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Lettre que m'adresse le colonel français Malfeyt, qui fut détaché pendant sept ans dans la gendarmerie internationale de Macédoine.
J'ai vécu avec les Turcs pendant sept ans, à Salonique, Monastir, Uskub, dans toutes les classes de la société et surtout parmi les soldats ; c'est vous dire combien je les connais et, dès lors, combien je les aime.
Pendant mes années de service en Macédoine, je n'ai jamais constaté ni entendu parler de crimes commis par des Turcs, et je crois qu'on ne pourrait pas en signaler un seul, en prouver un seul, tandis que je puis citer par douzaines des crimes commis par les Balkaniques. Les autorités ottomanes dépêchaient constamment des troupes pour mettre à la raison les bandes grecques, serbes ou bulgares, qui s'entretuaient, fomentaient des troubles et maintenaient le pays dans une anarchie continuelle. Est-ce que ce sont ces répressions qu'on appelle des massacres? Dans ce cas, moi aussi, j'ai contribué à pourchasser ces bandes.
En Asie Mineure, n'y a-t-il pas une tranquillité parfaite? Pendant les deux années que j'ai parcouru le pays, je n'ai jamais entendu parler de meurtre ni de vol! On peut dormir portes ouvertes! Et cependant il y a des Grecs et des étrangers en grand nombre ; mais ici aucune puissance ne poursuit une politique annexioniste.
Non, notre injustice envers les Turcs est révoltante. Ce peuple si bon, si doux, si digne, ne mérite que notre estime.
COLONEL MALFEYT.