Bulletin bibliographique.
Collection des auteurs latins, publiée sous la direction de M. D. Nisard. Mise en vente du dix-huitième, volume, contenant les oeuvres complètes de Lucrèce, de Virgile et de Valerius Flaccus, avec la traduction en français.--Paris, 1843. Dubochet. 15 fr.
Cette magnifique collection se continue avec un succès toujours croissant. Le dix-huitième volume, qui vient de paraître (la collection doit en avoir vingt-cinq), renferme les plus beaux modèles de la poésie épique chez les Romains, et réunit, dans l'ordre chronologique, trois auteurs qui personnifient trois époques bien distinctes de l'histoire du cette poésie: Lucrèce, Virgile, Valerius Flaccus. «Lucrèce, dit M. Nisard dans l'introduction, en représente les vigoureux commencements et la jeunesse déjà virile, Virgile la perfection, Valerius Flaccus la décadence.»
De grands efforts ont été faits pour que les traductions de ces trois auteurs reproduisissent les principaux traits du génie particulier de chacun. Faire sentir ce qu'il y a de hardi et de naïf dans le génie de Lucrèce; montrer, dans la traduction de Virgile, que, dans l'impossibilité d'égaler ses perfections, on les a du moins senties; marquer légèrement et sans forcer la langue française, de quelle façon la langue latine et le fond même de la poésie se sont altérés dans Valerius Flaccus, tel est l'esprit dans lequel a été traduit ce volume, l'un de ceux qui demandaient le plus de talent et qui ont coûté le plus de travail.
Lucrèce a eu pour interprète un jeune lauréat de l'Université, M. Chaniot; les deux frères de M. Désiré Nisard, M. Auguste Nisard, professeur de rhétorique au collège Bourbon, et M Charles Nisard, ont traduit, le premier, Virgile, le second, Valerius Flaccus.
Histoire des Sciences naturelles, depuis leur origine jusqu'à nos jours, chez tous les peuples connus, commencée au collège de France, par Georges Cuvier, complétée par M. Magdeleine de Saint-Agy; troisième partie, contenant la deuxième moitié du dix-huitième siècle. Tome IV. In-8 de 22 feuilles 1/2.--Paris. Fortin-Masson. 7 fr.
Les trois premiers volumes de cet important ouvrage avaient paru en 1841. Après un retard de deux années, le tome IV vient d'être mis en vente, et l'éditeur annonce la publication prochaine du tome V et dernier, qui doit contenir la continuation de l'Histoire des Sciences jusqu'à nos jours et une critique très-étendue de la philosophie de la nature en Allemagne et en France. Ainsi se trouvera complétée cette magnifique histoire de la civilisation du monde.
M. Magdeleine de Saint-Agy achève d'abord, dans le quatrième volume, l'histoire de la zoologie pendant la première moitié du dix-huitième siècle, puis il fait celle de la botanique. Il passe successivement en revue les flores d'Europe, les voyageurs botanistes, les jardins et les méthodes botaniques de cette période. Enfin, après avoir jeté un coup d'oeil rapide sur diverses monographies, il examine dans leur ensemble les travaux de Linnée et de Buffon.
La seconde moitié du dix-huitième siècle a produit à elle seule, dans les sciences naturelles, un nombre de découvertes comparable à celui de toutes les époques antérieures, car toutes les sciences concoururent dès lors à se perfectionner l'une par l'autre.--Ainsi, par exemple, l'histoire naturelle descriptive, qui est la base de toutes les sciences naturelles, ayant été prodigieusement enrichie par les collections des voyageurs, il en résulta une étude plus approfondie des êtres appartenant aux deux règnes organiques. L'anatomie comparée fournit d'importantes notions à la physiologie, et ces deux sciences réagirent à leur tour sur la zoologie, et même sur la botanique, en y introduisant la méthode naturelle.
Avant d'entreprendre l'histoire des sciences naturelles pendant la seconde moitié du dix-huitième siècle, M. Magdeleine de Saint-Agy donne d'abord une idée générale de cette importante période, puis il commence par la science de la vie, par la physiologie, parce que c'est elle qui, durant ces cinquante années, a fait la première des progrès remarquables, et parce qu'elle est utile d'ailleurs à l'exposition qui doit suivre des développements de la zoologie. Il analyse et examine séparément les travaux et les découvertes de Haller, de Bonnet, de Spallanzini, de Wolff, de Camper, des deux Hunter, des deux Mouro, de Vieq-d'Azyr, de Hewson, de Cruicksank, de Sheldon, de Mascagny, de Barthey, de Médicus, de Desèze, de Cabanis, de Darwin, de Cullen, de Platner, de Prochaska, de Reil, de Neubauer, de Walther et de Scarpa.
En terminant ce quatrième volume, M. Magdeleine de Saint-Agy annonce à ses lecteurs qu'avant d'exposer la nouvelle physiologie née à la fin du dix-huitième siècle, il achèvera l'histoire des progrès de la chimie pendant la seconde moitié de ce même siècle.
Histoire des États européens depuis le Congrès de Vienne; par M. le vicomte de Beamont-Vassy. 10 vol. in-8.--Paris, 1843. Amyot. 7 fr. 50 c. le volume--En vente: La Belgique et la Hollande. 1 vol. in-8.
M. le vicomte de Beaumont-Vassy, auteur des Suédois depuis Charles XII et de Swedenborg ou Stockholm en 1756, a entrepris d'écrire l'histoire de tous les Etats européens depuis le congrès de Vienne jusqu'à l'année 1843. Cet ouvrage doit former 10 volumes in-8. Un seul est en vente; il a pour titre: Histoire de la Belgique et de la Hollande.
«Dans la grande lutte des peuples européens contre les entraves imposées en 1815 par ces traités de Vienne, qui furent pour l'Europe le commencement d'une ère nouvelle, chaque peuple, dit M. de Beaumont-Vassy dans son introduction, se présente à l'historien sous un aspect différent et procède d'une façon particulière. Chez l'un, le germe d'une idée politique se développe lentement et à de longs intervalles, puis il finit par éclore et les choses reprennent leur cours; chez l'autre, au contraire, les idées succèdent rapidement aux idées, et les faits semblent être le résultat d'une agitation machinale et incessante. Ici, dévorés par un insatiable besoin de changement, les hommes sacrifient sans pitié les héritages du passé; là, ils transmettent de génération en génération les institutions qu'ils ont reçues de leurs pères. J'ai cherché à reproduire fidèlement ces aspects divers et ces curieuses dissemblances.
«C'est de la conduite politique d'un peuple que dépendent et sa position relative et sa considération. Rien n'est donc plus utile que l'étude consciencieuse des actes de nos voisins, étude qui nous amène si naturellement à celle de notre propre histoire dans les temps modernes. C'est en vue de cette utilité que j'ai entrepris ce long et difficile travail, cette histoire de l'Europe depuis trente ans... Car j'ai toujours pensé qu'il faut employer son intelligence à étudier les besoins et les intérêts de son pays, comme sa volonté à l'aimer et toute sa puissance à le servir.»
On ne peut qu'applaudir à de si nobles sentiments. Quels que soient d'ailleurs son mérite et ses résultats futurs, une semblable publication a droit dès à présent à nos éloges et à nos encouragements. Ne pouvant pas, on le conçoit, juger aujourd'hui un ouvrage dont la première partie seule a paru, nous avons dû nous contenter d'emprunter à l'auteur l'espèce d'exposition sommaire qu'il a faite lui-même de son but. Ses espérances se réaliseront sans doute; car ce premier volume, purement historique d'ailleurs, est écrit d'un style simple et facile, et se fait remarquer par sa clarté et par son impartialité.
Histoire de l'Algérie ancienne et moderne, depuis les premiers établissements des Carthaginois jusque et y compris les dernières campagnes du général Bugeaud; par M. Léon Galibert. 1 magnifique volume in-8, publié par livraisons de 23 c, avec 23 gravures sur acier, 8 dessins coloriés et de nombreuses gravures sur bois.--Paris, 1843. Furne. (18 livraisons sont en vente.)
M. Furne est un des éditeurs les plus heureux de Paris; toutes ses entreprises réussissent. La raison de ce succès est facile à trouver: M. Furne a autant de conscience que de goût; non-seulement il sait inventer, qu'on nous permette ce mot, de bonnes et d'utiles publications, non-seulement il illustre ses livres avec une intelligence remarquable, mais il ne trompe jamais le public. Tout ce qu'il promet il le donne; il fait plus, il ménage toujours quelque surprise agréable à ses souscripteurs. Si les dernières livraisons de ses ouvrages illustrés ne ressemblent pas aux premières, c'est parce qu'elles leur sont supérieures. Tant de fois le public a été trompé par les promesses mensongères de certains prospectus, qu'en vérité il doit avoir une estime particulière pour les éditeurs qui se conduisent envers lui avec autant de convenance et de délicatesse que M. Furne.
L'Histoire de l'Algérie nous a suggéré cet éloge, si justement mérité. Nous ne saurions, dès à présent, porter un jugement sur l'ouvrage de M. Galibert, car les seize livraisons qui ont paru ne contiennent qu'une introduction géographique et l'Histoire de l'Algérie sous les Carthaginois et sous les Romains; mais s'il se continue, et nous n'en doutons pas, comme il est commencé, ce volume sera, certainement, un des plus beaux livres publiés cette année par la librairie parisienne.--De charmantes vignettes sur bois, placées en tête ou à la lin des chapitres, rivalisent avec les magnifiques gravures sur acier qui doivent accompagner un certain nombre de livraisons. Enfin, M. Fume s'est déjà décidé à donner, sans augmentation de prix, huit nouveaux dessins de Raffet, coloriés à l'aquarelle et représentant les costumes des diverses tribus arabes et des années françaises en Afrique.
Rambles in Yucatan; by B. M. Norman.--London, 1843. Wiley and Putnain.--Promenades dans le Yucatan (non traduites).
Incidents of travel in Yucatan; by John L. Stephens.--London, 1843. Murray. 2 vol. in-8.--Incidents d'un voyage dans le Yucatan (non traduits).
Life in Mexico during a résidence of two years in that country, by madame Caldeoux de la Bauca.--London, 1843 Chapman et Hall.--La vie au Mexique pendant une résidence de deux années dans ce pays (non traduite).
Les voyages de M. Stephens dans l'Amérique centrale et les Antiquités américaines de Bradfort avaient, depuis quelques années, attiré l'attention publique sur les monuments extraordinaires du Yucatan, lorsque M. Norman alla, en 1841, visiter à son tour ce curieux pays. M. Norman n'est pas un savant, mais un simple touriste. Muni seulement d'une boussole, il se rendit à Mérida, et il explora successivement les ruines de Palenque, de Chi-Chen, de Kabah, de Zayi et d'Uxmal. M. Norman copie souvent les ouvrages de ses prédécesseurs et il se montre parfois un peu superficiel; mais il n'a pas des prétentions exagérées, et ses Promenades sont remplies de détails intéressants sur les monuments du Yucatan et sur les moeurs des habitants de cette presqu'île encore si peu connue.
A la même époque, l'auteur des filles ruinées de l'Amérique centrale entreprenait une seconde excursion dans le Yucatan. Cette fois, il avait un double but: il essayait de faire de nouvelles découvertes archéologiques et de former, avec les débris les plus caractéristiques qu'il parviendrait à rassembler, un Muséum pour les États-Unis d'Amérique. Il vient de publier la relation de son voyage, avec 120 gravures sur bois, par M. Catherwood; malheureusement la collection, qu'il avait formée et transportée à New-York a été détruite dans un incendie.
Le 12 novembre 1841, M. John Stephens partit de Merida avec plusieurs compagnons, et il se rendit directement à la Hacienda de San-Joaquin, dans l'enceinte de laquelle se trouvent les ruines de Mayapan. De là, il alla visiter les ruines d'Uxmal, où il fit un assez long séjour. Après avoir passé quelque temps à la foire de Jalacho et examiné des antiquités situées sur la propriété d'un certain don Simon, il explora la laineuse grotte de Maycanu, appelée par les Indiens Satun-Sat, et par les Espagnols el Laberinto. Mohpat, Kabah, Chi-Chen, Zayi, reçurent ensuite la visite de cet infatigable archéologue, qui termina son voyage par une promenade à l'île Cozumel et aux îles voisines.
Ce n'est pas le passé, mais le présent qui occupe l'auteur de la Vie au Mexique. Madame Calderon de la Barca est une Américaine mariée à un Espagnol. M. Calderon de la Barca représentait depuis plusieurs années sa patrie à Washington, quand, en 1841, il fut nommé ambassadeur au Mexique. C'était la première fois que l'Espagne accordait un pareil honneur à son ancienne colonie, depuis qu'elle avait reconnu son indépendance. Madame Calderon habita deux années entières Mexico. Pendant ce long séjour, elle entretint une correspondance suivie avec ses parents et les amis qu'elle avait laissés aux États-Unis. Ses lettres, lues d'abord dans un petit cercle, y obtinrent un tel succès, que l'auteur de l'Histoire du règne de Ferdinand et d'Isabelle, M. W. Prescott, demanda et obtint la permission de les publier. Elles forment un volume in-8 de 430 pages. Bien qu'Américaine, madame Calderon a presque autant d'esprit et de vivacité qu'une Française. Ses lettres sont remplies d'anecdotes piquantes et variées, racontées avec un talent tout particulier; mais elles ont surtout le mérite de réparer la seule omission qu'on peut reprocher à M, Alexandre de humboldt, c'est-à-dire de nous donner les détails les plus certains et les plus nouveaux sur l'état intellectuel et moral du Mexique.
Mémoiren des Karl Heinrichs, Ritters von Lang; skizzen aus meinem leben und wirken, meinem reisen und meiner zeit.--Mémoires de Charles Henri, chevalier de Lang; esquisses de ma vie et de mes actions, de mes voyages et de mon époque.--Brunswick, 1843--A Paris, chez Brockhaus et Avenarius. 2 vol. (non traduits).
Le chevalier de Lang naquit en 1764, à Balgheim, dans la principauté de Oettingen-Wallerstein. Son père était le ministre de cette paroisse. Son grand-père avait été élevé dans le palais du prince, et, à son grand effroi, il fut un jour, vers le milieu du siècle dernier, nommé kammer-directur ou chancelier de l'échiquier. Le prince voulait aller aux bains de Pyrmont, et il n'avait pas assez d'argent pour subvenir aux dépenses d'un pareil voyage. Les banquiers auxquels il s'adressait refusaient de lui prêter même un stiver. Dans cette position embarrassante, il fit cadeau d'un ministère au plus riche propriétaire de sa principauté, c'est-à-dire au grand-père de Lang, et il supplia son nouveau ministre de lui prêter en retour la somme dont il avait besoin. Ce singulier moyen lui réussit. Il alla aux bains de Pyrmont, et le vieux Lang perdit toute sa fortune. Ce ne fut qu'en 1813 que ses descendants obtinrent, non pas le remboursement de cette créance, mais une indemnité insignifiante.
Le petit-fils de cet infortuné ministre malgré lui entra, dès sa jeunesse, au service du prince d'OEttingen-Wallerstein. Après avoir étudié le droit pendant trois années à l'université d'Iéna, il devint secrétaire de la cour judiciaire et du Conseil d'État de sa principauté natale. Mais il ne tarda pas à donner sa démission et il alla à Vienne, où il espérait trouver un emploi. Pressé par le besoin, il accepta d'abord une place d'instituteur en Hongrie; puis il revint à Vienne, où l'ambassadeur du Wurtemberg le prit pour secrétaire; il fut ensuite secrétaire du prince Wallerstein, employé secret du comte Hardenberg, conseiller et archiviste de Bayreuth, attaché à la légation prussienne au congrès de Rastadt, gouverneur secrétaire du margraviat d'Auspach, directeur des archives de Munich, et enfin secrétaire intime du comte Hardenberg. Il mourut en 1835.
Deux volumes seulement des mémoires de Lang ont paru. Ils s'arrêtent à la fin de l'année 1825. Bien qu'ils ne répondent pas entièrement aux espérances qu'avait fait naître la réputation littéraire de leur auteur, ils ne peuvent manquer d'obtenir un grand succès, non-seulement en Allemagne, mais en France et en Angleterre. On y trouve, en effet, une foule d'anecdotes piquantes, racontées avec cet esprit satirique qui a rendu si populaires les Hammelburger Reisen. Le secrétaire du prince Wallerstein et de l'ambassadeur du Wurtemberg, l'employé secret du comte Hardenberg, n'a pas révélé sans doute tous les secrets dont il était le dépositaire; mais ses mémoires nous font mieux connaître que les ouvrages historiques les plus estimés l'état intellectuel et moral d'une certaine classe de la société en Allemagne, depuis la révolution de 89 jusqu'à nos jours. En terminant cette notice, nous ne pouvons résister au désir de citer une anecdote qui nous paraît caractéristique.
Une nuit, à deux heures du matin, un domestique vient réveiller Lang, qui dormait profondément. «Levez-vous de suite, lui dit-il, son excellence désire vous parler.» Lang s'habille à la hâte et court auprès de son excellence. «Monsieur Lang, lui dit le baron Buhler (l'ambassadeur du Wurtemberg), j'ai depuis longtemps remarqué que dans vos lettres vous ne placez jamais les points au-dessus des i. Vous les mettez toujours tantôt trop à droite, tantôt trop à gauche. J'ai souvent eu l'intention de vous faire ce reproche. Tout à l'heure en m'éveillant, j'y ai songé de nouveau, et pour ne plus l'oublier, j'ai jugé à propos de vous envoyer chercher. Tenez-vous pour averti.»
Précis de l'histoire de l'Hindoustan, contenant l'établissement de l'empire mongol, ses progrès et sa décadence; l'invasion et les établissements successifs des Européen; la coalition des princes de l'Afghanistan contre les Anglais; l'examen des diverses religions établies chez les Hindous, ainsi qu'un tableau de leurs lois primitives, de leurs moeurs, usages et coutumes, et un résumé des lois qui régissent les établissements français; par L.-M.-C. Pasquier, ancien magistrat à Pondichéry. 1 vol. in-8 de 534 pages.--Paris, 1845. Paulin et Ledentu.
Cet ouvrage se divise en deux parties parfaitement distinctes: l'une consacrée aux Européens, l'autre aux indigènes.
Dans la première partie, l'auteur raconte l'histoire de l'Hindoustan depuis l'expédition d'Alexandre jusqu'à nos jours. Il donne principalement des détails curieux sur les établissements successifs des Portugais, des Hollandais, des Anglais et des Français, et sur l'administration actuelle de la justice dans nos comptoirs de l'Inde.
La deuxième partie, beaucoup plus longue que la première, renferme un grand nombre de chapitres intéressants concernant la religion des Hindous, leur mythologie, leurs lois, leurs moeurs, leurs coutumes, la division de leurs castes et leur chronologie.
État de la question d'Afrique. Réponse à la brochure de M. le général Bugeaud, intitulée l'Algérie; par M. Gustave de BEAUMONT.--Paris. 1843. Paulin. Brochure in-8 de 32 pages.
Dans le courant du mois de septembre dernier, M. le général Bugeaud, gouverneur-général de l'Algérie, publia une brochure intitulée: l'Algérie; des moyens de conserver et d'utiliser cette conquête. M. Gustave de Beaumont pensa que cette oeuvre, à laquelle le poste et le caractère de son auteur donnaient tant de gravité, contenait un certain nombre de propositions, les unes contestables, les autres dangereuses, qu'il importait de combattre avec la plus grande publicité possible. Dans cette conviction, il adressa au rédacteur en chef d'un journal quotidien une série de lettres qu'il vient de réunir en brochure et de publier à la librairie Paulin. Cette brochure ne peut manquer d'attirer l'attention au moment où la Chambre va, par la discussion des crédits supplémentaires et extraordinaires, être saisie de nouveau de la grande affaire de notre établissement en Algérie, «la plus grosse affaire de la France, dit M. Gustave de Beaumont au début de sa première lettre; la plus belle, mais aussi la plus difficile, et sur laquelle s'amassent des orages dont, au lieu de détourner ses regards, il serait plus sage de sonder l'épaisseur.»