HISTOIRE VÉRITABLE ET REMARQUABLE D'UN ABBÉ
Qui avoit donné un rendez-vous à une femme mariée; le mari, instruit de ce rendez-vous, mit à sa chaste épouse une ceinture fort usitée en Italie.
Air: Tarare, pon, pon.
C'est approchant comm' ça,
Vers Novembre
Ou Décembre,
Que Flore me donna
Un rendez-vous pour ça.
En entrant dans sa chambre,
Flore dit: «Ah! pour ça,
»Ah! l'abbé, sent-on l'ambre
»Comm' ça?»
—«La Dulac[1] est comm' ça,»
Réplique
L'Abbé R'lique;
«Mais son ambre a cela
»De me rendre comm' ça.
»—Abbé,» dit-elle, «unique,
»L'on ne voit sonica,
»Qu'un Ecclésiastique
»Comm' ça.
»Je ne suis pas comm' ça,
»Si preste:
»Malepeste!
»Mon mari jaloux m'a
»Mise en cage comm' ça;
»La ceinture funeste
»Que vous me voyez là,
»Vous interdit un geste
»Comm' ça.»
—«Je n'ai rien vu comm' ça;
»Le traître!»
Dit le Prêtre,
«Ce chien de mari-là!
»Gêner un cœur comm' ça!
»Sans que j'en sois le maître.
»Cette vue a déjà
»Fait que je cesse d'être
»Comm' ça.»
—«Une histoire comm' ça,»
Dit la Belle,
«Est nouvelle;
»Quel tour plaisant c'est là!
»L'Abbé, j'en ris comm' ça.»
L'abbé, riant comme elle,
Fait ses adieux, s'en va,
Laissant la Demoiselle
Comm' ça.
[1] Marchande renommée pour les odeurs et les parfums.