PLANCHE XXXIII.
(XLV, t. IV l'Edition royale.)
Ces trois bandes ou frises peintes sur un fond noir, faisaient partie d'une décoration d'architecture trouvée à Civita. Le culte de Bacchus, de Cérès et des autres Divinités subalternes, présidant aux travaux rustiques et à la reproduction constante de la nature, avaient, dans la religion des anciens, des rapports qui, souvent, en faisaient confondre les mystères et les cérémonies. C'est ce qu'on peut remarquer particulièrement dans la suite curieuse de figures que nous avons sous les yeux. Le principal caractère qu'on y saisit, est celui des processions bachiques et des fêtes dionysiaques. Les bornes, les colonnes, les Hermès ou Priapes placés de distance en distance, sont les emblêmes des campagnes et des jardins où l'on faisait des processions à certains jours de l'année; c'est aussi l'indication des stations religieuses et la représentation des Divinités, qui, sous différens noms, présidaient aux chemins (Dii viales). L'antique Hermès ou Mercure avait les mêmes attributs que Priape; on l'adorait comme Dieu de la génération sous le même emblême. (PAUSAN. VI, 26. ARTEMIDORE, I, XLVII.) Bacchus recevait les mêmes honneurs. Dans une médaille de Béger, on voit un Bacchus avec un Cippe, où est sculpté le signe ithyphallique; on en portait la représentation dans les pompes du Dieu, et elle tenait la principale place dans la ciste mystique. Dans notre peinture, on remarque d'abord un pasteur, indiqué par le pedum, traînant un bouc à l'autel par les cornes, suivant la description de Virgile (Georg. II, 395); vient une femme en habit talaire portant une corbeille; un autre personnage est assis, couronné et tenant un thyrse; près d'une colonne, une femme debout et inclinée, prête attention à une prêtresse richement drapée, assise par terre et récitant une prière dans le rituel sacré; ensuite est un personnage avec le thyrse, un enfant tenant un vase et un plateau où l'on peut supposer des fruits; au milieu de ces figures, l'Hermès, objet du culte. Dans la seconde bande, un autre Hermès ou Priape, avec le roseau et un bonnet à deux pointes, paraît l'objet de la cérémonie; une vieille femme assise tient une branche; une jeune debout, un flabellum; d'autres figures portent le thyrse, un vase et une offrande. Le but de la cérémonie est plus déterminé dans la troisième frise; l'arbre, la colonne, la table de pierre, indiquent l'autel principal de la campagne; un prêtre majestueux, couronné du lierre avec ses corymbes, fait une libation. Le bouc est traîné à l'autel; deux canephores, une joueuse de flûte, une prêtresse tenant un roseau, avec une verge entourée d'un serpent, complètent la solemnité.
CHAQUE FRISE: Hauteur, 4 p.º 7 lig.—Largeur, 2 P. 9 p.º