SCÈNE II.

PHOCAS, HÉRACLIUS[ [363], EXUPÈRE, EUDOXE. troupe de Gardes.

PHOCAS, montrant Eudoxe à ses gardes.

Qu'on la tienne en lieu sûr, en attendant sa mère[ [364]. 1200

HÉRACLIUS.

A-t-elle quelque part?...

PHOCAS.

Nous verrons à loisir:

Il est bon cependant de la faire saisir.

EUDOXE, s'en allant.

Seigneur, ne croyez rien de ce qu'il vous va dire.

PHOCAS, à Eudoxe.

Je croirai ce qu'il faut pour le bien de l'empire[ [365].

(A Héraclius.)

Ses pleurs pour ce coupable imploroient ta pitié? 1205

HÉRACLIUS.

Seigneur....

PHOCAS.

Je sais pour lui quelle est ton amitié;

Mais je veux que toi-même, ayant bien vu son crime,

Tiennes ton zèle injuste, et sa mort légitime.

Qu'on[ [366] le fasse venir. Pour en tirer l'aveu

Il ne sera besoin ni de fer ni de feu. 1210

Loin de s'en repentir, l'orgueilleux en fait gloire.

Mais que me diras-tu qu'il ne me faut pas croire?

Eudoxe m'en conjure, et l'avis me surprend.

Aurois-tu découvert quelque crime plus grand?

HÉRACLIUS.

Oui, sa mère a plus fait contre votre service 1215

Que ne sait Exupère, et que n'a vu Maurice.

PHOCAS.

La perfide! Ce jour lui sera le dernier.

Parle.

HÉRACLIUS.

J'achèverai devant le prisonnier.

Trouvez bon qu'un secret d'une telle importance,

Puisque vous le mandez, s'explique en sa présence. 1220

PHOCAS.

Le voici. Mais surtout ne me dis rien pour lui.