Bulletin bibliographique.
Essai sur les Légendes pieuses du Moyen-Age, ou Examen de ce qu'elles renferment de merveilleux, d'après les connaissances que fournissent de nos jours l'archéologie, la théologie, la philosophie et la physiologie médicale; par E.-L. Alfred Maury, membre de la Société des Antiquaires de France, de la Société Asiatique de Paris, etc. 1 vol. in-8. Paris, 1843. Lagrange.
Occupé depuis longtemps à rassembler les matériaux d'un grand travail sur la symbolique chrétienne, M. Alfred Maury eut fréquemment occasion de consulter les martyrologes et les légendes des saints. En les compulsant, il fut frappé à la fois de l'importance des renseignements de tout genre qui s'y trouvent consignés et du déplorable mélange qui s'y est opéré entre le vrai et le faux, entre des récits offrant tous les caractères désirables d'authenticité et de certitude et des fables absurdes, des contes incroyables, dont la moralité blesse souvent les sentiments les plus simples de justice et d'humanité. Il regretta vivement alors qu'il n'existât pas d'ouvrage ou fussent poses les principes d'un système de critique applicable à la majeure partie de ces légendes, et qui permit de discerner la vérité du mensonge, en éclairant ce chaos obscur, où il apercevait la possibilité de l'ordre et de la régularité. Aussi conçut-il l'idée de tenter lui-même ce qui n'avait pas encore reçu d'exécution, et chercha-t-il, par une comparaison longue et attentive une foule de vies de saints, à découvrir les bases de cette critique nécessaire. Tel est le résultat du travail qu'il vient de publier sous ce titre: Essai sur les Légendes pieuses du Moyen-Age.
Quelle méthode M. Alfred Maury a-t-il donc employée pour essayer d'atteindre ce but? Il a pensé qu'il devait avant tout s'efforcer de démêler, dans tous les faits soumis à son examen, l'idée qui paraissait avoir présidé à leur rédaction. Ces différentes idées ainsi obtenues, dit-il dans sa préface, je les ai classées entre elles de manière à les rapporter au moins grand nombre de chefs possible, et ces divisions générales, une fois formulées, m'ont fourni des principes élémentaires que j'ai pris pour base de ma critique. Ce sont ces principes élémentaires que cet essai est destiné à exposer. Ils se réduisent au fond à trois, lesquels ont encore entre eux une fort grande parente, et s'en confondent même en certains points.--On pourrait les énoncer ainsi:
«1º Assimilation de la vie du saint à celle de Jésus-Christ;
«2 Confusion du sens littéral et figuré, entente à la lettre des figures du langage;
«3º Oubli de la signification des symboles figurés, et explication de ces représentations par des récits au loisir ou des faits altérés.
Les trois premières parties de cet oeuvre sont consacrées au développement de ces trois principes. M. Alfred Maury ne se contente pas d'émettre des opinions plus ou moins contestables; tout ce qu'il avance, il le prouve à l'aide de nombreux exemples qui dénotent une érudition aussi profonde que variée. D'ingénieux rapprochements démontrent jusqu'à l'évidence aux plus incrédules quelle large place la fable a occupée dans la rédaction des légendes. Il ne suffit pas, en effet, au véritable critique de traiter un fait de faux et de controuvé, il lui faut encore remonter à l'origine de la confection du mensonge, en découvrir, autant que possible, les motifs.
Dans la quatrième partie, M. Alfred Maury passe en revue les garanties d'authenticité qui nous sont offertes par ces légendes. Il montre quelle distance énorme nous sépare, par la manière d'envisager les causes, de l'époque où une foule de faits incroyables étaient accumulés dans d'épais in-folio, destinés à nourrir la piété et la superstition du vulgaire. Il fait, selon ses propres expressions, «tomber les témoignages qui garantissaient l'exactitude de ces récits merveilleux, avec la poussière qui recouvre aujourd'hui ces fatras, où se cachent pourtant parfois des circonstances intéressantes et des détails véridiques.»
La conclusion de cet ouvrage nous ramène naturellement à l'introduction, dans laquelle M. Alfred Maury, tout en en analysant la marche, détermine la loi de la longue lutte de la raison et de la loi, de la science et de la théologie. Il y a dix-huit cents ans, l'Évangile disait au monde: «Heureux ceux qui croient sans avoir vu!» Il y a dix-huit cents ans, saint Paul écrivait aux Corinthiens: «Je détruirai la sagesse des sages, et je rejetterai la science des savants. Que sont devenus les sages? que sont devenus ces esprits curieux des sciences de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde?» Frappé de ces paroles, M. Alfred Maury en a vainement cherché l'accomplissement autour de lui, dans ce monde formé par le christianisme et qui n'a pas cessé de vivre en lui et par lui. «Vainement il a cherché un pays de la terre fidèle aux premiers enseignements de la foi; loin de là, il a trouvé la science partout en honneur, partout respectée, protégée par l'opinion publique, commandant aux nations ou donnant aux gouvernants leur plus ferme appui. La science, c'est-à-dire la raison, qui en est le fond et l'essence, est devenue, au contraire, comme un des plus nobles attributs de la divinité; elle sert à interpréter la foi et à pénétrer les mystères de la création; elle n'est donc pas détruite cette science, puisqu'elle trône au milieu des sociétés, qu'elle marche la compagne indispensable de toute doctrine, de toute croyance qui veut rencontrer de la conviction dans les esprits? On dispute sans doute encore sur ses conséquences, même sur quelques-uns de ses principes, mais chacun convient de sa supériorité. C'est en son nom que tout se fait, que tout s'édifie; elle est devenue la clef des intelligences, le levier de l'esprit humain. Quel singulier changement s'est-il donc accompli pendant ces dix-huit siècles, pour qu'il y ait entre la première voix qui s'éleva jadis et celles qui se font entendre à cette heure une si immense discordance? Quoi! le christianisme n'a pas cessé d'enseigner, et voila que le couronnement de cet enseignement est la raison et la science, tandis que, la première pierre avait été l'ignorance et la simplicité du coeur!» Après l'avoir exposée en ces termes, M. Alfred Maury se demande d'où vient une semblable opposition; il l'explique, il la justifie. Il nous fait assister à tous les progrès successifs et au triomphe définitif de la raison sur la foi simple et ignorante des premiers âges, et il reconnaît que cette victoire a été suivie d'excès déplorables; mais il prédit les conséquences heureuses et durables que, dans son opinion, elle doit avoir pour l'humanité.
Cet ouvrage n'est pas sans défauts, mais il se produit dans le monde savant et littéraire avec une modestie si franche que nous ne pouvons pas lui reprocher d'être parfois un peu obscur, incomplet et écrit d'un style trop négligé; il possède d'ailleurs de nombreuses et rares qualités. Le choix du sujet qu'il a traité, l'indépendance de ses opinions, son érudition et son bon sens assurent dès à présent à M. Alfred Maury une place distinguée parmi les critiques savants de son époque, et lui permettent d'avoir désormais «la prétention d'écrire un traité complet sur une matière entièrement neuve.»
Oeuvres choisies de Napoléon. 1 vol. in-18 de 500 pages, avec un portrait.--Paris, 1843. Belin-Leprieur. 3 fr. 50 c.
Les Oeuvres choisies de Napoléon, que vent de réimprimer en un joli volume in-18 l'éditeur de la Bibliothèque variée, ne renferment pas les précieux manuscrits retrouves à Lyon par M. Libri, et dont l'Illustration a déjà publié la partie la plus curieuse, les Lettres sur l'Histoire de la Corse. Divisées en cinq parties, la campagne d'Italie, l'expédition d'Égypte, le consulat, l'empire et les cent-jours, elles se composent seulement de tout ce que Napoléon a écrit de plus intéressant depuis son arrivée à l'armée d'Italie, en 1796, jusqu'à sa seconde abdication en 1815. Ce sont ses le lettres au directoire, à Carnot, à Joséphine, à Marie-Louise, aux souverains et aux généraux des États avec lesquels la France était en guerre, ses proclamations à ses armées ou au peuple français, ses ordres du jour, ses bulletins, ses discours, ses messages au sénat et au corps législatif, ses allocutions à sa garde, et enfin son acte d'abdication, et, après la bataille de Waterloo, sa noble lettre au prince régent d'Angleterre; en un mot, c'est l'histoire de tous les grands événements de sa vie, racontés par lui-même.
L'Empereur Napoléon, dit M. Auguste Pujol, dans une courte mais élégante introduction mise en tête du ce recueil, n'était pas seulement un grand capitaine, un grand politique, un grand administrateur, il était encore un grand écrivain. Nul n'a plus que lui étonné les hommes, et il les a étonnés autant par son langage que par ses desseins. De lui plus que de tout autre, on peut dire ce mot fameux: le style est l'Homme. Il écrit et il parle comme il agit; sa parole est une action qui s'exprime, son action une parole qui se réalise..
«Les mouvements successifs de sa pensée sont ce qui fait le mieux connaître cette âme extraordinaire; on l'y suit pas à pas dans son développement impétueux; on y voit naître, palpiter et grandir la volonté qui a soumis et soulevé le monde; et il n'y a pas un de ses mouvements intérieurs qui ne se révèle dans les transformations de son style.
«Jeune encore, il jette dans des oeuvres hâtives, incorrectes, le désordre d'idées qui le tourmente, où exhale en invectives passionnées son exaltation républicaine.. La langue à part qu'il se fait n'est encore qu'une ébauche. En Italie, il écrit au directoire des lettres pleines encore de l'inquiétude de sa jeunesse, mais où cette inquiétude n'est déjà plus que l'ardente préemption du génie... En Égypte, son esprit se colore fortement des teintes du climat; il prend dans les formes de sa parole le faste musulman... Consul, il s'attache de lui-même à régler sa fougue, il porte dans ses écrits l'ordre et le calme qu'il rétablit dans le pays tout entier... Empereur, sa voix s'élève aussi haut que sa destinée. Avec les aigles romaines et le manteau des Césars, il prend le tour bref et fier de l'antique langue impériale... Quand vient la période des revers, tout s'assombrit et s'efface à la fois pour lui; il trace d'une main affaiblie le récit de ses derniers combats, et ne retrouve ses élans accoutumés que pour ramener au vol l'aigle blessé de l'île d'Elbe à Paris. Vaincu, il termine sa vie publique par une lettre immortelle.
«Enfin, il a enrichi la littérature Française, déjà si riche, d'un nouveau genre où il est sans modèle et sans rival, la proclamation; il a créé une éloquence nouvelle après tant de triomphes oratoires, l'éloquence militaire. Sous ce rapport il est classique et mérite de prendre place au premier rang de nos écrivains; il a fait des proclamations comme Pascal des pensées, Bossuet des oraisons funèbres, La Fontaine des fables, et Molière des comédies; il est, dans ce genre, le premier et le dernier.»
Lucrèce, tragédie en cinq actes et en vers; par F. Ponsard. 3e édition. 1 joli vol. in-18.--Paris,1843. Fuene, 2 fr.
La belle tragédie de M. Ponsard a eu autant de succès à la lecture qu'à la scène. Trois éditions, épuisées en moins de quatre ans, prouvent que la France n'a pas encore perdu, comme on aurait pu le craindre, le goût des beaux vers, et qu'elle préférera toujours de nobles sentiments simplement, mais élégamment exprimés, à ces compositions sans nom que certains écrivains essayaient de lui faire accepter pour des chefs-d'oeuvre dignes d'être imités.--Heureusement cette contre-revolution littéraire, engagée au nom de la liberté et du progrès et soutenue dès son début par quelques jeunes gens enthousiastes, touche à son terme. La littérature comme en politique, comme en religion, l'esprit humain peut s'arrêter quelque temps au milieu de sa carrière, mais il ne rétrograde jamais; si longues que soient ses haltes, tôt ou tard il reprend sa marche et continue son oeuvre au point où il l'avait laissée. Malgré ses défauts Lucrèce aura eu la gloire de déterminer la France à quitter la fausse voie ou elle s'égarait à la suite du chef de l'école romantique et de ses principaux disciples. A ce titre seul,--et elle en a beaucoup d'autres,--elle mériterait donc de prendre une place dans toutes les bibliothèques d'élite; car, quel que soit l'avenir réservé à M. Ponsard, sa première tragédie restera toujours un des événements les plus importants de l'histoire du théâtre français au dix-neuvième siècle. Cependant, que deviendront les Burgraves? combien d'éditions a eues la fameuse trilogie de M. Victor Hugo?
Des Chemins de fer et de l'application de la loi du 11 juin 1842; par M. le comte Daru, pair de France. 1 vol. in-8. Mathias, quai Malaquais, 15.
S'il est une matière qui doive exciter à un haut degré l'attention des hommes d'État, des publicistes et des économistes, et appeler leurs méditations, c'est le système de chemins de fer que la France, pressée qu'elle est de toutes parts par les exemples des nations voisines, sent le besoin de créer chez elle. Aussi de nombreuses publications sont venues attester, depuis dix ans, que les esprits obéissaient à cette préoccupation; mais, il faut le dire, la plupart des tentatives faites jusqu'à présent étaient restées à l'état de théories, ou avaient donné lieu à des avortements successifs. La loi du 11 juin 1842, qui décréta le grand réseau des chemins de fer, est le premier pas régulier qu'on ait fait dans la voie de la réalisation; mais cette loi elle-même n'est qu'un instrument qui peut se briser dans des mains inhabiles, qui peut, comme, l'a dit M. Dufaure, faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal, suivant la manière dont il sera employé.
Les esprits sages doivent donc chercher le meilleur mode d'application de cette loi; car, remarquons-le bien, la solution donnée à toutes les questions qui avaient si passionnément animé les controverses antérieures n'est qu'apparente: dépouillez la loi, et vous retrouverez en présence l'État et les compagnies. L'État a un peu avance, les compagnies ont un peu reculé; mais, en définitive, en reconnaissant que l'État ne pouvait exécuter et exploiter, la loi a fait aux compagnies une belle part et les laisse encore maîtresses du terrain.
L'ouvrage que nous avons sous les yeux et qui est dû à la plume élégante et facile d'un pair de France de la génération nouvelle, a pour but de rechercher le meilleur mode d'application de cette lui du 11 juin 1842, qui, comme nous le disions plus haut, laisse entières les questions des rapports de l'État avec les compagnies. C'est le premier ouvrage de longue haleine qui ait été fait sur ce sujet, et, à ce titre, il a vivement excité l'attention publique.
L'auteur a divisé son livre en quatre parties:
Dans la première partie, il rappelle que le projet présenté par le gouvernement ne comprenait qu'un petit nombre de lignes, et un mode uniforme d'intervention des compagnies dans l'oeuvre qui devait être créée par l'État; mais ce projet ne sortit de la discussion des Chambres qu'avec l'adjonction d'un grand nombre de lignes; ce qui fit qu'au lieu d'être une loi d'application immédiate, comme le voulait le gouvernement, elle ne fut plus qu'une loi de principe, de classement. Quant au mode d'intervention des compagnies, l'amendement de M. Duvergier de Hauranne donna au gouvernement la faculté d'appeler à son aide les compagnies, sans rien stipuler sur le système d'intervention financière du trésor dans les différents cas.
Dans la deuxième partie, l'auteur passe en revue les divers motifs qui doivent influer sur le classement des lignes de chemins de fer, et il arrive à cette conclusion: «Que l'intérêt public qui s'attache à la création des chemins de fer est moins un intérêt commercial et stratégique qu'un intérêt politique et administratif; que c'est la circulation des hommes, et, avec les hommes, des idées; que c'est la circulation des ordres et dépêches du gouvernement qui constitue le but essentiel et l'objet fondamental des chemins de fer.» Tout en accordant à l'auteur que les chemins de fer serviront surtout les intérêts politiques et administratifs, nous ne partageons pas sa manière de voir sur le rôle de ces voies de communication, au point de vue stratégique et commercial. Sans doute le transport des troupes et surtout de l'artillerie et de la cavalerie exigera un matériel énorme et souvent peu en rapport avec l'exploitation habituelle du chemin; mais n'est-ce donc rien que de gagner quinze jours sur une marche de 300 lieues? D'ailleurs ne doit-on pas, sous peine d'être vaincu, opposer à l'ennemi des moyens analogues à ceux qu'il emploie? et si les peuples voisins trouvent dans leurs chemins de fer un mode de concentration rapide de leurs troupes, ne serait-ce pas abandonner l'intérêt stratégique que de ne pas nous créer un système aussi perfectionné que le leur? Quant au transit, si faible qu'il soit, c'est une branche de relations internationales qu'il serait d'une mauvaise politique d'abandonner, et que d'ailleurs il est possible d'augmenter, nous en avons la conviction, dans d'assez fortes proportions.
La troisième partie de l'ouvrage que nous analysons est consacrée à l'examen du mode d'exécution. L'auteur, après avoir rappelé les systèmes exclusifs qui ont été tour à tour préconisés et vaincus, et les avoir compares à ceux auxquels les différents États, tant d'Europe que des États-Unis, ont dû la création des chemins de fer, arrive à cette conclusion, que l'esprit d'association n'existe pas encore en France.
Cette conclusion n'est malheureusement que trop juste: l'esprit d'association n'est pas encore né en France; la centralisation administrative et la modicité des fortunes, telles sont les deux causes auxquelles ou doit attribuer ce fâcheux état des esprits; de là à l'intervention financière de l'État dans les grands travaux publics, la conséquence est naturelle. Cette intervention financière ne peut revêtir que trois formes: la garantie du minimum d'intérêt, le prêt, la subvention. L'auteur ne cache pas sa prédilection marquée pour la première de ces formes; cependant il ne la demande qu'en faveur des lignes qui doivent être fructueuses pour les compagnies, et on conçoit que dans ce cas l'État n'a jamais rien à craindre et donne une garantie morale qui ne doit grever en rien le Trésor. «La subvention doit, dit-il, être réservée aux lignes qui ne sont pas par elles-mêmes assez productives, et le prêt pour les compagnies déjà existantes et qui sont menacées d'une ruine prochaine. Ces trois modes d'intervention avaient déjà été mis en pratique par le gouvernement avant le vote de la loi du 11 juin. Maintenant l'intervention est différente: elle consiste à construire le chemin et à le livrer à une compagnie qui exploite sous certaines conditions.»
Dans la quatrième partie, M. le comte Daru traite réellement et exclusivement de l'application de la loi du 11 juin, et il arrive à conclure que l'État doit chercher à traiter avec des compagnies pour l'exécution des chemins de fer, thèse qu'il a si bien soutenue ces jours derniers à propos du chemin d'Avignon à Marseille; mais que si les compagnies ne se présentent pas, l'État doit marcher en avant et ne plus se borner aux travaux du chemin, mais aborder les fournitures de rails et de machines.
En résumé, l'ouvrage de M. le comte Paru est un traité à peu près complet, à un certain point de vue, de l'immense question des chemins de fer; son auteur l'a envisagée avec courage, et n'a dissimulé ni les inconvénients ni les avantages de la loi qui, selon lui, doit donner, si elle est bien comprise, un grand essor à l'esprit industriel en France.
Encyclopédie nouvelle, ou Dictionnaire philosophique, scientifique, littéraire et industriel, offrant le tableau des connaissances humaines au dix-neuvième siècle; par une société de savants et de littérateurs; publiée sous la direction de MM. Pierre Leroux et Jean Reynaud, 41e livraison mensuelle.--Paris, 1842. Gosselin. 2 fr.
La 41e livraison de l'Encyclopédie nouvelle, qui vient de paraître, contient la fin du tome IV et le commencement du tome V (le tome VIII et dernier est déjà complet). On y remarque, comme dans toutes les autres livraisons, plusieurs articles du plus haut intérêt et signés par des noms illustres: Encyclopédie, Épicerie, de M. Jean Raynaud; Épopée, de M. Edgar Quinet; Érasme, de M. Fortout; Descartes, de M. Renouvier: Épiscopat, de M, Haureau; Épargne, de M. Fabas; Engrais, de M. Cazeaux; Ennius, de M. Joguet; Épicurisme, de M. Mongin. Cette grande et utile publication, qui marche rapidement à sa fin, obtient tout le succès qu'elle mérite. Nous lui consacrerons plusieurs colonnes de l'un de nos prochains bulletins; aujourd'hui nous ne faisons qu'annoncer la mise en vente de sa 41e livraison, en apprenant à ceux de nos lecteurs qui l'ignoreraient, que les 8528 colonnes de ses 40 premières livraisons, qu'ils peuvent se procurer au prix de 82 francs, contiennent la matière de 82 volumes in-8.