PLANCHE V.

(Préface de l'Edition originale, page 37.)

La main votive dont nous donnons ici la figure sous un double aspect, se rend, par la multiplicité des symboles, plus curieuse que celles déjà connues. Comme dans les autres, les trois premiers doigts sont ouverts, et les deux derniers fermés. On remarque près de la base, dans une cavité, une femme avec un petit enfant; il semble que le sujet du vœu soit exprimé par ces figures, et qu'il se rapporte à un heureux accouchement. L'homme assis, les pieds posés sur une tête de bélier, tenant élevé l'index de chaque main, revêtu du costume phrygien ou persan, habit que les anciens ont donné, par convention, à tous les Orientaux, paraît être ici, sous la figure d'un ministre ou d'un prophête, le symbole du culte mithriaque. Le serpent, la grenouille, le lézard, la balance, la fleur, le fouet, le tympanum, le sistre, les cymbales, etc. font allusion aux Divinités révérées par l'auteur de l'offrande, ou à sa croyance religieuse, Il serait difficile de tirer un sens clair et précis de ces sortes d'énigmes, qui, peut-être, n'en avaient pas un bien formé pour ceux même qui les inventaient; on peut les regarder comme les rêves d'esprits blessés par la superstition, ou exaltés par une pieuse reconnaissance, qui voulaient remercier ou appaiser tous les Dieux qu'ils avaient implorés, ou dont ils craignaient le courroux. Aussi n'a-t-on réuni, dans l'explication de ces sortes de monumens, que des conjectures qui semblent se combattre comme les idées superstitieuses qui les ont produits. Le lecteur curieux pourra recourir aux auteurs qui en ont parlé; Lorenzo Pignorio, Tommassini, Delachausse, Gori, Montfaucon, Caylus, etc. Les Antiquaires donnent à ces mains votives le nom de Mains de bronze ou de Mains Panthées, c'est-à-dire, consacrées à tous les Dieux.

Celle-ci fut trouvée dans les fouilles de Résine, en 1746.

Hauteur, 6 pouces.