PLANCHE XXXV.
(IV, t. III de l'Édition royale.)
Cette peinture est aussi précieuse par le sujet qu'elle représente, que par sa beauté. Voilà le fameux bélier envoyé par la nymphe Néphelé pour sauver les enfans qu'elle avait eus d'Athamas, poursuivis par la jalouse Ino. La malheureuse Hellé vient de tomber dans les flots; elle implore, de la voix et de la main, le secours de son frère, Phrixus emporté par le bélier qui fuit rapidement sur la plaine liquide. Phrixus a tendu en vain une main secourable à cette fille infortunée, elle va disparaître et laisser son nom à cette mer perfide, pour monument de son malheur. L'Hellespont rappellera sa triste aventure au voyageur qui passera le détroit entre Sestos et Abydos. Phrixus immolera le bélier à Jupiter, sur les bords du Phase; ce fameux bélier, placé dans le ciel, brillera parmi les astres, et sa riche toison deviendra un jour le sujet de l'expédition des Argonautes et la conquête de Jason. Cette toison est représentée blanche. Il faut donc croire, avec Apollonius (II. 1147) que la toison devint d'or par l'attouchement de Mercure.
Cette peinture fut trouvée à Civita, en 1760.
Hauteur, 1 P. 9 p°.—Largeur, 1 P. 2 p°. 7 lig.