SCÈNE PREMIÈRE
LES MATELOTS NORVÉGIENS, DALAND, LE PILOTE.
(Le navire de Daland vient de jeter l'ancre près du rivage. Les Matelots travaillent bruyamment à carguer les voiles, à lancer des câbles.
Daland est à terre, il gravit un rocher et regarde autour de lui pour reconnaître la contrée.)
LES MATELOTS, travaillant.
Hiva! ho! hiva! ho!
DALAND, descendant du rocher.
Plus de doute. En ce jour, l'orage
Nous a poussés à sept milles du port.
Si près du but d'un long voyage,
Faut-il subir ce coup du sort?
LE PILOTE, criant du bord à travers ses mains.
Eh! capitaine! hé!...
DALAND.
Tout va-t-il bien à bord?
LE PILOTE.
Ici le fond est bon, tout va bien, capitaine.
DALAND.
C'est bien Sandwik! La chose est trop certaine!
Malheur! J'allais revoir ce qui m'est cher
Senta, ma fille, et mon toit secourable,
Quand de ce gouffre il souffle un vent d'enfer,
Se fier au vent, c'est compter sur le diable!
(Allant à bord.)
Mais à quoi bon?... Déjà l'air est moins lourd,
Pareil orage sera court.
(Aux Matelots.)
Holà! vous, c'est assez veiller, reposez-vous,
Je n'ai plus peur.
(Les Matelots descendent dans la cale.—Au Timonier.)
Toi, timonier, demeure.
Il faut veiller pour nous.
Tout est au mieux, mais veillons à toute heure.
LE PILOTE.
Ne craignez rien,
Capitaine! Dormez bien.
(Daland rentre dans sa cabine.)