PLAN FIGURATIF ET DESCRIPTION DE LA ZMALA.--ARRIVÉE DES PRISONNIERS À ALGER.--RENVOI DES UNS À ORAN ET DES AUTRES EN FRANCE, --PORTRAIT DE MARABOUT SIDI-EL ARADJ--DRAPEAUX DE LA ZMALA DÉPOSÉS AUX INVALIDES.

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Nous avons fait connaître le hardi coup de main qui a dispersé la zmala d'Abd-el-Kader (V. l'Illustration, n° 16, page 253). Aujourd'hui, des renseignements recueillis en grande partie par le directeur des affaires arabes à Alger nous permettent de donner, avec le plan figuratif de la zmala, quelques détails sur son origine, sa composition, sa manière de vivre, ses moyens d'accroissement.

Une loi générale présidait à la formation de tous les campements d'Abd-el-Kader, loi en quelque sorte organique, à laquelle il n'a jamais été dérogé: c'était de placer, autour de la tente de l'émir, toutes les tribus dans la même orientation que celle de leur territoire par rapport à Mascara, son ancienne capitale et centre de son autorité. Cet ordre avait été scrupuleusement observé dans l'organisation de la zmala, qui n'était autre chose qu'un grand campement militaire, avec infanterie, artillerie, mais avec accompagnement de vieillards de femmes et d'enfants.

Abd-el-Kader avait vu, de retraite en retraite, tous ses établissements militaires, Jughar, Thaza, Saida, Tafreoua, Tagdemt, successivement envahis et détruits par nos soldats. Pressé entre le Désert et nos colonnes, il comprit que pour sauver les plus précieux débris de sa puissance, il ne lui restait plus qu'à les rendre aussi mobiles que les tribus elles-mêmes, et à dérober à nos armes, par la fuite, ce qu'il ne pouvait leur disputer par le combat. Il organisa donc la zmala: il y rassembla tout ce qu'il tenait à conserver: sa famille, celle de ses principaux lieutenants, son trésor; il la plaça sous la garde de ses plus braves et de ses plus fidèles partisans, et l'envoya sur les limites du désert, ou, en cas d'approche de l'ennemi, elle trouvait toujours un asile assuré.

Le campement de cette population nomade était presque constamment le même, sans avoir toutefois la forme régulière que le compas lui a donnée dans le plan figuratif que nous publions, et que ne comportaient pas les accidents inévitables du terrain. Ainsi, quand la zmala a été enlevée et surprise le 16 mai 1843, la tête du campement était près de la source Ain de Taguin, tandis que le reste des tribus se développait en forme d'éventail, ou plutôt de patte d'oie, dans une vallée d'une étendue de douze à seize kilomètres.

La zmala se divisait, sinon, en quatre enceintes, du moins en quatre groupes principaux.

Le premier groupe renfermait les douars (cercles de tentes) et les familles de l'émir; de son beau-frère, Mustapha-ben-Thami, ex-khalifah de Mascara; de Bouheli-kha, ex-kaïd des Shama; de Miloud-ben-Arrach, ex-agha du cherk est, son ancien envoyé à Paris et son conseiller intime, et de Bel-Khérouby, son premier secrétaire.

Le deuxième groupe était formé par les douars et les familles de Mohammed-ben-Allal-ben-Embarch, ex-khalifah de Milianah, de Ben-Jahia-el-Djenn, agha de la cavalerie régulière; de Hadj-el-Habib, ex-consul à Oran pendant la paix ainsi que des chaoucks (gardes attachés particulièrement à la personne des chefs).

Dans le troisième groupe se trouvaient exclusivement les Hachem-Cheraga (de l'est) et Gharaba (de l'ouest), qui, peu nombreux dans les premiers temps, s'étaient considérablement accrus au moment de la prise de la zmala, parce que l'émir venait de les enlever à peu près tous dans la plaine d'Eghris. Le quatrième, groupe, plus ou moins rapproché des autres, suivant les difficultés du terrain, l'eau, les bois ou les pâturages, réunissait les tribus du Désert qui s'étaient attachées à la fortune de l'émir. Ces tribus n'étaient véritablement maintenues que par la volonté des chefs les plus influents, attirés pour la plupart eux-mêmes par l'appât du pillage, des cadeaux, de l'argent, et quelques-uns par le mobile de la religion.

Enfin, entre le troisième et le quatrième groupe, une place était assignée au petit camp de si-Kaddour-ben-Abd-el-Baki, khalifah du Désert, parce que les tribus placées sous son commandement étaient toujours les plus avancées.

L'organisation même de la zmala ne permettait pas, comme on le voit, d'arriver jusqu'à la tente d'Abd el-Kader sans être découvert et arrêté. Il n'était pas plus facile de fuir avec sa famille et ses biens, une fois qu'on avait été incorporé dans cette émigration. Il aurait fallu, à cet effet, traverser plusieurs groupes de tribus qui se surveillaient les uns les autres, et qui n'étaient peuplés, en général, que de malheureux épiant sans cesse l'occasion de s'enrichir par le pillage. L'émir l'avait bien compris, et il avait fait publier cet ordre laconique: De quiconque fuira ma zmala, à vous les biens, à moi la tête.

On évalue à trois cent soixante-huit le nombre des douars formant la zmala. A dix tentes par douar (on en compte ordinairement trente à quarante dans le Tell, le pays cultivé), et à dix individus par tente, le rassemblement pouvait présenter un chiffre total de plus de 30,000 individus.

Un petit corps d'infanterie et d'artillerie, fort d'environ 450 hommes, suivait le sort de la zmala, et campait habituellement à gauche et en arriére du douar de Miloud-ben-Arrach, chargé surtout de veiller à la garde particulière des douars d'Abd-el-Kader et de ses chefs principaux. Cette troupe, bien armée, mais mal vêtue, mal nourrie, mal payée, n'éprouvait véritablement un peu de bien-être qu'à la suite de quelque rhazia heureuse qui venait la dédommager de ses longues abstinences.

La cavalerie régulière paraissait rarement dans la zmala; elle était toujours en course avec les chefs les plus capables, chargés d'aller pousser les tribus à la révolte.

Les otages appartenant aux tribus douteuses campaient en arrière du douar de Miloud-ben-Arrach, et à la droite de l'infanterie régulière.

Le khazna (le trésor) était placée entre le douar d'Abd-el-Kader et celui de Miloud-ben-Arrach.

Les familles de sidi-Mohammed-ben-Aïssa el-Berkani, ex-khalifah de Médéah, et de sidi-Mohammed-el-Bou-Hamedi, ex-khalifah de Tlemsen, n'ont jamais paru dans la zmala, non plus que les frères de l'émir, si-Mohammed-Saïd, si-Mustapha, si-el-Haoussin et si el Mokhtadi, qui vivent retirés chez les Beni-Snassen.

Abd-el-Kader ne faisait que de rares apparitions au milieu de la zmala: il y a passé deux mois à peine dans l'espace de deux années. Se croyant tranquille sur le sort de sa famille, il n'était occupé qu'à nous susciter des embarras, soit en maintenant sous sa dépendance les tribus disposées à reconnaître la domination française, soit en excitant à la révolte les tribus déjà soumises.

En l'absence d'Abd-el-Kader, la zmala était commandée ou par son beau-frère, le khalifah. Mustapha-ben-Thami, ou par l'agha Miloud-ben-Arrach, ou par le kaïd Bou-Khehka, ou par El-Iiady-Djelai, son conseiller intime. Celui de ces quatre chefs qui n'était pas en campagne avec lui était chargé de pourvoir aux besoins de la zmala, comme à son salut, en cas de danger.

Il y avait dans la zmala un va-et-vient continuel d'étrangers. Les chefs qui venaient s'y plaindre ou nous trahir, leur suite, les courriers, les Arabes qui en fréquentaient les marchés, les nouvelles qu'on y faisait courir, tout contribuait à donner la vie à cette population voyageuse, qui comptait dans ses rangs des armuriers, des maréchaux-ferrants, des selliers, des tailleurs et jusqu'à des bijoutiers.

De nombreux marchés, assez bien pourvus, entretenaient une abondance d'approvisionnements suffisante aux besoins d'ailleurs si bornés des Arabes, renommés à juste titre pour leur frugalité proverbiale. Aussi la zmala, tout en menant une vie extrêmement dure dans le Désert, a-t-elle plus souffert par les fatigues des marches et contre-marches que par la faim, qui a tout au plus atteint les dernières classes de cette émigration. C'était dans les déplacements surtout qu'il mourait beaucoup de monde, malades, vieillards, enfants, femmes enceintes. Les prisonniers ont dépeint ce triste état de choses en disant; «A chaque gîte nous laissions un petit cimetière.»

Pour soutenir le moral de cette population, tous moyens étaient bons: cadeaux, mensonges, ruses, fausses lettres. Tantôt les Français, en guerre avec les Anglais, et aient forcés de diminuer leurs forces; tantôt Muley-Abd-el-Rahman, empereur de Maroc, s'avançait avec une grande armée; ou bien Ben-Allal-ben-Embarek avait remporté une victoire éclatante sur les chrétiens; tantôt les maladies les décimaient sur tous les points; puis le général Mustapha-ben-Ismael avait abandonné notre cause; enfin, ruinés par nos énormes dépenses, nous demandions la paix, et le gouverneur-général était changé ou tué. Pour chacun de ces mensonges les chefs ordonnaient des réjouissances, des fantasias, et les populations crédules continuaient à marcher dans le Désert sans murmurer! Le 16 mai, Abd-el-Kader, dont l'attention était toute reportée vers l'ouest, où manoeuvrait la division de Mascara, observait, avec une trentaine de cavaliers, du côté de Tiaret, les mouvements de la colonne commandée par le général de La Moricière, sans s'inquiéter de celle qui, sortie de Boghar sous les ordres de M. le duc d'Aumale, et séparée de Taguin par une distance de trente lieues, ne semblait nullement menacer la sécurité de la zmala. Celle-ci, arrivée le 15 à Taguin passa la nuit très-tranquillement, et, le 16, à la vue de nos spahis et chasseurs s'élançant à la charge au milieu de cette ville de tentes, cette audacieuse agression de 500 cavaliers seulement frappa de stupeur cette population agglomérée, et paralysa les mouvements même des plus braves. Envahie à onze heures du matin, la zmala était entièrement prise à deux heures de l'après-midi. Les cris des enfants, des femmes, des blessés, des mourants ajoutèrent au désordre, et la déroute des Arabes fut complète.

Un butin considérable tomba au pouvoir de nos auxiliaires indigènes. On estime à 1 million la somme en argent monnayé dont les vainqueurs s'emparèrent, et qui consistait principalement en piastres et en quadruples d'Espagne. Un spahis rapporta avec lui de cette expédition 10,000 francs, un autre 15,000. Une somme d'environ 40,000 francs fut apportée à M. le duc d'Aumale, et distribuée par lui aux cavaliers qui, chargés de missions au moment de la capture de la zmala, n'avaient pas pu assister à ce brillant fait d'armes. L'infanterie, arrivée à cinq heures du soir, eut également sa part du butin considérable pris à l'ennemi. La tente d'Abd-el-Kader, avec tout ce qu'elle renfermait en tapis, coussins, armes, a été offerte par les officiers et soldats du corps qu'il commandait, à M. le duc d'Aumale, qui l'a rapportée à Paris, et se propose de la faire dresser dans le parc de Neuilly.

Pendant les trois heures qu'a duré l'action, chacun a fait son devoir en brave. Les combattants seuls ont été frappés, et la lutte a été assez vive pour que plus de trois cents Arabes aient été tués. Les femmes, les enfants, les vieillards ont été épargnés, suivant les ordres donnés par le prince avant le combat. A mesure qui; nos cavaliers avançaient, les femmes poussaient des cris lamentables et, dans leur effroi, se découvraient la poitrine, sans doute pour exciter la pitié des vainqueurs en faveur de leur faible sexe. «En arrière!» leur criaient nos cavaliers, pour les éloigner du théâtre du combat: et toutes allèrent, en effet se réunir sur un même point à un kilomètre de distance de la zmala.

Parmi les nombreux actes de bravoure qui signalèrent cette sanglante et glorieuse journée, on nous a cité le fait suivant comme un trait remarquable de sang-froid: l'interprète attaché à M. le duc d'Aumale, M. Urbain, a constamment chargé l'ennemi à côté du prince, sans même mettre le sabre à la main, et occupé uniquement, au milieu des balles, à remplir ses pacifiques fonctions d'interprète.

On raconte qu'au plus fort de la mêlée, deux femmes, se précipitant hors d'une tente, se jetèrent à droite et à gauche sur les bottes du colonel de spahis Jusuf, et les tinrent fortement embrassées, en crient:-Aman! aman (pardon)!» Le colonel leur répondit de se retirer derrière les combattants et continua sa course. Un instant après, se voyant au milieu de tentes toutes blanches, il reconnut que c'étaient celles du douar d'Abd-el-Kader, et s'enquit aussitôt de la mère et de la femme de l'émir. Il apprit que c'étaient précisément les femmes qui venaient d'embrasser ses genoux. Il les fit aussitôt chercher; mais à la faveur du désordre, des cavaliers les avaient au même moment emportées en croupe loin de la zmala. Il paraît en effet hors de doute que la mère de l'émir, Lalla-Zahra; sa première femme, Lalla-Khrera-bent-bou-Talebi sa seconde femme Aïcha, qu'il a récemment épousée; ses deux fils et ses deux filles en bas âge, étaient encore dans sa tente, quand nos cavaliers ont envahi le camp. On avait pensé même qu'elles pouvaient se trouver sous un déguisement parmi les prisonnières; mais toutes les recherches faites à cet égard ont démontré le contraire, et les principaux prisonniers, détenus tant à la Maison-Carrée qu'à la Kasbah à Alger, ont déclaré, en prêtant serment sur le livre de Sidi-el-Bokhari, qu'elles n'étaient pas au nombre des captives.

Drapeaux arabes enlevés en même temps
que la zmala, et déposés le 1er juillet, à
l'Hôtel des Invalides.

Le 25 mai, la colonne expéditionnaire est rentrée à Médéah, ramenant 3,000 prisonniers, 2,000 boeufs, 14,000 moutons. Le 29, les prisonniers sont arrivés à la Maison-Carrée, près d'Alger dans le plus grand dénuement. Les plus marquants d'entre eux ont été immédiatement renfermés à Alger même, dans la Kasbah. Ceux dont se composait le dépôt de la Maison-Carrée ont reçu une distribution de chemises, de babouches et de vêtements. Embarqués plus tard en quatre convois, les 20, 22, 25 et 27 juin, au nombre de 2,215, sur les bateaux à vapeur l'Achéron, le Grondeur et le Cocyte, ils ont été renvoyés dans la province d'Oran, pour y être reconstitués en tribu sur le territoire qu'ils occupaient; mesure justifiée par la crainte du typhus, qu'inspirait l'encombrement de cette foule déguenillée, mais impolitique peut-être, puisqu'elle met de nouveau cette population en contact avec nos ennemis, tandis qu'il eût été facile de prévenir ce danger, en la dépaysant et l'établissant sur les portions soumises du territoire de la province de Constantine. Déjà, en effet, et dès les premiers jours de juin, Abd-el-Kader a reconstituée une nouvelle zmala, et l'a établie dans les mêmes contrées que l'ancienne, à Ben-Hammad, près de Goudjilah. L'émir, pour protéger sa famille contre nos attaques et contre celles des Arabes eux-mêmes, a besoin d'une garde, et cette garde n'est autre chose qu'une zmala.

Quant aux prisonniers de la Kasbah, hommes et femmes de distinction, appartenant tous aux familles les plus importantes du pays, ils ont été embarqués, le 22 juin, au nombre de 213 et 35 serviteurs, sur la corvette de l'État la Provençale, qui a mis à la voile le même jour pour les transporter en France, au fort de l'île Sainte-Marguerite, où ils demeureront détenus jusqu'à nouvel ordre.

Le même fort doit recevoir incessamment 50 autres prisonniers des plus notables parmi les Hachem-Gharaba. Ils ont été choisis et désignés par le général de La Moricière, que les Arabes ont surnommé Bou-Heraouah (le père La Trique), sans doute à cause des coups qu'il a portés à la puissance de leur chef, et de la mort duquel ils ont récemment fait courir le bruit, heureusement controuvé, comme pour faire le pendant de la nouvelle, également fausse, de la mort d'Abd-el-Kader.

Le Marabout Sidi-el-Aradj.

Les familles de Ben-Allal-ben-Embarek, de Bel-Khérouby, de Bou-Khehka, de Miloud-ben-Arrach, sont de précieux otages. Mais, de tous les personnages tombés en notre pouvoir, le plus considérable est un vieillard plus qu'octogénaire, Sidi-el-Aradj, Marabout le plus vénéré des Hachem depuis la mort de Sidi-el-Mahi Eddin, père d'Abd-el-Kader. C'est lui qui, à leur retour de Marseille, présenta à l'émir les prisonniers de la Sickak, et adressa à cette occasion de publiques actions de grâce au roi des Français. Chez les Hachem, ce vieillard à barbe blanche, qui a plusieurs fois contre-balancé l'autorité d'Abd-el-Kader, est le premier qui l'ait proclamé et fait reconnaître sultan. Le fils de Sidi-el-Aradj ayant été pris par le général de La Moricière, au commencement de mars 11842, on tira le canon à Mascara en réjouissance de cette capture. Le vieux marabout peut être entre nos mains, un instrument utile pour la pacification de la province d'Oran. Retenu en Algérie par l'état de sa santé, il est à désirer que son grand âge lui permette de supporter les fatigues de l'embarquement, et de venir visiter la France, dont la grandeur et la puissance ne sauraient manquer de faire une impression profonde sur un esprit aussi éclairé que le sien.

M. le capitaine Marguenat, officier d'ordonnance du duc d'Aumale, a apporté à Paris, le 26 juin, à M. le maréchal ministre de la guerre les quatre drapeaux enlevés en même temps que la zmala. La remise en a été faite, le 1er juillet, aux Invalides, par M. le lieutenant-général Durosnel, aide-de-camp du roi, accompagné de M. le capitaine Marguenat. Ces drapeaux ont été reçus, devant la garde assemblée, par le général Petit, commandant l'hôtel en l'absence de M. le maréchal Oudinot, et par le clergé des Invalides; puis on les a suspendus aux voûtes de la chapelle.

Le premier est le drapeau d'Abd-el-Kader: flamme en étoffe légère de soie, formée de trois bandes égales chacune de 0m 60, celle du milieu de couleur bleue, les deux autres cramoisie.

Le deuxième drapeau, ou plutôt étendard, est celui du khalifah Ben-Allal-ben-Embarek: flamme en étoffe de damas broché, formée de quatre bandes égales chacune de 0m 50, sur un développement de 3m; les bandes sont de couleur verte, jaune, cramoisie et jaune, entourées d'un effilé des mêmes couleurs, plus d'un effilé blanc.

Ces deux drapeaux étaient plantés, en signe de puissance, devant les tentes principales des membres des familles d'Abd-el-Kader et de Sidi-Embarek.

Le troisième drapeau est celui d'un bataillon d'infanterie régulière: flamme d'étoile légère de soie damassée, formée de trois bandes chacune de 0m 50, dont deux de couleur jaune, et celle du milieu en noir mal teint; sur chaque bande se trouve appliquée une main, signe du pouvoir et de la justice; celle du milieu est blanche et celles des deux autres bandes sont rouges.

Enfin, le quatrième drapeau est celui de l'agha de la cavalerie régulière: flamme en serge, formée de quatre, bandes chacune de 0m 36, alternativement de couleur rouge-garance et noire.