PLANCHE XXXIX.

(IX, t. III de l'Édition royale.)

Ce Cygne à bonnes fortunes est le grand Jupiter; la belle abusée n'est point Léda; ce cercle lumineux qui rayonne autour de sa tête annonce une divinité, c'est la déesse Némésis. Jupiter n'a pu vaincre sa sévérité, il a eu recours à la ruse. La tendre Vénus, sous la forme d'un aigle, a poursuivi cet oiseau craintif; la Déesse lui donne asyle dans ses bras; elle a quitté sa couche en désordre, et ce lit aux pieds dorés, recouvert de draperies, sera complice du sommeil perfide qui va la livrer, sans défense, à cet oiseau devenu trop audacieux. De cette surprise naîtra l'œuf merveilleux; Mercure le déposera dans le sein de Léda, et de cet œuf sortira la fameuse Hélène, dont l'épouse de Tindare ne sera que la nourrice.

On peut regarder les poètes comme les pères de la fable. Dans leur langage sublime, ils personnifiaient les passions, et la superstition du vulgaire se créait des Divinités à la place des images du discours. Cette fable (et c'est l'opinion de M. Visconti, fondée sur Pausanias) paraît avoir pris sa source dans les expressions de quelque ancien poète qui, pour exprimer l'enchaînement des malheurs dont la funeste beauté d'Hélène avait rempli la Grèce et l'Asie, avait dit que cette princesse était fille de Némésis ou de l'indignation des Dieux.

Hauteur, 2 P. 1 p°. 5 lig.—Largeur, 1 P. 6 p°. 7 lig.