Modes.
(Amazone de Humann.
mbrelle-Cravache de Verdier.)
AMAZONE.
Notre dessin d'amazone est sévère, simple et correct. C'est l'amazone des courses: un habit fermé, sans dentelle et sans fantaisie.
A sa main elle, tient l'ombrelle-cravache, nouveauté dont Verdier a fait un ravissant bijou.
Longchamp n'a fait connaître que des chapeaux de paille à rubans frisés, à plumets, et des chapeaux de crêpe délicieusement chiffonnés. C'est chez Alexandrine que j'ai vu ces coquetteries du matin, comprises avec le plus de recherche jeune et distinguée.
Les mantelets noirs sont les premiers qui aient paru. Voici que viennent des mantelets pareils en taffetas de couleur foncée; puis on dit que la dentelle noire, la dentelle blanche et la mousseline blanche viendront comme autant de variétés.
Les taffetas rayés, les grands carreaux, résument la mode des étoiles: des raies plus ou moins larges, des carreaux écossais et des carreaux matelas. Ces derniers sont souvent très-négligés.
Quant au mélange des nuances, il est plus ou moins harmonieux. Les combinaisons les plus heurtées sont approuvées sans paraître bizarres.
TOILETTES D'ENFANTS.
Partout où nous appelle l'enfance, nous trouvons un spectacle pour les yeux, un attrait pour le coeur. Partout les émotions de cette foule naïve nous impressionnent vivement, et l'on ne sait plus où chercher la grâce quand on quitte tous ces visage frais et riants, auxquels on ne demande que de la finesse ou de la bonhomie.
J'assistais un de ces jours derniers à une solennité dont je veux vous rendre compte. Élèves et visiteurs apportaient une égale émotion, car cette fête intéressait tous les assistants, et le coeur des lauréats battait moins fort peut-être que celui des mères glorieuses ou inquiètes.
Tout est disposé pour que le jour d'une, distribution de prix soit solennelle entre tous les jours. L'assemblée, le bruit, les chants, tout doit graver dans ces petits coeurs agités le jour faste ou néfaste où les plus studieux ont été distingués d'entre leurs camarades.
La demi-heure qui précéda le lever de rideau fut employée sans ennui. Moi, futile, j'étudiais la mode des enfants pour venir vous la dire; j'ai pris note de quelques innovations conçues par les mères, pour que la petite fille fût la plus belle comme son frère devait être le plus heureux. Ces jours-là Cornelie se pare de tous ses bijoux!...
La vanité d'une mère, c'est si naturel, si louable! c'est la seule qu'on avoue, dont presque, on se vante; aussi, je devinai les mères à leur émotion, au regard tremblant qui suivait le vainqueur recevant sa couronne; couronne que le temps n'attaque pas, triomphe que l'envie ne conteste pas, succès que ne suit pas la chute. La belle gloire, enfants, que celle du travail! les beaux lauriers que ceux du collège! gloire sans déception, lauriers sans poison.
La douce joie que celle des mères!
On n'espère jamais si bien en l'avenir qu'au moment où l'on sort d'une distribution de prix.
Jetons un coup d'oeil d'examen, non pas sur les combattants, mais sur la galerie. Fête de famille, les enfants de deux ans n'y étaient pas déplacés. Une jolie créature, habillée de cachemire blanc, avec des manches courtes et un corsage décolleté, étalait ses petites grâces, en agitant des bras potelés et une tête d'ange pour animer une éloquence inintelligible. Son frère, âgé de cinq ans, placé près d'elle, prenant en pitié son ignorance du monde, lui imposait silence, tout en réclamant sa part d'un sac de friandises avec lequel la mère avait espéré acheter leur silence.
Deux jolies petites filles de sept à huit ans avaient des pardessus en taffetas écossais, des robes de mousseline blanche et des pantalons de batiste. Elles étaient coiffées de chapeaux de paille à rubans écossais.
Une jeune fille de douze ans, en robe de barège lilas, avait un camail de mousseline blanche et un chapeau en paille de riz, en capote, avec la coiffe et des brides blanches.
Deux enfants très-beaux, frère et soeur, avaient, dans leurs toilettes différentes, tout le rapport que l'on peut conserver entre l'habit d'un garçon et une robe. Leur taille, exactement semblable, faisait présumer que leur âge était le même; dans cette similitude de costume, on devinait la complaisance maternelle à confondre deux jumeaux. La petite fille avait une robe de nankin, serrée à la taille par une cordelière; ses manches plates jusqu'un peu au-dessus du poignet, laissaient sortir une manche de mousseline, qui s'échappait en plis nombreux jusqu'à la main, où la retenait un poignet brodé. Une guimpe de mousseline couvrait sa poitrine au-dessus de la blouse demi-décolletée. Son frère portait un petit habillement en nankin, également attaché autour de la taille par une cordelière; mais ses manches, au lieu d'être plates, étaient fendues à la grecque et sa chemisette entourait le cou d'un col de batiste rabattant. Sur le chapeau de la petite fille était posée une guirlande de petites fleurs; son frère avait un chapeau de bateleur en paille cousue.
Nous donnerons dans notre prochain numéro un costume d'enfant que nous sommes obligés d'ajourner faute d'espace.