IX

Berne, 7 juillet 1853.

Mon cher Panizzi,

Nous nous verrons sans doute, et nous remangerons ensemble du macaroni à Recoaro, si cette partie du monde est aussi près de Venise que vous le dites, d'accord avec les géographes. Je pense être à Venise dans les premiers jours d'août, selon la recommandation de lady Holland, dont je me méfie un peu. Je me demande ce que doivent sentir les lagunes à cette époque, et combien de cousins doivent les habiter. Les cousins ne m'ont pas épargné, même en ce pays de froidures. Ni la neige ni les montagnes ne les arrêtent. J'ai les mains plus épaisses que des épaules de mouton, par suite de leurs piqûres. Que sera-ce lorsque le soleil d'Italie leur prêtera une activité nouvelle!

Selon l'usage des Parisiens, je suis sans la moindre lettre et par conséquent sans nouvelles. Je suis sûr que M. Rouland n'a pas encore publié notre rapport. Notre travail aura eu ce résultat admirable d'achever la désorganisation, déjà si avancée, de la Bibliothèque.

Adieu, mon cher Panizzi; mille et mille amitiés bien vraies.