SCÈNE II.
D. MANRIQUE, D. LOPE, D. ALVAR.
D. MANRIQUE.
Qui vous traite le mieux, la fortune ou l'amour?
La Reine charme-t-elle auprès de donne[ [785] Elvire?
D. ALVAR.
Si j'emporte la bague, il faudra vous le dire.
D. LOPE.
Carlos vous nuit partout, du moins à ce qu'on croit.
D. ALVAR.
Il fait plus d'un jaloux, du moins à ce qu'on voit. 840
D. LOPE.
Il devroit par pitié vous céder l'une ou l'autre[ [786].
D. ALVAR.
Plaignant mon intérêt, n'oubliez pas le vôtre.
D. MANRIQUE.
De vrai, la presse est grande à qui le fera roi.
D. ALVAR.
Je vous plains fort tous deux, s'il vient à bout de moi.
D. MANRIQUE.
Mais si vous le vainquez, serons-nous fort à plaindre?
D. ALVAR.
Quand je l'aurai vaincu, vous aurez fort à craindre.
D. LOPE.
Oui, de vous voir longtemps hors de combat pour nous.
D. ALVAR.
Nous aurons essuyé les plus dangereux coups.
D. MANRIQUE.
L'heure nous tardera d'en voir l'expérience.
D. ALVAR.
On pourra vous guérir de cette impatience. 850
D. LOPE.
De grâce, faites donc que ce soit promptement.