I

WOLFRAM

Lorsque la solitude et la mélancolie

De leurs vagues tourments torturent ma langueur,

Et me font souvenir de tout ce qui m'oublie

En murmurant tout bas: Amour, gloire et bonheur.

Comme avec un ami qui comprend votre peine

Et dont le cœur ému bat en vous répondant,

Mon chagrin, ignoré de Wilhelm et d'Hélène,

S'épanche et se console avec ce confident.

(Montrant l'orgue.)

Douce harmonie,

O voix de Dieu bénie,

Comme un génie,

Tu calmes mes tourments;

Ta voix à mon oreille,

Lorsque le jour s'éveille,

Efface de ma veille

Les plus cruels moments.

II

HÉLÈNE

COUPLETS

1

Je crois ouïr dans les bois

Une voix,

Le vent me parle à l'oreille,

La fleur me dit ses secrets

Les plus frais,

Et le ramier me conseille;

Ah! c'est mon cœur qui s'éveille!

2

Je me sens une langueur

Dans le cœur,

Je deviens pâle ou vermeille,

Gaie ou rêveuse en un jour

Tour à tour,

Un songe éblouit ma veille,

Ah! c'est mon cœur qui s'éveille!

1854.