PLANCHE IV.
(P. 264, t. V de l'Edition royale.)
Ce petit bronze, d'un travail délicat, est plaqué d'argent dans les reliefs; il représente Esculape avec sa fille Hygie ou Salus, déesse de la santé. On reconnaît facilement le dieu à sa barbe, à ses cheveux, et a la verge entourée d'un serpent. Sa compagne porte pour attribut la tasse sacrée, d'où l'on voit sortir un serpent, particularité qui donne beaucoup de prix à ce petit monument. La déesse tient aussi dans sa main une petite branche qui n'a point été observée par les Académiciens d'Herculanum, et que l'on peut croire être la panacée. Les figures posent sur un autel, et sont encâdrées par un ornement de feuilles de laurier et de festons. Le laurier était consacré aux trois divinités qui présidaient à la médecine, Esculape, Hygie et Telesphore: on attribuait aux feuilles de cet arbre une vertu extraordinaire; on l'employait dans les triomphes pour purifier les soldats du sang versé dans les combats; on s'en servait dans les lustrations; on disait de celui qui était rassuré contre les dangers, qu'il portait un bâton de laurier. Dans les Hiéroglyphes, le symbole d'une guérison miraculeuse était une colombe qui tenait dans son bec une branche de laurier. L'usage de consacrer des tablettes de métal et de marbre pour solution d'un vœu à une divinité dont on croyait avoir obtenu quelque grace ou faveur, était très-répandu, et l'on peut regarder celle-ci comme l'une de ces représentations votives. Trouvé à Portici, et gravé de la grandeur de l'original.