I

Sur l'eau pure du lac, dans la lueur du soir,

Le reflet d'un temple s'allonge.

La fille de Corinthe y vient, et va s'asseoir

A l'escalier qui dans l'eau plonge.

Elle feuillette un livre et se penche en rêvant.

Placé près d'elle, un jeune sage

Écarte ses cheveux dénoués, dont le vent

Fait flotter l'ombre sur la page.

II

Si ce n'était cette voix du tombeau

Qui vient chuchoter à la joie,

Ce corps charmant, ce visage si beau,

Ce soir des vers seront la proie;

Si ce n'était cette amertume au cœur,

Dans cette vie, oh! combien de bonheur!

Comme mon âme, à l'absorber avide,

Ne quitterait la coupe d'or que vide!

Dieu je serais, changeant la terre en cieux,