PLANCHE XXXIII.

(P. 55, 56, t. V de l'Edition royale.)

Si l'induction qu'on a tirée de la comparaison avec plusieurs médailles, rencontre juste (Haym. t. I, p. 240.—Séguin, Sel. num. p. 319 et autres), ce buste pourrait être celui de la première Agrippine, dite majeure, pour la distinguer de celles qui l'ont suivie, d'Agrippine, fille de M. Agrippa, et de Julie, épouse de Germanicus, femme d'un courage et d'une habileté supérieurs à son sexe: ayant ensemble les vertus d'un grand homme et celles d'une honnête femme, on la vit remplir, contre les Germains, la charge d'un bon capitaine, et sauver l'armée; d'une chasteté impénétrable suivant l'expression de Tacite, son âpre fermeté servit de sauve-garde à sa famille, et la défendit contre Séjan. Exilée par Tibère dans l'île Pandataire, elle donna, en se laissant périr de faim, une dernière preuve de cette rare constance qui fit le fonds de son caractère. Mère trop féconde cependant, et digne d'une meilleure postérité, elle compta parmi ses enfans le farouche Caligula et trois filles incestueuses, dont l'une fut cette infâme Agrippine, mère de Néron. Notre bronze offre encore une ressemblance peu légère avec l'image de cette dernière, bien connue par les médailles, et encore quelque rapport avec le buste suivant de Caligula, circonstances qui viennent à l'appui de notre conjecture.

Hauteur, 7 p°.