PLANCHE IX.

Calliope, la Muse de la poésie héroïque, quoique placée la dernière dans la suite d'Hésiode, paraît mériter la préséance par sa dignité et son excellence sur ses compagnes. Homère et Virgile revendiquent pour elle la première place; c'est elle qu'ils ont invoquée quand ils appellent, le premier la Déesse, le second la Muse, qui doit leur dévoiler les anciens événemens. C'est Calliope qu'Horace fait descendre du ciel quand il va chanter les Dieux; on la reconnaît ici à son attitude pleine de noblesse, au volume qu'elle tient de ses deux mains, à l'inspiration qui règne dans ses traits, au doigt levé qui semble accompagner son récit. L'inscription (CALLIOPE, LE POÈME) précise l'intention du peintre sans la rendre plus claire; la Muse est couronnée du lierre et de ses fruits, couronne ordinaire des poètes. Ses draperies, de la plus grande élégance, répondent à la dignité de son caractère; une longue tunique sans manches lui recouvre les pieds, une seconde descend au-dessous du genou, et son manteau qui retombe sur son bras vient se nouer avec grace vers le milieu du corps. Le rouleau ou volume se trouve quelquefois entre les mains de sa sœur Clio; mais les anciens artistes ont donné le plus souvent pour symbole distinctif, à Calliope, les tablettes cirées ou pugillaria, lorsque ses images ne sont accompagnées d'aucune inscription. M. Visconti a relevé fort ingénieusement le rapport plus particulier que les tablettes cirées ont avec les ouvrages en vers; elles donnent la facilité d'effacer l'écrit, de corriger ou d'améliorer les expressions. Le rouleau de parchemin ou de papyrus est par conséquent plus propre à Clio, qui écrit l'histoire en prose, qu'à Calliope, dont le style épique demande le plus grand soin.

Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Largeur, 11 p°. 2 lig.