SCÈNE II.

MARTIAN, ASPAR, PULCHÉRIE, JUSTINE.

MARTIAN.

Madame, le sénat nous députe tous deux

Pour vous jurer encor qu'il suivra tous vos vœux.

Après qu'entre vos mains il a remis l'empire,1465

C'est faire un attentat que de vous rien prescrire;

Et son respect vous prie une seconde fois

De lui donner vous seule un maître à votre choix.

PULCHÉRIE.

Il pouvoit le choisir.

MARTIAN.

Il s'en défend l'audace,

Madame; et sur ce point il vous demande grâce.1470

PULCHÉRIE.

Pourquoi donc m'en fait-il une nécessité?

MARTIAN.

Pour donner plus de force à votre autorité.

PULCHÉRIE.

Son zèle est grand pour elle: il faut le satisfaire.

Et lui mieux obéir qu'il n'a daigné me plaire.

Sexe, ton sort en moi ne peut se démentir: 1475

Pour être souveraine il faut m'assujettir,

En[ [413] montant sur le trône entrer dans l'esclavage,

Et recevoir des lois de qui me rend hommage.

Allez, dans quelques jours je vous ferai savoir

Le choix que par son ordre aura fait mon devoir.1480

ASPAR.

Il tiendroit à faveur et bien haute et bien rare

De le savoir, Madame, avant qu'il se sépare.

PULCHÉRIE.

Quoi? pas un seul moment pour en délibérer.

Mais je ferois un crime à le plus différer;

Il vaut mieux, pour essai de ma toute-puissance,1485

Montrer un digne effet de pleine obéissance.

Retirez-vous, Aspar: vous aurez votre tour.