Une Visite à la Chambre des Pairs.

Si la visite que nous avons faite ensemble au Palais-Bourbon ne vous a pas fatigué sans retour de ces sortes d'excursions dans le domaine de la législature, nous poursuivrons aujourd'hui notre route, et frappant, comme d'honnêtes curieux que nous sommes, à la porte des pairs de France, nous allons les surprendre en flagrant délit de création des lois. Le palais de la Chambre des Députés, malgré la magnificence du mot, est moins un palais qu'une masure, cette fois c'est un vrai palais que nous avons sous les yeux. Les pierres fraîchement grattées de la demeure des représentants s'élèvent sans plaisir pour la vue et sans réveiller dans l'esprit l'attrait endormi d'aucun souvenir historique, le Luxembourg, en étalant devant nous la belle ordonnance de ses murailles déjà revêtues de la vénérable livrée du temps, nous rappelle encore bien des pages de notre histoire, ou sombres ou folles, ou mesquines ou grandioses comme tout ce qui raconte la vie de l'humanité.

Admirez avec moi l'oeuvre que l'architecte de Brosse entreprit en 1615, sur les ordres de Marie de Médicis, et si cette imitation du palais Pitti vous paraît manquer de légèreté et de cette élégance poétique qui, dans les édifices mauresques, par exemple, résulte de la délicatesse et de la riche multiplicité des détails, reconnaissez que cette pesanteur relative n'est pas sans une certaine grâce, la grâce de la force et de la solidité. Dans l'aspect un peu triste peut-être de ces colonnes qu'étranglent dans toute leur longueur de lourds carcans de pierre, dans la physionomie sévère et massive de ces deux sortes de coupoles qui, de la porte d'entrée au corps de bâtiment principal, se répondent et se marient au regard avec noblesse, voyez comme un symbole du génie des premiers Médicis dont la fille éleva cette demeure, génie à la fois positif comme celui de la commerçante et industrieuse république qu'ils administraient, et libéral cependant, noble, d'une grâce austère, élégant et solide, le génie du grand Cosme, en un mot, que ses héritiers ne raffinèrent qu'en le diminuant, et auquel ils ne donnèrent plus d'éclat qu'en lui ôtant de sa probité et de sa puissante vigueur. Telle est l'architecture de ce palais: il en est de plus délicates, de plus ouvragées, de plus brillantes; il en est peu qui la surpassent par la juste proportion des membres, la robuste apparence et je ne sais quoi de sobre qui satisfait le goût.

J'ignore si Mario de Médicis put habiter le Luxembourg; mais son second fils, Gaston d'Orléans, l'habita, et avec lui entrèrent sous ces voûtes neuves l'intrigue, l'incertitude et la faiblesse poussée jusqu'à la lâcheté. Là, se tramèrent contre le cardinal bien des complots, où le prince ne joua guère que le rôle de pourvoyeur de têtes pour le compte de ce redoutable Richelieu qui, au centre de sa toile, immobile, implacable laissait se jouer la mouche imprudente, et d'un mouvement brusque l'anéantissait. Après Gaston, sa fille la grande Mademoiselle emplit le palais de ses haines altières et de ses amours passionnés. C'est de là qu'elle partit pour aller sur les remparts de la porte Saint-Antoine faire tirer le canon contre les troupes du roi; c'est là qu'elle revint plus tard cacher souvent ses pleurs et sa jalousie lorsqu'un secret mariage l'eut unie à Laudun. N'entendez-vous pas en souvenir, dans cette cour aujourd'hui si morne, ce bruit de fanfares, de cymbales, cette voiture attelée de huit chevaux qui entre avec fracas, et le galop des gardes et des musiciens qui la précèdent ou la suivent; qu'est-ce que cela? c'est madame la duchesse de Berri, la fille du régent, digne fille d'un tel père qui rentre chez elle après avoir parcouru Paris dans ce fol équipage, au grand scandale des amis de l'étiquette et notamment de Saint-Simon, qui lui aurait plutôt pardonné ses débordements inouïs, que de se faire escorter par une garde sans que son rang lui en donnât le droit. La Révolution a passé et a pris possession de ce palais; elle y loge d'abord ses prisonniers, puis son gouvernement s'y installe. Le Luxembourg vit Barras donner aux moeurs le signal de cette réaction de la volupté qui fit ressembler un moment la France à une assemblée de fous dansant dans un cimetière et heurtant, toute joyeuse, les débris de l'échafaud. Quelque temps après, le Directoire tombait dans ces mêmes murs où le général Moreau gardait à vue le directeur Collier, honnête homme, courageux citoyen, qui, si la fermeté du caractère et la droiture des principes avaient suffi pour vaincre le génie, aurait épargné à la France le despotisme de l'Empire et assuré le maintien des lois. Plus proche de nous, c'est du sang, un sang glorieux qui rejaillit jusque sur ces pierres; c'est là, pendant la nuit, que les pairs, constitués en tribunal, condamnèrent à mort un des plus vaillants généraux de la France; c'est à deux cents pas qu'il fut mystérieusement fusillé.

Mais silence, pierres bavardes, silence, ou du moins ne nous parlez plus que du présent, la principale chose que nous venions chercher auprès de vus. Notre carte d'entrée, signée du Grand-référendaire, nous donne place aux tribunes du midi. On y arrive par le grand perron et par des corridors mal éclairés, qui attendent l'achèvement d'une restauration qui nous semble bien lentement conduite; enfin s'ouvre devant nous la nouvelle salle des séances de la Chambre des Pairs.

Je dis nouvelle, parce que les pairs siégeaient autrefois dans une autre partie du Luxembourg, dont je vous épargne la description, et que cette salle sort toute fraîche des mains des artistes qui lui ont donné son dernier lustre et qui ont achevé son dernier ornement. Eh bien! que dites-vous de cette salle! Je dis qu'elle ressemble, à fort peu de chose près, à celle de la Chambre des députés; seulement elle est plus petite, percée d'un seul rang de tribunes drapées avec plus de richesse, ornée de peintures qui ne se trouvent pas chez grande soeur, et beaucoup plus dorée, comme il convient au rang sénatorial des gens qu'elle doit recevoir; mais c'est le même hémicycle se rattachant par les deux extrémités au fauteuil de la présidence. Encore une différence: au lieu des stalles, des fauteuils vert et or, en forme de chaises curules; enfin, ce qu'on ne voit point à la Chambre des Députés, le bureau du chancelier-président est placé dans une demi-coupole, soutenue par des colonnes jumelles en marbre jaspé, qui se détachent assez élégamment sur une draperie vert et or, comme le reste des tentures. Ce qu'il y a de singulier à ce sujet, et ce qui montre bien le caractère d'indécision et de lieu commun que prend l'architecture dans les siècles sans inspiration et sans loi, c'est que cette demi-coupole est tout à fait semblable à celles qu'on dessine généralement dans les églises et les chapelles pour y établir l'autel. Celle de la Chambre des Pairs, par la disposition de ses colonnes jumelles, ressemble précisément, avec un développement moindre, à la galerie cintrée qui se déploie derrière le maître-autel de la Madeleine; en sorte que, de nos jours, il ne semble point étrange; de placer indifféremment dans le même lieu un autel ou un fauteuil, un Dieu mort pour les hommes ou un chancelier qui ne mourra certainement pour personne. Dans les âges et dans les pays véritablement organisés, tout a son type, son caractère propre, sa loi; dans les temps de confusion morale, quand les arts ont assemblé quelques lignes gracieuses, ils croient avoir tout fait, et tomme dans la sphère philosophique toutes les idées s'effacent, ils ne cherchent à en reproduire aucune, et ne peuvent par conséquent rien exprimer.

Chambre des Pairs.--La Philosophie dévoilant la Vérité,
peinture du plafond de la bibliothèque, par Riessner.

Les peintures, dont plusieurs d'un mérite d'exécution incontestable, sont, les unes assez insignifiantes par leur sujet, les autres, d'un genre allégorique trop naïf, et quelquefois peu décent.

Chambre des Pairs,--peinture du plafond de la Bibliothèque par Riessner.

Pourquoi le Couronnement de Philippe le Long, dont le règne est un des plus pâles de notre histoire, occupe-t-il un dessin de porte à la Chambre des Pairs? Les cinq ou six personnages qui représentent, dit le plan de la Chambre, les États-Généraux de je ne sais quelle époque sur l'autre porte, ont plus d'à-propos; mais, en fait, ils ne représentent rien du tout, car on ne voit point d'assemblée, et il est imposable de deviner ce que se veulent ces personnages que nul motif visible ne semble réunir. Sur la voûte, la Justice, la Sagesse, la Loi, et, dans un coin, la patrie, qui a l'air trop petite fille, forment des sujets allégoriques dont il est facile d'apprécier la convenance un peu banale. D'autres fresques, toujours allégoriques, entremêlent celles que je viens de citer. Dans l'une d'elles, qu'au miroir symbolique je crois reconnaître pour la Vérité la principale figure est d'une ravissante expression; il est impossible de voir des yeux plus séduisants, un plus joli visage, des cheveux blonds plus soyeux; mais cette Vérité si gracieuse, qu'elle a l'air de la Fable pourquoi étend-elle ses beaux bras blancs et ronds sur la vénérable assemblée? Une Vérité si charmante n'a rien à faire au milieu des nobles pairs; car, si par hasard son doux sourire est trompeur et qu'en réalité elle ne soit que le Mensonge, leurs mensonges, s'ils en faisaient, ne seraient pas si jolis, et leurs vérités s'ils en disaient, devraient être beaucoup plus mâles et plus austères.

Au total, l'impression que laisse la salle des séances est celle d'un salon assez grandiose: tout y est discret, silencieux, presque endormi; il n'y pénètre qu'un demi-jour favorable au repos. Aucun bruit n'y vient du dehors, et des tapis épais amortissent les bruits intérieurs; la voix elle-même, sans doute faute de sonorité dans la salle, n'y résonne qu'en sourdine et semble craindre d'éveiller des échos. Point de ce tumulte, de ce faux air d'écoliers en vacances, de ces conversations multipliées qui, de tous les côtés et sur tous les tons, bourdonnent, de cette agitation, en un mot, qui frappe lorsqu'on entre à la Chambre des Députés. Ici, au contraire, de la dignité, si on veut, mais surtout un inaltérable calme, et qui règne invariablement sur ces bancs d'ailleurs presque toujours à moitié déserts.


John Singleton Bopley, baron Lyndhurst,
grand-chancelier d'Angleterre.

M. Pasquier, chancelier de France, président de la Chambre des Pairs.

Ce n'est pas là l'aspect de la Chambre des Lords. Dans leur antique salle de Westminster, beaucoup moins reluisante et dorée que celle des pairs de France, tendue de vieilles tapisseries décolorées, garnies de quelques fauteuils seulement pour les pairs ecclésiastiques et de banquettes pour le reste des lords, il règne, au dire, des écrivains anglais, un profond sentiment de dignité et de convenance; il s'en exhale un parfum de bon ton et d'aristocratie; mais il y a plus de vie, plus d'animation, on y sent l'exercice d'une énergie plus réelle, et tout ce qu'un corps puissant peut imprimer de force à ses membres, ils le montrent généralement. En présence de ce sac de laine où siège le chancelier d'Angleterre, et qui rappelle à ces héritiers de la féodalité anglaise les conditions à la fois agricoles, manufacturières et commerciales de leur prépondérance et de celle de leur pays, ils sont vraiment encore, aujourd'hui même que le sol commence à trembler sous leurs pieds et que la décadence est peut-être bien proche, la seule aristocratie de l'Europe qui ait un sens, une raison d'être en même temps qu'une incontestable action.

Le chancelier de France, revêtu de la simarre, bien connue de la presse satirique, portant en sautoir le grand-cordon rouge sur lequel flotte négligemment un rabat de dentelle brodée, et tenant à la main sa toque de velours noir garnie d'hermine, vient de s'asseoir au fauteuil. Les secrétaires qui composent le bureau de la Chambre prennent place à côté de lui, et aux deux extrémités du bureau, deux fonctionnaires qui ne sont point pairs de France, le garde des archives et son adjoint. Les pairs, en frac gros bleu brodé d'or au collet et aux parements des manches, arrivent lentement et en assez petit nombre à leurs sièges: la séance est ouverte.

Que sera-t-elle pour nous, cette séance abstraite et typique qui doit nous résumer toutes les autres, et nous donner la substance du travail de la Chambre haute. Il faut bien le dire, elle n'aura ni traits décisifs, ni couleur éclatante, ni résultats bien féconds en grandeur ou en utilité. Bien des causes tendent à paralyser l'action des pairs de France; et sans discuter ici, ce qui nous mènerait trop loin, les germes de faiblesse contenus dans leur principe constituant lui-même, qui ne leur laisse d'indépendante ni dans leur origine ni dans l'exercice de leur part de pouvoir, on peut dire qu'eux-mêmes, renchérissant sur les tendances de leur principe, se lient encore volontairement les mains. A tel point qu'ils semblent les Hermès de la politique: sans bras pour agir, sans pieds pour marcher. Sans doute il y a beaucoup de lumières à la Chambre, des caractères honorables, des administrateurs consciencieux et instruits, des savants et des écrivains de premier ordre; mais, outre que parmi les célébrités qui s'y rencontrent, c'est moins l'éclat de l'intelligence qu'un certain caractère politique qui les a conduits à la pairie, on avancerait sans témérité que, dans ses conditions actuelles d'existence l'assemblée fut-elle, par impossible, toute et impartialement composée des esprits les plu» distingués dans les diverses branches du travail intellectuel, sa vitalité politique n'en serait ni plus grande ni plus assurée. En effet, sans méconnaître, ou plutôt pour mieux apprécier les imprescriptibles droits de l'intelligence au gouvernement de la Société, on peut avouer que ce n'est pas parce qu'on se sera montré un grand chimiste, un grand physicien, un grand philosophe, un grand poète, qu'on sera nécessairement un bon législateur. Tous les talents spéciaux, lorsqu'ils ne sont pas vivifiés par un grand et beau caractère, et par quelque puissance synthétique de l'intelligence, viennent s'effacer et s'éteindre, échouer irréparablement dans ce suprême oeuvre de la conduite des hommes. Tout dépend donc à la fois du principe d'organisation d'une assemblée et du système qu'elle s'impose. Si elle est animée follement du bien public; si, par tous les angles, elle pénètre très-avant dans les diverses classes de la société; si, sous quelque forme que ce soit, elle vit puissamment de la vie populaire et du sentiment national, elle trouvera toujours assez de lumières, et tracera dans l'histoire un sillon aussi large que richement ensemencé. Mais si on prend, çà et là, des talents de divers ordres, qu'aucun lien, aucune pensée commune, aucun intérêt commun ne réunit, pour leur conférer, avec un titre honorifique, une part effective dans la confection des lois; s'ils n'arrivait à cette position éminente que par un choix arbitraire et au gré d'une faveur qui échappe à tout contrôle, on crée ainsi un ensemble hétérogène, composé de parcelles brillantes, je le veux bien, mais qui jurent entre elles et ne peuvent marcher de front. Alors elles restent en place, et c'est à peu près ce que font les membres de la Chambre des Pairs.

Cette Chambre s'est persuadée qu'elle ne doit jouer d'autre rôle, dans le gouvernement de l'État que celui de la chaîne d'ancrage qui sert à obvier aux inconvénients de la rapidité des pentes. Cette persuasion est si profonde, si absolue, que, bien qu'elle se soit fait une autre loi, par des causes analogues, d'appuyer toujours le pouvoir exécutif, s'il prend à celui-ci une velléité de progrès, si légère qu'il soit, les pairs s'y opposent, et disent à l'audacieux: «Tu n'iras pas plus loin!» Dernièrement les journaux ministériels eux-mêmes se dépitaient un peu d'avoir des amis si opiniâtrement conservateurs, quand ils ont vu la Chambre repousser quelques petites et innocentes améliorations que le ministère voulait introduire dans nos Codes.

L'éloquence des orateurs de la Chambre des Pairs se ressent nécessairement du funeste système qu'elle a embrassé, et malgré les talents qu'elle renferme, il est rare qu'un rayon de leur supériorité se fasse jour dans leurs oeuvres oratoires. L'éloquence vit de luttes et de luttes sérieuses, et dans ce paisible champ clos, on ne combat même pas avec les armes courtoises; le fer émoussé y semble encore trop terrible. Je ne me plaindrais pas qu'un respect même excessif des convenances y effaçât un peu trop les formes vives du langage, si, sous ce manteau couleur de muraille, se cachait l'éclat des pensées fortes et la vigueur des raisonnements. En dehors des questions de style, il y a les questions d'État; mais que peuvent être ces graves questions, lorsqu'on est déterminé à l'avance à les juger toujours assez bien résolues, à penser que nos ancêtres et nous-mêmes avons assez fait, et qu'il n'y a plus rien à faire. Mirabeau lui-même s'atrophierait dans une pareille atmosphère, et, sous ce récipient pneumatique, l'asphyxie éteindrait ses larges poumons. Quoi! vous êtes, dans une mesure assez restreinte, et vous prétendez être absolument l'élite de la société, l'élite du rang, l'élite de l'intelligence, et vous pensez que le grand acte de cette suprême intelligence collective est de n'en faire aucun! Comme le fakir indien, vous

Plan de la Salle des séances des Pairs.

A. Entrée principale.
D. Couloir de droite.
G. Couloir de gauche.
T. Tribune des orateurs.
1. Le président de la Chambre M. le baron
Pasquier, chancelier de France.
2. Secrétaires: M. le marquis de Louvois.
M. le comte de Turgot.
3. Secrétaires: M. le comte Durocher.
M. le vice-amiral Halgan.
4. M. Cauchy, secrétaire-archiviste.
5. M. La Chauvinière,
secrétaire-archiviste.
6. Huissiers.
7. Sténographes du Moniteur.
8. " " "
B. Bancs de MM. les ministres.
E. Banquettes réservées pour MM.
les Députés.
C. Tribune du corps diplomatique.
S. Tribune de MM. les journalistes.
N. Tribune de MM. les gardes nationaux.
On ne peut détailler l'emploi des autres
tribunes, parce que leur destination
varie d'un jour à l'autre.

Chambre des Pairs.

croyez que la perfection consiste à s'accroupir au pied de l'arbre, et à y demeurer des années sans bouger? Et à quoi donc reconnaît-on, je ne dis pas l'intelligence, mais la vie, si ce n'est au mouvement? Quels sont les bienfaiteurs de l'humanité? ceux qui l'ont menée en avant. Quel est leur titre? d'avoir frayé, d'avoir éclairé la route. Loin donc la sagesse, oisive et stérile. Qu'a-t-elle laissé d'influence à la pairie, cette prétendue sagesse de l'immobilité? Si vous voulez être les premiers et vraiment les sages, réglez le mouvement, soit, mais menez-le. Conduisez-nous, pour conduire les autres, il faut marcher devant eux. Et ne croyez pas surtout, quelles que soient les barrières que vous éleviez qu'elles arrêtent vraiment le génie de l'humanité. Le génie de l'humanité est le condor aux vastes ailes: vous aurez beau lui tracer magistralement un cercle infranchissable, vous ne pouvez pas emprisonner les airs.