PLANCHE XIII.
(P. 11, 12, t. V de l'Edition royale.)
Ce buste précieux porte le nom du personnage célèbre qu'il représente, du prince des orateurs. Démosthène naquit à Athènes, environ trois siècles avant celui d'Auguste. L'amour de la patrie arma son éloquence contre les rois de Macédoine. Après une vie agitée, forcé, par la fureur d'Antipâtre, de chercher un asyle dans une terre étrangère, il n'en trouva plus que dans la mort même, et prit du poison dans l'île de Calaurie, l'an III de la 114e olympiade (le 16 octobre, 122 ans avant l'ère chrétienne). «Voilà, dit Pausanias (l. VIII) où cet amour extrême de Démosthène pour les Athéniens, le conduisit; et il me semble qu'on a dit avec raison, qu'un homme trop dévoué à l'intérêt public, et qui se fie trop à la faveur populaire, meurt bien rarement tranquille». Ce buste fut découvert, en 1753, dans les fouilles de Résine, dans le même édifice où l'on trouva les Papyrus et la plus grande partie des bustes. A cette époque, on ne connaissait point de portrait authentique du célèbre orateur. Un marbre trouvé à Tarragon, cité par Fabri (Ill. imag. n°. 55) et par Bellori (Ill. rhét. n°. 79), portait le nom de Démosthène; mais la jeunesse et la privation de la barbe semblaient indiquer, dans cette tête, un autre Démosthène, peut-être le fils d'Alcisthène, capitaine des Athéniens, commandant une flotte au siége de Syracuse, où il perdit la vie, selon Thucydide (l. III, p. 9l) et autres historiens. On a remarqué que, dans l'inscription, la forme de l'epsilon et du sigma répondait à celle du temps d'Auguste. Si ce n'est point un signe assez certain pour fixer l'âge de ce bronze, l'excellence du travail ne l'en place pas moins aux beaux temps de l'art.
Hauteur, 6 p°. 3 lig.