V

Les semaines s'en vont vite, tant que le cœur de l'homme ne s'intéresse point à leur fuite. L'impression que la visite au logis des Pépinières avait faite sur l'esprit de Claude s'était effacée, ou plutôt elle avait disparu de la surface, comme les graines des fleurs fragiles dont se couvrent un matin les étangs. Elles tombent, invisibles, mêlées à mille débris de poussière que rien ne ramènera jamais du fond obscur où ils s'amassent. Elles sont confondues avec eux. Mais en elles un germe de vie est demeuré. Rien ne l'annonce, sur lui pèse la masse des eaux, agitée ou dormante, sans une tige, sans une feuille qui rappelle les végétations mortes. Il sommeille. Puis, un jour, de cet atome enseveli, un fil ténu s'élance. Il grandit, mystérieux encore, inaperçu. Nul ne reconnaîtrait en lui le passé qui revient. Et tout à coup, sans que rien l'ait révélée, une pointe d'or perce la surface, s'y épanouit en étoile, et dit aux rives: «Me voilà!»

Claude, à la fin d'août, fut rappelé à la ville par ses obligations d'officier de réserve. Pendant trois semaines, il se rendit à la caserne, à cinq heures du matin, sanglé dans son dolman, admiré des ménagères qui ouvraient les contrevents, salué par les hommes de garde, commanda le maniement d'armes et quelques mouvements d'ensemble, savoura la douceur de l'autorité indiscutée, parla de la France avec plus de fierté, de la guerre avec des frissons d'espérance, et fut pris deux ou trois fois, tant il portait bien l'uniforme, pour un sous-lieutenant de «l'active». Vinrent les manœuvres. Ce fut un jeu pour un chasseur comme lui, rompu à la marche. Et certes, tant qu'elles durèrent, les cantonnements chez l'habitant, les réceptions dans les châteaux, les longues étapes où l'on cause, les batailles pour rire où le cœur saute pourtant de la même émotion que si les balles sifflaient, ne laissèrent pas à Claude un moment d'ennui. La veille au soir du désarmement, il éprouva, pour la première fois, un peu de lassitude, mêlée à un regret vague d'une carrière trop tard connue, trop tard aimée. La journée était finie, les hommes regagneraient le lendemain leurs foyers, lui-même il quitterait le galon d'or et les camaraderies bruyantes du régiment. Il se promenait, après le dîner, triste de retomber dans l'habitude et le connu de la vie, quand le souvenir lui revint des Pépinières et du rendez-vous de M. Maldonne. Claude regarda, avec une complaisance involontaire, la tenue qu'il avait encore le droit de porter, leva les yeux pour s'assurer de l'humeur du temps, se sentit tout joyeux de constater qu'il faisait beau, et partit.

C'était un de ces soirs de septembre, où la lueur dorée qui traîne au couchant prolonge presque indéfiniment le crépuscule. Elle rayonne dans tout le ciel. Et si la lune monte alors au-dessus de l'horizon, il n'y a pas de nuit, mais un jour lunaire qui continue l'autre, et pose sa lumière bleue sur le sol tiède encore du soleil disparu. Claude allait, un peu ému, porté par une sorte d'espérance sans objet, et douce cependant. Il aspirait à pleins poumons l'haleine des crépuscules, qui grise les merles, et les fait chanter, certains soirs, même après les premières étoiles. Des choses rimées, des débuts de romances fredonnaient dans sa mémoire. Quand il aperçut le bosquet des Maldonne, immobile au milieu de la campagne rase, les cimes des arbres encore touchées par la lumière et comme évanouies en elle: «Sous ces ombrages, murmura-t-il, à pas lents et rêveuse...»

Thérèse Maldonne se trouvait tout simplement au salon, quand Claude y entra, pas rêveuse du tout, assise près de la table qu'entouraient, avec elle, son père, sa mère et Robert. Celui-ci lisait à haute voix. En entendant la domestique ouvrir la porte et le cliquetis d'un sabre, il ferma le livre sur un de ses doigts. Les deux femmes s'étaient levées. M. Maldonne venait au-devant de Claude, l'air épanoui et les mains tendues.

—Cher monsieur, dit-il, vous nous surprenez agréablement. Je pensais que vous nous aviez oubliés... Permettez d'abord que je vous présente... Il se tourna vers Robert, assis de l'autre côté de la table: «Monsieur Claude Revel, un naturaliste amateur, un futur élève,» puis, vers Claude: «Mon beau-frère, Robert de Kérédol.»

—Je crois avoir eu l'honneur de rencontrer monsieur sur la route, lors de ma première visite, dit Claude, très aimable et s'inclinant.

M. de Kérédol se souleva, les mains appuyées aux bras du fauteuil.

—En effet, dit-il poliment, c'est bien la seconde fois que nous nous rencontrons.

Cependant, au ton dont il disait cela, il était facile de deviner que la première lui eût suffi. Sans rien ajouter, il considéra Claude de la tête aux pieds, comme autrefois il examinait un soldat, aux revues du dimanche, sourit faiblement, et roula un peu son fauteuil en arrière.

Thérèse lui jeta un coup d'œil qui demandait: «Pourquoi vous retirer?» Il ne parut pas s'en apercevoir.

Le cercle se reforma, sans qu'il y fût compris, près de la fenêtre par où venait le parfum violent des géraniums.

—Madame, dit Claude, debout et la main gauche retenant son sabre, je suis désolé d'interrompre votre lecture. Si je suis entré, c'est qu'on m'a prévenu que M. Maldonne ne se trouvait pas au jardin.

—Mais vous ne troublez rien, monsieur, je vous assure, dit madame Maldonne, en retouchant les plis du fichu de tulle noué autour de son cou. La lecture pourra se reprendre bien facilement... Désarmez-vous, je vous prie.

—Et asseyez-vous, dit M. Maldonne, que nous nous voyons un peu. Après quoi, nous irons tous deux causer histoire naturelle.

Claude sortit pour accrocher son sabre au porte manteau, puis revint s'asseoir à droite de Thérèse, en face de madame Maldonne.

—Croiriez-vous, monsieur, dit celle-ci, que nous lisions un conte!

—Il y en a de si sérieux, madame!

—Un conte de Daudet.

—Un chef-d'œuvre, alors. On n'a rien écrit de pareil en prose du midi.

—N'est-ce pas, monsieur? dit Thérèse, en considérant, d'un air d'admiration, ce bel officier qui parlait littérature. Je n'ai rien lu qui me plût autant. Il y en a un, surtout...

—C'est que nous avons chacun nos préférences, interrompit madame Maldonne, avec une certaine vivacité, résultat sans doute de discussions antérieures. Moi, j'aime par-dessus tout le conte des Vieux. L'aimez-vous, monsieur?

—Beaucoup, madame.

—C'est si touchant!

—Moi, fit M. Maldonne: Les Aventures d'un perdreau rouge. Exact, mon cher monsieur, écrit par un chasseur. Vous l'aimez aussi, celui-là?

—Je le crois bien! Et vous, mademoiselle?

Les Étoiles! répondit-elle en relevant la tête, d'un mouvement souple et fier, vers la bande de ciel de la fenêtre.

Aucune étoile n'apparaissait encore. Mais on eût dit qu'elle les voyait toutes, tant il y avait de clarté dans le regard qu'elle détourna ensuite vers Claude. Elle ne posait pas. Elle ne simulait rien. Un des mots qu'elle aimait, un de ceux qui ont de l'infini, lui était monté aux lèvres. Et cela suffisait pour qu'elle fût émue.

Claude reprit:

—Et pourquoi ce conte mieux qu'un autre, mademoiselle?

—Ah! voilà! dit-elle. C'est que je comprends si bien le pâtre de Daudet, d'avoir une étoile préférée à laquelle on parle! Nous en avions une, mon parrain et moi, quand j'étais plus petite.

Et les jolis yeux clairs cherchèrent de nouveau dans l'espace, et une main de jeune fille, transparente et voilée d'ombres blondes, s'étendit vers la lumière.

—Tenez, monsieur, là-bas, au-dessus des sorbiers. C'est là qu'elle se lève. Souvent nous l'attendions, et, quand elle paraissait, nous en ressentions une joie. Et, de son côté, elle semblait nous reconnaître. Il y avait chez elle, je vous assure, de l'amitié pour nous, comme dans les yeux d'une personne chérie.

—Thérèse! fit une voix, au fond de l'appartement.

Les quatre personnes groupées auprès de la fenêtre se détournèrent en même temps vers M. de Kérédol.

Il était penché en avant, et tenait, fermé sur un de ses doigts, le petit in-dix-huit à couverture crème. Ses lèvres, un peu railleuses, le pli plus accentué de son front entre les sourcils, indiquaient seuls une lutte intime, une colère ou une souffrance dont il voulait demeurer maître, et qui se trahissait pourtant.

—Vous oubliez, Thérèse, dit-il, que nous ne sommes pas seuls ici. De pareils enfantillages ne sauraient intéresser un étranger.

—Mais, je vous demande pardon, répondit Claude en se levant. Ce que dit mademoiselle est charmant!

—Peut-être, repartit M. de Kérédol avec le même flegme impertinent, mais je vous croyais passionné pour l'histoire naturelle, monsieur, et c'est de l'astronomie.

Claude, que sa belle humeur de jeune homme ne quittait pas volontiers, se prit à rire.

—De l'astronomie, monsieur? Croyez-vous?

—Ce qu'il y a de sûr, interrompit M. Maldonne, en se levant à son tour, c'est que mon cher beau-frère ne serait pas fâché de reprendre sa lecture.

—Moi? mais je n'ai pas dit cela.

—Non, tu le penses seulement. Eh bien! achève, mon ami, replonge-toi dans l'histoire de l'Élixir du Père Gaucher. Nous autres, nous sortons, et nous n'aurons rien à vous envier, car il fait une soirée admirable!

Il répéta, en désignant l'horizon: «Oui, admirable!» Et le mot tomba au milieu du silence embarrassé de tout le monde.

—C'est bientôt nous quitter, monsieur, dit enfin madame Maldonne, et j'insisterais, si mon mari n'était pas très heureux de vous avoir pour lui seul.

Les yeux de mademoiselle Thérèse, grands ouverts et tournés vers Claude, exprimaient le même regret.

Mais elle n'en dit rien. Elle se contenta de sourire aimablement, quand Claude s'inclina devant elle, et de suivre du regard, jusqu'au moment où la porte se referma sur lui, ce jeune lieutenant de réserve, qui partageait toutes ses prédilections pour les Étoiles de Daudet.

Claude, qui avait salué très froidement M. de Kérédol, se trouva seul dans le corridor, et bientôt dans le jardin avec M. Maldonne.

—Un peu étrange, mon beau-frère, n'est-ce pas? dit celui-ci timidement.

—Mon Dieu, répondit Claude, il y a tant de gens qui n'admettent pas qu'on trouble une de leurs habitudes!

—C'est précisément cela, repartit le naturaliste. Il a la passion des récits, des histoires, des lectures, et tout ce qui l'interrompt l'émeut incroyablement... Un homme excellent, au fond, je vous assure, et si dévoué pour nous tous, un si bon ami!

Tous deux ils avaient pris, côte à côte, la grande allée qui coupait le jardin par le milieu. Il restait encore un peu de jour. Des souffles frais commençaient à descendre avec l'ombre. En même temps, la terre, qui avait bu le soleil, exhalait des bouffées chaudes et imprégnées du parfum des résédas, des pétunias, des géraniums, dont il y avait une profusion autour des massifs de légumes. Entre ses quatre murs flanqués d'un rempart d'arbres, il embaumait comme une cassolette, le potager de M. Maldonne. Le brave homme eut bien vite fait d'oublier Robert, et l'incident de tout à l'heure, pour ne plus penser qu'au monde familier du jardin. On a toujours le cœur pris aux choses qu'on a semées. Rien qu'à passer auprès de ses plates-bandes, il se sentait joyeux. Il s'épanchait en exclamations, en observations courtes, tantôt faisant remarquer à Claude les touffes crêpelées de ses asperges, une ligne de fraisiers, une poignée de glaïeuls autour d'un vieux cerisier, tantôt secouant un limaçon grimpé dans un rosier, ou, du bout de sa canne, étêtant un séneçon épanoui sur sa route. A mesure qu'il avançait, les diversions se multipliaient. Il s'arrêtait devant ses laitues en graine, et parlait à ses passe-roses, droites comme des flèches d'église, et comme elles tout du long fleuries.

Les deux promeneurs s'entendaient d'ailleurs à merveille. Chacun découvrait avec bonheur chez l'autre le même amour profond et la science de la campagne. «Avez-vous observé, mon jeune ami?» disait l'un. «Assurément, cher monsieur», disait l'autre. «Alors vous comprenez que nous aimions les Pépinières?»—«Autant que j'aime la Coudraie». Quelque chose d'intime s'insinuait dans leurs phrases. Ils éprouvaient le même désir de prolonger l'entretien. Et, le premier tour d'allée achevé, ils en commencèrent un second, et d'autres encore.

A chaque fois qu'il se détournait ainsi, tout au fond du jardin, et apercevait au loin la maison voilée d'ombre, Claude éprouvait la même émotion à regarder une petite lumière, feu tremblant d'une bougie veillant derrière les vitres. Était-ce la fenêtre de Thérèse, et l'aimable jeune fille se penchait-elle quelquefois entre les plantes grimpantes qui s'enlevaient, là, sur la muraille, comme des fumées brunes?

Il y avait de quoi passer une heure avec cette simple question. Et M. Maldonne se mit à causer d'ornithologie. Il y revenait, non pour remplir une promesse, mais d'instinct, emporté par la vieille passion, ouvrant ses souvenirs aux pages préférées. Il s'amusait. Il racontait, beaucoup pour lui-même, un peu pour Claude. C'était déjà sa coutume avec M. de Kérédol. Et les histoires de chasse, lestement enlevées, s'en allaient, l'une après l'autre, à travers les buis et les passe-roses endormies.

—Monsieur Claude, disait le naturaliste, voyez comme la nuit tombe vite, à présent! Quelle heure admirable et que bien peu connaissent! Le coucher des oiseaux, leur dernier mouvement, leur dernier chant, qui donc l'observe? Et pourtant!... Figurez-vous qu'il m'arrive encore de passer des moitiés de nuit à l'affût, ici même. J'emmène quelquefois ma fille. Elle aime cela comme moi. Nous nous cachons derrière un arbre, et j'attends. Ce n'est pas pour tuer, vous comprenez, mais pour le plaisir de revivre le passé, de retrouver quelques-unes de mes impressions d'autrefois, quand j'allais, à la lisière d'une taille, guetter les oiseaux nocturnes, ou les blaireaux qui roulent en grognant vers les vignes... Tenez, maintenant que la dernière frange d'or s'est effacée là-bas, où sont les martinets? Tous disparus, couchés, et de même les pinsons, les verdiers, les linots, tous ceux qui vivent du grain tombé... Quelques mangeurs d'insectes travaillent encore... Apercevez-vous cette mésange, qui tourne autour d'une branche d'abricotier? Elle va donner encore un ou deux coups de bec, puis renfoncer sa tête dans ses plumes soulevées, et vous ne la distinguerez plus d'avec l'écorce... Les merles se chargent de la sérénade... Écoutez celui-ci!... Tout à l'heure, il était à la pointe des sorbiers; le voilà qui galope dans les fouillis de ronces, inquiet du gîte de la nuit et chantant pour le dire... Quand il se sera tu, aucun oiseau du jour ne parlera plus... Ce sera le tour des hulottes, des orfraies, des rôdeurs nocturnes... Ah! les calomniés, ceux-là, cher monsieur! On les trouve laids! Mais rien n'est joli comme une orfraie au clair de lune! Nous en avons quelques-unes ici. Elles sortent de mes arbres, en arrière de la maison, ou du bois de Laurette. Aucun bruit ne dénonce leur vol. Leurs plumes sont fines comme des poils, blanches sur le ventre, jaunes sur les ailes. Et le vent coule au travers. Moi je reconnais les orfraies au passage de leur ombre, qui fait rentrer les mulots... Et que de drames, alors, dont nous sommes témoins!

—Monsieur Maldonne, disait Claude, vous êtes plus jeune que moi!

Ils causèrent ainsi, longtemps encore, sans sortir de la même allée. Puis, comme ils arrivaient à l'extrémité du jardin où, vingt fois déjà, ils s'étaient retournés, Claude chercha devant lui la petite lumière, et ne la vit plus. Aussitôt l'histoire qu'il écoutait perdit tout intérêt. Le froid de la nuit le saisit. Le jardin lui parut comme un grand désert morne. Rien ne trahit au dehors cette impression subite. Et cependant, par une mystérieuse divination de l'esprit, M. Maldonne, presque en même temps, s'arrêta de parler. Il avait senti se briser le lien léger qui tient une âme attentive.

—Voulez-vous que nous rentrions? dit-il.

Tous les deux s'en revinrent en silence, vers le logis qui grandissait dans la brume à chacun de leurs pas. Le toit était argenté par la lune, le reste plongeait dans l'ombre, masse indécise, terne jusqu'à la base, où pas une lueur ne veillait.

M. Maldonne entra le premier dans le vestibule, et ouvrit la porte du salon.

—Tiens, dit-il en se détournant vers Claude, tout mon monde envolé! Plus personne!

L'appartement était désert, mais les meubles conservaient le souvenir de la dernière scène qui s'y était passée. Au pied du fauteuil de M. de Kérédol, qui tendait les bras vers la porte, le livre gisait sur le parquet. Il avait dû couler le long du siège de cuir où on l'avait posé, et, tout meurtri, abandonné, il soulevait quelques-unes de ses pages blanches comme le fouet d'une aile blessée. Plus près de la fenêtre, quatre chaises formaient un demi-cercle, ouvert du côté du fauteuil. L'éclat qui les avait troublées, écartées les unes des autres, on le devinait, était venu de là. Sur le guéridon, un dé d'argent, oublié, faisait songer à une main fine de toute jeune fille.

—Plus personne! répéta M. Maldonne, c'est étonnant, il n'est pas très tard...

Il tira sa montre, et l'exposa au jour douteux de la lune, qui éclairait le vestibule.

—Dix heures et demie seulement... Mais voilà, quand Robert s'avise d'être fantasque, il ne l'est pas à demi... Je suis sûr qu'il a prétendu que nous ne reviendrions pas ici... Il est singulier... vraiment, c'en est drôle.

Il riait un peu, pour ne pas souligner la faute, mais, au fond, il se sentait humilié.

Suivi de Claude, il traversa le vestibule, puis le bosquet, et tourna la clef dans l'énorme serrure du portail.

—Bonsoir, monsieur Claude, dit-il. J'espère bien que nous n'en resterons pas là?

—Mais, dit le jeune homme, à condition de ne rien troubler...

—Venez au musée, repartit le naturaliste, nous y serons entre nous: vous, moi et les oiseaux. Est-ce accepté?

Claude répondit, avec moins d'ardeur:

—Sans doute, monsieur.

—J'y compte tout à fait, dit M. Maldonne.

Il tendit la main à Claude, et celui-ci, franchissant le seuil, put encore apercevoir un instant, dans l'entre-bâillement de la porte, les yeux doux et plissés et la barbiche blanche de M. Maldonne, qui, du regard, suivait «son jeune ami», et le mettait en route.