PLANCHE XLVI.

(P. 80, t. VI de l'Édition royale).

Ce bronze offre quelque ressemblance avec les médailles d'Antonia, fille de Marc-Antoine, nièce d'Auguste par sa sœur Octavie, et femme de Néron-Drusus, princesse vertueuse et digne de son illustre époux; elle fut mère de Germanicus, de l'empereur Claude et de Liville, femme du second Drusus, qu'elle força à mourir de faim pour avoir empoisonné son époux. Elle-même, dans sa vieillesse, fut forcée par son petit-fils Caligula, à périr de ce genre de mort, suivant Dion, et par le poison, suivant Suétone. Si les traits de ce bronze n'appartiennent pas à cette princesse, il paraît du-moins par une inscription détachée, trouvée dans les fouilles de Résine, qu'elle eut une statue à Herculanum. La coiffure est celle que lui donnent les médailles. Une main étendue, l'autre à demi-fermée, elle devait porter quelques attributs comme une divinité. Nous avons vu que ces honneurs étaient souvent accordés aux empereurs, aux impératrices et aux princes et princesses de leur sang. Sur quelques médailles, on voit Antonia sous la figure de Cérès, couronnée d'épis; sur d'autres, on voit Faustine tenant une pomme, avec la légende à Venus-Augusta: c'est encore ainsi qu'on croit reconnaître Julie, fille d'Auguste, dans la Cérès du musée Napoléon. L'anneau dont nous donnons la figure à part, sur la même planche, porte un chaton où l'on remarque un creux: cette gravure offre la figure d'un pavot; ce qui peut faire conjecturer que les attributs de Cérès distinguaient cette statue d'Antonia, à-moins que le creux n'indique la place d'une pierre précieuse, incrustée jadis dans le chaton.