XLIV
Paris, 15 octobre 1860.
Mon cher Panizzi,
Un mot à la hâte.--M. Fould a montré votre lettre à votre ami de Saint-Cloud. Votre ami a dit ce matin à M. Fould de me répondre. J'attends cette réponse et je vous l'enverrai aussitôt. Vous pourrez avoir l'indiscrétion de laisser entendre que cette réponse est d'autant plus intéressante qu'elle a été inspirée. L'ami de Saint-Cloud avait la lettre depuis dix jours, mais ne l'avait pas lue; il n'est pas fort lisard; mais il paraît que cela l'a intéressé, et, en attendant, il m'a fait remercier de la communication, et vous aussi.
Le curé de Saint-Germain l'Auxerrois a dit à un de mes amis que la sainte Vierge était apparue à notre saint-père le pape et lui avait dit qu'elle avait besoin d'un martyr et qu'elle avait fait choix de lui, pape. Après l'avoir remerciée de ce choix, il a appris qu'il devait parcourir la chrétienté en mendiant, endurer beaucoup de tribulations, etc., etc.; moyennant quoi, le catholicisme reverdirait. Tenez cette apparition pour chose sûre, la sainte Vierge est très active cette année, et cela doit nous donner quelque espoir de nous retrouver cette année dans le Vatican. Utinam.
Mille amitiés. Dès que j'aurai la réponse, je vous l'enverrai. Le courrier me presse.