia sa mère avec effusion, elle en fut touchée. La bonne, une vieille servante dévouée, les prévint que le repas était servi; et ils dînèrent, l'âme un peu allégée, satisfaits naïvement, l'une d'avoir offert un sacrifice impossible, et l'autre de l'avoir refusé.

Mais quand, à dix heures du soir, Mme de Mercy se fut retirée dans sa chambre, André s'habilla, sortit.

La nécessité d'échapper à cette situation fausse, le frappait à l'évidence. Il comptait se tuer dans quelque endroit désert, ou sur une berge, afin que son corps tombât dans l'eau: peut-être le garderait-elle.

Quoiqu'il eût jugé plus digne de se taire, il regretta de n'avoir pas laissé sur sa table un mot de souvenir et de tendresse pour sa mère. Quel réveil pour la pauvre femme, lorsque le lendemain, elle chercherait son fils et ne le trouverait pas.

André erra et se perdit dans les rues. Il passait, de la lumière crue de certains endroits, à l'obscurité d'autres; il longea les quais, d'où s'exhalait la fraîcheur de l'eau. Sur un pont, il s'arrêta, regarda la rivière: d'un noir frissonnant, elle semblait vivre; les réverbères y miraient leurs clartés, qui se prolongeaient en tremblantes fusées d'or.

Les lanternes des bateaux, comme des yeux rouges ou verts, s'avançaient d'un mouvement rapide, ou s'éloignaient. Des points de lumière s'espaçaient à l'infini, dans l'horizon noir. Sur Paris, le ciel sombre et roux semblait refléter un perpétuel incendie; et toutes les vitres éclairées, découpaient, du haut en bas des maisons, des rectangles lumineux où se profilaient des ombres.

André s'en fut rue de Rivoli, puis avenue de l'Opéra, et aux boulevards. Il donna un regret à l'affiche des théâtres, et aussi aux livres neufs, brillant dans leur vitrine. Il eût aimé ces joies intellectuelles, que satisfaisaient mal les bouquins poudreux et les nouveautés fades d'un cabinet de lecture insipide, à bas prix.

Comme dans les théâtres, où à la lumière se dorent les décors ignobles, les vêtements salis, le paillon, Paris, à la clarté de ses milliers de becs de gaz, se parait d'une beauté féerique, où le tournoiement, le va-et-vient des lumières et des gens, prenaient une intensité surprenante, dégageaient le rêve et la griserie.

«Que Paris est grand, qu'il est beau! murmura André. Heureux ceux qui s'y font une place, les grands artistes, les savants! Heureux les puissants, les riches!»

Et le spectacle de ces rues agitées qu'il voyait pour la dernière fois, l'absorba au point qu'il sentit moins la vivacité de son chagrin. Par un revirement naturel, il alla au plus fort de la foule, comme s'il voulait une dernière fois se mêler, se frotter à la vie.

Il trouvait aux femmes un charme plus grand; et sa chair criait moins que son coeur, dans ce désir suprême d'amour.

La nuit s'avança, les heures passèrent. André reculait de se tuer. «J'ai le temps», se disait-il; et il reprenait sa marche nostalgique. Peu à peu des vitres s'éteignirent; le mouvement des voitures se ralentissait, les passants étaient moins nombreux, certaines rues désertes, tous les magasins fermés. Les omnibus disparurent. Paris s'endormait.

Machinalement, André marchait vers sa maison, comme s'il ne fût sorti que pour une promenade. Au ciel d'un bleu tendre scintillaient toutes les étoiles; la ville était plus douce, dans l'ombre qui l'envahissait. Les grands monuments se levaient informes, obscurs. Et André ne savait quel était ce sentiment de mollesse qui l'empêchait de mourir. Il n'osa rentrer chez lui, ne serait-ce pas ridicule; et puisqu'il avait pris sa résolution, pourquoi donc balancer?

Il entra dans un café, et sans voir s'accouda, l'âme accablée, écoutant le roulement mourant d'un fiacre, et un éclat de rire nerveux, prolongé, qui, passant par la muraille, arrivait, énervant, sans qu'on sut qui le poussait, et si c'était un rire de joie, ou s'il préludait, maladif, à de brusques sanglots de douleur. Tout à coup, ce rire cessa.

Il ne restait plus dans le café qu'une femme, assez jolie, qui, lasse d'attendre quelqu'un et de tourner les pages de journaux comiques, regardait André avec intérêt.

Elle vit l'heure, fit un geste comme si elle prenait son parti. Vêtue sans excentricité, pâle, et d'une beauté sensuelle, elle s'approcha et au moment de lui parler, hésita, sortit.

Il la suivit, ému comme un enfant par la simplicité de sa dernière conquête. «Une nuit d'amour, puis la mort!» se dit-il; il savait des passages de Rolla par coeur. Et docile, il accompagna l'inconnue, acceptant cette dernière ivresse, comme un étourdissement qui lui donnerait la force, le courage indispensables. Il éprouvait pour cette passante qui, miséricordieuse sans le savoir, lui donnait une nuit à vivre, une reconnaissance confuse et mélancolique.

Quand il rentra chez lui, au matin, quelque chose de doux se mêlait à sa tristesse intime, mais l'orgueil lui criait durement: «Lâche! qui a eu peur de se tuer!»

Cette idée lui devint intolérable; il voulut s'y soustraire, la nia.
Elle revint, s'ancra en lui; elle le persécutait, il la discuta.

Oui, il avait été lâche, il en convint et cela l'accabla.

Dans sa situation d'esprit et la crise qu'il traversait, il ne pouvait, il le sentit, éviter le suicide. S'il le regardait comme inévitable, le retarderait-il de jour en jour? Aurait-il peur devant l'acte matériel? Mais alors, il serait lâche en face d'une épée, dans un duel? lâche sous les balles, devant l'ennemi? Sa fierté se révolta, et n'acceptant point que sa chair pût dominer son esprit, il raidit sa volonté, pour mourir, comme un autre l'eût raidie, pour vivre.