JAPONAIS.

On n'a pu rien découvrir encore touchant les commencemens de la monarchie japonaise: elle n'est pas ancienne, et ne pourrait monter plus haut que 1500 ans; néanmoins on n'a que de très-faibles conjectures sur son origine. Il y a apparence que les îles du Japon ont été peuplées par des Tartares et des Chinois.

On ne peut guère douter que les premiers habitans du Japon n'aient eu un chef qui fonda la monarchie, et dont les descendans sont les Daos ou Dairi, qui ont régné jusqu'au seizième siècle, et ont encore une ombre de royauté. Ils se faisaient croire enfans du soleil et devaient être placés après leur mort au rang des dieux Camis. Les gouverneurs des provinces ayant secoué le joug se firent tous rois; on en compte jusqu'à soixante-dix. Aujourd'hui tous ces rois sont soumis et gardent encore leur titre de roi pour honorer la cour de l'empereur.

Tous les Japonais, à la réserve de quelques athées qui croient l'âme mortelle, sont idolâtres et reconnaissent une infinité de dieux. Les plus anciens sont les Camis, qu'on prétend être descendus du soleil. Les sotoques de la Chine sont aussi adorés au Japon; mais, outre ces deux espèces de divinités, il y en a quatre principales qu'un peut regarder comme les dieux du premier ordre. Le plus considérable de tous est Amida, une des plus anciennes idoles de la Chine; le second est Xaca, qui est en même temps le législateur et le fondateur de la religion; les deux autres sont Canou et Gizou, dont on ne raconte que des fables ridicules. Pour ce qui est du culte que les Japonais rendent à leurs idoles, rien n'est plus semblable à celui des chrétiens. Leurs bonzes, ou prêtres, vivent dans une austérité apparente qui leur concilie la vénération des peuples; ils prêchent la morale la plus pure que l'on puisse trouver dans le paganisme. Les Japonais font des processions et brûlent des cierges; ils ont imité les chapelets, les pélerinages, la confession et la pénitence publique.

St.-François Xavier porta l'Évangile au Japon, l'an 1549.