SCÈNE III.

MARCELLE, THÉODORE, CLÉOBULE, STÉPHANIE.

MARCELLE, à Cléobule.

Quoi? toujours l'un ou l'autre est par vous obsédé? 445

Qui vous amène ici? vous avois-je mandé?

Et ne pourrai-je voir Théodore ou Placide,

Sans que vous leur serviez d'interprète ou de guide?

Cette assiduité marque un zèle imprudent,

Et ce n'est pas agir en adroit confident. 450

CLÉOBULE.

Je crois qu'on me doit voir d'une âme indifférente

Accompagner ici Placide et ma parente.

Je fais ma cour à l'un à cause de son rang,

Et rends à l'autre un soin où m'oblige le sang[ [70].

MARCELLE.

Vous êtes bon parent.

CLÉOBULE.

Elle m'oblige à l'être. 455

MARCELLE.

Votre humeur généreuse aime à le reconnoître;

Et sensible aux faveurs que vous en recevez,

Vous rendez à tous deux ce que vous leur devez.

Un si rare service aura sa récompense

Plus grande qu'on n'estime et plus tôt qu'on ne pense.

Cependant quittez-nous, que je puisse à mon tour

Servir de confidente à cet illustre amour.

CLÉOBULE.

Ne croyez pas, Madame....

MARCELLE.

Obéissez, de grâce:

Je sais ce qu'il faut croire, et vois ce qui se passe.