PLANCHE VII.
Polymnie semble être ici la Muse de la pantomime; son attitude, son doigt sur la bouche, indiquent le silence et la méditation. «Muettes rivales de la voix, les mains de Polymnie retraçaient des images sensibles; silencieuse et prudente, cette mère de la danse expliquait avec ses gestes une figure ingénieuse». Ce passage de Nonnus (Dionys., v. V. 140 et suiv.) et l'opinion de Cassiodore (I. ép. 20) prouvent la justesse de l'intention du peintre. L'inscription (POLYMNIE, LA FABLE) en donne aussi l'explication. Cette fille de la mémoire, qui lui doit particulièrement son nom, selon l'étymologie prise de l'orthographe que nous suivons ici, conserve le souvenir des actions héroïques et de l'histoire des Dieux, et vient les exposer aux hommes, dans son silence éloquent et ingénieux; C'est à ce motif qu'elle a dû, chez les Romains, le surnom de Musa tacita; mais comme la gesticulation faisait partie de l'instruction des orateurs qui doivent accompagner, avec les gestes les plus convenables, le débit de leurs harangues, il est arrivé que, par une espèce de contradiction apparente, la Muse silencieuse est devenue aussi la Muse de l'éloquence et de l'art oratoire.
Une tunique verte et un manteau bleu forment le vêtement de cette Polymnie.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Larg. 11 p°. 2 lig.