PLANCHE XV.

(P. 15, 16 de l'Edition royale.)

Le nom de Zénon se fait lire sur la base de ce buste; mais l'inscription ne suffit pas pour désigner clairement le personnage. Diogène Laërce nomme huit Zénon; d'autres en comptent jusqu'à quinze. Les plus célèbres sont Zénon d'Elée et Zénon de Cittium, petite ville de l'île de Chypre; le premier dialecticien subtil passe pour fils ou pour disciple de Parménide, et pour maître de Périclès; en parlant de ce philosophe, Platon dit qu'il était de l'âge d'environ quarante ans, d'une taille élevée, et d'une figure agréable. Le second, chef et fondateur de la secte des Stoïciens, était, suivant le portrait qu'en donne Laërce (liv. VII) petit, très-brun, faible, délicat et maigre, ayant les jambes grosses, et le cou penché d'un côté; du reste, l'air sombre, dur et amer. Les Athéniens, l'honorèrent pour son savoir et sa probité; ils lui confiaient la garde des clés de la ville; ils lui décernèrent une couronne d'or et une statue de bronze. Ses compatriotes lui rendirent le même honneur, pensant que l'image d'un tel homme était l'ornement de leur cité; et cette statue, respectée par Caton, seule, ne fut point vendue dans la confiscation du royaume de Chypre (D. Laërce, VII, 6, Pline, XXXIV, 8.) Zénon de Cittium ne commença à s'appliquer la philosophie qu'à l'âge de trente ans, il suivit pendant plus de vingt ans Cratès, Stilpon et Xénocrate; il est probable qu'il était sexagénaire quand il ouvrit son école au portique. Il mourut âgé de 98 ans; d'où il suit que ses portraits doivent porter l'empreinte d'une vieillesse très-avancée. Il ne paraît point que notre bronze réponde à l'idée qu'on doit se faire de ces deux personnages; les monumens connus sous le nom de Zénon, n'offrent pas de point de comparaison assez frappant, pour fixer ici l'incertitude. Trouvé dans la maison d'un Epicurien, ce buste semblerait être celui de l'un des Zénon de cette secte. L'un des plus illustres philosophes qui lui appartinrent, fut Zénon le Sidonien, le huitième nommé par Laërce (VII, 35) disciple d'Apollodore; il se distingua par la clarté de ses pensées et de ses discours, et laissa beaucoup d'écrits (id. X, 25). Cicéron parle aussi d'un Zénon qu'il entendait souvent à Athènes, «Notre Philon, dit-il, avait coutume de l'appeler le coryphée des Epicuriens (De N. D. I. 21)». On sait que l'école d'Épicure était suivie des personnages les plus distingués du siècle d'Auguste; et les sectateurs se faisaient, sans-doute, un honneur de posséder les images de leurs maîtres.

Hauteur, 6 p°. 3 lig.