PLANCHE XXXII.

(P. 53, 54, t. V de l'Edition royale.)

COMME on avait penché à voir dans le bronze précédent la figure de Caïus Cæsar, on s'attachait à saisir dans celui-ci les traits de ressemblance qu'il pouvait offrir avec les médailles de Lucius Cæsar, son frère puîné (Noris, p. 86, 92, 164, Patin. Vaill. Morelli). Ce dernier, mort à Marseille à l'âge de 18 ans, partagea avec son frère, qui ne lui survécut que deux ans, les regrets de l'empereur, regrets si vifs, qu'Auguste ne put s'empêcher de les témoigner dans son testament, en instituant Tibère son successeur, bien qu'il appelle ce dernier moitié de lui-même. C'est à cette affection, plutôt qu'au mérite des deux frères, qu'on doit attribuer cette marque insigne d'adulation que leur donna la colonie de Nîmes, en leur dédiant le beau monument, vulgairement nommé la Maison quarrée, qu'on admire encore de nos jours dans cette même ville. On peut voir à ce sujet les savantes dissertations publiées par M. Legrand dans la magnifique édition des Antiquités de la France, sur les dessins de M. Clérisseau, page 64 (Paris, Didot aîné, 1804).

En montrant un Drusus à la place de Caïus, nous avons, en partie, détruit l'analogie qui militait en faveur du présent bronze. L'autorité tirée des médailles est, comme on le voit, très-difficile à appliquer aux monumens que le défaut d'inscriptions rend incertains. Sans ce secours, les médailles mêmes exigent une critique très-sévère et très-approfondie. La diversité des artistes, la différence de leur habileté, l'âge successif des personnages représentés, concourent à multiplier les difficultés, et à augmenter l'incertitude. Au-lieu d'un personnage romain, M. Visconti ne serait pas éloigné de reconnaître dans cette antique une tête d'Hercule jeune.

Hauteur, 1 P. 8 p°. 3 lignes.