Histoire de la Semaine.

Arlequin, dictant une lettre à son secrétaire, commençait sa dictée par: Virgule. La Chambre des Députés fait comme Arlequin: ses travaux commencent par un long repos. Elle en est encore à cette première phase; mais le jour de la discussion de son adresse approche, et le calme fera place aux orages.

Parmi les nouvelles extérieures, du reste assez peu abondantes, quelques-unes intéressent directement la France. Notre consul à Canton, M. le comte de Ratti-Menton, auquel un ordre de retour a été expédié dernièrement, par suite de son démêlé avec M. Dubois de Jancigny, a été reçu, le 6 septembre dernier, par le haut commissaire impérial de l'empereur de la Chine, décoré de sa ceinture jaune, signe distinctif de la parenté de ce fonctionnaire avec la famille impériale. La réception a été à la fois solennelle et affectueuse, et le haut commissaire impérial, ainsi que le vice-roi, ont adressé au consul de France et au commandant de l'Alemene de nombreuses questions sur le roi des Français, sur la famille royale, et sur les relations actuelles de la France avec les autres puissances de l'Europe. Ils ont répondu à la demande pour la France des avantages accordés à l'Angleterre, que puisque le gouvernement chinois en avait agi avec la Grande-Bretagne, malgré les anciens et récents démêlés, d'une manière aussi généreuse, le gouvernement impérial ne croyait pas devoir se montrer moins amical à l'égard de la France, «cet État illustre et puissant de l'Océan occidental, dit la réponse écrite, qui a entretenu paisiblement et amicalement des rapports avec la Chine pendant plus de trois siècles, sans la plus légère contestation et sans effusion de sang.» La lettre officielle du gouvernement chinois à notre ministre des relations extérieures porte pour suscription: «A Son excellence M. Guizot, grand ministre de France, chargé du département des affaires étrangères.» Elle se termine par la recommandation suivante: «Telle est la réponse que nous avons l'honneur d'adresser à l'illustre. ministre de France, le priant, pour éviter toute confusion, d'employer les mêmes termes dont nous nous sommes servis pour exprimer ses titres et ses pouvoirs.» Il résulte de là que M. Guizot sera obligé de signer grand ministre, sans quoi sa réponse ne sera pas reçue.--Ce n'est pas toutefois sur cette singularité chinoise, et sur l'épreuve à laquelle elle met la modestie de nos hommes d'État, que s'exerce la raillerie assez peu gaie, quoi qu'elle fasse, de la presse anglaise. Elle se rit de la peine que prennent M. de Ratti-Menton et de Lagrénée de se déranger pour demander ce que l'Angleterre avait obtenu pour eux. Elle trouve tout aussi ridicule le déplacement de M. Cusing, envoyé dans le céleste empire par le gouvernement américain; enfin, suivant le Times, tous ces diplomates retourneront dans leur pays pour se faire moquer d'eux de ne s'en être pas apparemment remis exclusivement de leurs intérêts au désintéressement britannique. Le roi de Danemark va à son tour s'attirer les mêmes moqueries; car il vient d'envoyer également à Canton le conseiller d'État Maglebye Hansen, gouverneur des possessions danoises aux Indes-Occidentales, pour donner une extension nouvelle aux relations commerciales qui existent entre le Danemark et la Chine. Nous sommes portés à croire que si l'empereur recevait moins bien nos ambassadeurs et ceux des autres puissances maritimes, si même il les faisait maltraiter, l'Angleterre en rirait moins haut peut-être, mais à coup sûr d'un rire plus franc.--On annonce, sans que les faits soient encore bien connus ni même bien constants, que l'Angleterre s'est emparée de la position de Diego-Suarez, la plus saine et la meilleure de l'île de Madagascar, sur laquelle la France a des droits dont le ministère de la marine et les Chambres ont plus d'une fois soutenu l'incontestabilité. En revanche, nous aurions pris possession de Mayotte, une des quatre îles qui composent le groupe des Comores, et cela par une concession volontaire de la part des indigènes, qui veulent échapper ainsi aux perpétuelles attaques des Malgaches. Le journal ministériel qui a annoncé cette nouvelle a ajouté que la rade et l'îlot de Ndraouzi assurent à Mayotte, déjà toute garnie de récifs par la nature, une des plus belles positions militaires et maritimes que la France puisse ambitionner sur la route de l'Inde et de la Chine. Fort bien, sans doute; mais pourquoi pas plutôt l'île de Madagascar?--Dans le courant de juillet dernier, l'Uranie, allant aux îles Marquises, a rencontré, dans la rade de Valparaiso, la Boussole, qui en revenait. Toute collision entre les Français et les naturels était apaisée; mais, à O'Taiti, les difficultés qui s'étaient élevées entre les Fiançais et le commodore anglais duraient encore.

C'est après demain, 15 janvier, que s'ouvriront à Dublin les débats du procès fait à O'Connell et aux autres chefs de l'association du rappel. La liste du jury arrêtée dans les premiers jours de ce mois présente fort peu de choses de salut aux accusés. On y compte, dit-on, douze radicaux et rappeleurs et trente-six whigs et tories, O'Connell paraissait avoir prévu ce résultat des manœuvres quand il disait, ces jours derniers, à Cork: «Supposez le jury de Dublin composé d'hommes loyaux et impartiaux, et l'affaire ne durera pas plus de quarante-huit heures; si, au contraire, il se compose de bigots et d'hommes de parti, et cela est très-probable, parce que la partie se joue avec des dés pipés, le résultat est clair, je descendrai au cachot; mais ce ne seront ni les barreaux, ni les verrous de ma prison, qui diminueront ma sollicitude pour la patrie et mon amour pour l'Irlande. Au contraire, ces sentiments affectueux ne feront que croître, car il est dans la nature de l'homme d'aimer précisément les objets pour lesquels il endure la persécution.»--Le 5 de ce mois, la voiture de la reine d'Angleterre a versé près du village de Norton. Cet accident n'a pas eu de suites fâcheuses.

Nous ne garantirons pas le même bonheur au char de l'État espagnol, que la reine Isabelle, ou plutôt le général Narvaez, nous paraissent engager chaque jour dans une voie plus périlleuse. On fait revivre la loi de 1840 sur les municipalités, loi qui a achevé de dépopulariser la reine Christine, et dont la promulgation a amené la crise qui l'a fait sortir d'Espagne. On espère sans doute que ce qui a si fatalement porté malheur à la mère consolidera la fille.--Pour le royaume de toutes les Espagnes, où les choses et les hommes vont et se conduisent si inexplicablement, cela peut être au fait un raisonnement comme un autre.--Une capitulation provisoire a été arrêtée le 30 décembre entre le baron de Meer et Ameller pour la reddition du fort de Figuières. Un aide-de-camp du capitaine-général est parti pour aller la faire approuver à Madrid. La suspension provisoire d'hostilités était de dix jours.

Il y a peu d'entente en ce moment en Allemagne entre les sujets et leurs gouvernements. Une émeute vient d'éclater à Furth en Bavière. En Prusse les dispositions ne sont pas plus favorables. Jusqu'à présent on avait laissé aux journaux allemands assez de liberté sur les événements armés dans les pays étrangers, mais le cabinet prussien a pris à cet égard une résolution inattendue. Il vient d'être ordonné de ne plus donner de louanges à O'Connell. Plusieurs directeurs de journaux allemands avaient fait des arrangements pour être bien renseignés sur le procès qui va s'ouvrir à Dublin. Le gouvernement prussien se déclare contre les catholiques irlandais, par crainte de l'exemple qu'ils pourraient donner aux catholiques des provinces rhénanes.--Le roi de Hanovre poursuit sa tâche jusqu'aux conséquences les plus excessives. Par une ordonnance publiée, il y a quelques jours, il défend aux bibliothèques publiques et aux cabinets de lecture de tenir aucun livre s'il n'a été préalablement et de nouveau présenté à un censeur créé dans ce but. Les journaux littéraires de toute l'Allemagne seront également soumis à un censeur spécial. Il est défendu aux libraires de recueillir des souscriptions pour des livres populaires, bien que ces livres ne puissent paraître sans l' imprimatur des censeurs. Le roi anglais n'aime guère la littérature allemande, et il est plus que probable que ses censeurs feront éloigner des bibliothèques toutes les œuvres de Schiller, Goethe, Jean Paul, Lessing, Herder, Sehnbart, Ulric von Hotten, enfin tous les écrits qui porteront la moindre teinte de liberté et de nationalité.

Il règne à Athènes une grande agitation dans les esprits, et cette disposition a d'abord donné lieu à penser que le feu qui, le 19 décembre, a consumé en quelques heures l'hôtel des affaires étrangères, y avait été mis par la malveillance. Il est constant aujourd'hui qu'il a pris par hasard et que ce désastre ne se rattache pas par conséquent à la tentative criminelle d'incendie dont le palais de l'Assemblée nationale avait été lui-même l'objet dans la nuit du 11.

Les temps maudits paraissent être arrivés pour la gent animale. Nous avons parlé, il y a peu de temps, de ces repas de viande de cheval auxquels se livrent en grand nombre et avec grand appétit des gastronomes allemands pour lesquels nos pauvres coursiers vont devenir de la chair à pâté. Aujourd'hui, voilà les rats qu'un acte de société menace d'une destruction beaucoup plus complète que celle qu'ont jamais entreprise.

La nation des belettes,

Non plus que celle des Chats.

Une commandite vient de s'organiser pour cette grande œuvre. Voici un extrait de l'acte passé devant Me Baget, notaire à Nauphle-le-Château (Seine-et-Oise), le 17 décembre 1843, enregistré. «M. Charles-Adrien Paris, destructeur de rats, demeurant à Nauphle-le-Château, et M. Edmé Frégé, aussi destructeur de rats, demeurant à Paris, ont établi entre eux une société en nom collectif pour la destruction des rats et des souris, s'étendant à toute la France, La raison sociale est: Paris et Frégé, la durée est fixée à vingt ans, à compter du 17 décembre 1843. L'apport social est de 500,000 francs.» Ce n'est pas tout, et si M. le ministre des finances a pu récemment faire annoncer, par le discours de la couronne, que l'équilibre si désiré allait être rétabli dans nos limites, c'est, dit-on, aux dépens des chiens que ce problème, qui semblait et qui semble encore insoluble aux incrédules, aurait été trouvé. M. le ministre va, assure-t-on, au budget de 1844, proposer un impôt sur la race canine. Déjà, depuis longues années, plusieurs conseils généraux réclament à chaque session pour l'établissement de cette taxe. On se rendrait enfin à leurs instances, et le chien de l'aveugle, celui du berger et du garde-champêtre seraient seuls exempts. Les conseils de départements qui se sont occupés de cette question y ont vu non-seulement une source nouvelle du produits, mais aussi un moyen de rendre moins fréquents les cas d'hydrophobie; car cette maladie se manifeste le plus ordinairement chez les animaux errants et sans maître, ne trouvant et ne prenant qu'une nourriture insuffisante et insalubre. Or, comme il n'y aura plus que des chiens domiciliés et patentés, et que tous ceux qui ne seront pas en mesure de pouvoir représenter à la première réquisition leur quittance, du percepteur, pourront et devront même être abattus, les chances de rage se trouveront concentrées Entre les contribuables classe de chiens qui présentera des garanties. Une ordonnance du conseil provincial du Brabant, du 26 juillet 1837, a établi cet impôt dans une partie de la Belgique. Il est progressif d'après la race des quadrupèdes. Le lévrier paie 35 fr., ou, plus exactement, coûte 35 fr. par an à son maître; le chien de chasse, 5 fr.; le vulgaire de la race canine n'est imposé qu'à 2 fr.

Les statisticiens n'ont pas perdu leur temps; ils viennent de s'exercer sur les bagnes. Ils y ont trouvé, au 1er janvier 1843, 7,309 forçats, ce qui donne sur le 1er janvier 1842 un progrès croissant de 401 galériens. C'est fort consolant. Ces messieurs se trouvent classés par professions, et nous y trouvons 5 ecclésiastiques, 7 fonctionnaires publics, 6 notaires; ils sont partages en célibataires, en hommes mariés et en veufs, et le vox soli de l'Évangile se trouve justifié: le garçon y domine; ils sont rangés par nature de crimes, et c'est avec douleur qu'on en voit 5 figurer avec l'annotation suivante: crime politique; ils sont répartis par départements, et celui de la Seine y figure pour le plus fort du tous les contingents (199), comme celui des Basses-Alpes pour le plus faible (23). Enfin, ils sont divisés par religions, et MM. les statisticiens, après avoir attribué au catholicisme, au luthérianisme, au calvinisme, au judaïsme, au culte anglican, à celui de Mahomet et à la secte anabaptiste, ce qui revient à chacun dans cet honorable troupeau, déclarent qu'ils oui trouvé neuf forçats sans religion. Nous aurions cru, en vérité, qu'il y en avait un bien plus grand nombre.

La mémoire du Casimir Delavigne reçoit de tous côtés l'hommage qui est dû au talent élevé et à l'honorable caractère de ce poète national. Son jeune fils sera élevé, aux frais de l'État, au collège de Henri IV, et sa veuve vient d'être inscrite pour une somme annuelle de 3,000 francs sur les Fonds de pensions et d'encouragements littéraires des ministères de l'intérieur et de l'instruction publique. Toutes les fois qu'on accorde une de ces pensions qui honorent en même temps et celui qui l'a méritée et le ministre qui a la justice de récompenser le mérite, un donne à ces mesures la plus large publicité. N'est-ce pas, comme on l'a déjà dit, faire le procès aux pensions que l'on tient secrètes, et reconnaître qu'il serait mieux de supprimer ce qu'on trouve bon de cacher?--Le conseil municipal du Havre, ville natale de Casimir Delavigne, a décidé qu'une souscription y serait ouverte pour lui élever une statue. Il a été arrêté en même temps que le nom du poète serait donné à un des quais de ce port.--Enfin les comédiens français, réunis en assemblée générale, ont décidé que son buste, exécuté par un de nos premiers artistes, serait placé dans le foyer public du la comédie.

Les travaux de l'église de Saint-Denis seraient terminés depuis longtemps si l'on n'avait successivement à refaire toute la partie artistique de cette inintelligente restauration. Nous avons déjà eu à annoncer que le Comité Historique des Arts et Monuments avait obtenu tout récemment, par ses instances, que l'on enlevât les moustaches et la barbe en pierre que l'architecte restaurateur avait mise à une statue de Marie, qui occupe le tympan du grand portail. Aujourd'hui l'Univers réclame la rectification d'une erreur absolument différente, commise sur une autre statue de la même église. Dans la chapelle Saint-Eugène, sur le retable du quatorzième siècle qui domine l'autel, on voit Jésus crucifié entre sa mère et saint Jean l'évangéliste. On a fait de saint Jean, sainte Madeleine. Puisqu'on vient de faire droit à la réclamation relative à la vierge Marie convertie en homme, ou écoutera, il faut l'espérer, celle qui concerne un apôtre métamorphosé en femme. --Les archives et la bibliothèque de la ville de Cambrai ont déjà fourni aux Sulpiciens chargés de publier la dernière édition des œuvres de Fénelon des lettres et des documents inédits très-précieux; mais que communication récemment faite à la Commission historique du département du Nord annonce une correspondance volumineuse et inédite de cet auteur avec une princesse Albertine de Salin.

Découverte du cœur de saint Louis,
à la Sainte-Chapelle.

La boîte trouvée dans le chœur sous l'ancien autel de la Sainte-Chapelle a cette semaine donné naissance à une polémique nouvelle à laquelle sont venus prendre part des combattants nouveaux. De tout cela la seule chose incontestable et la seule que l'Illustration puisse constater, c'est la découverte de la boîte. A qui a appartenu le cœur qu'elle renfermait? Là s'ouvre le champ des conjectures, et chacun de faire la sienne. Pour M. Letronne, il n'en veut pas mais, mais en revanche il ne veut pas admettre sans preuves celles que les autres font, et adorer sur parole, comme relique d'un saint, ce qui n'est peut-être que la cendre d'un mécréant. Ainsi M. le baron Taylor a beau dire: «Mais j'arrive de Montereale, où l'on m'a envoyé, et je n'y ai pas trouvé le cœur saint Louis: donc il était à la Sainte-Chapelle.» M. Letronne, un peu plus logicien, n'admet pas cette conclusion comme très-rigoureuse, et répond: «Monsieur le baron, si vous ne l'avez, pas trouvé à Montereale, cela prouverait tout au plus qu'il n'y est pas, et rien de plus.» «Mais, dit M. le comte Horace de Vieilcastel, si l'on nommait une commission pour aller chercher le cœur de saint Louis dans les anciens inventaires de l'abbaye de Poissy? Poissy n'est pas si loin que Montereale, et une commission raisonnera mieux que M, Taylor.» «M. le comte, répond M. Letronne, ne dérangez, personne; l'abbaye de Poissy n'a jamais possédé que le cœur de Philippe le Bel, avec cette inscription; C'y deden (dedans) est le cœur du roi Philippe, qui fonda cette église, qui trépassa à Fontainebleau, la veille de saint André, 1314.» M. Letronne rapporte à cette occasion l'embarras où se trouvèrent des archéologues, dignes ancêtres du plus d'un de nos prétendus antiquaires, qui découvrirent dans l'église d'Avon, près de Fontainebleau, une autre inscription qu'ils lurent ainsi; Ici gist le kœur de notre sire le roi de France et de Navarre, et le kœur de Jehanne, reine de France, et de Navarre, qui trépassa, etc. Voyez-vous ces messieurs avec deux cœurs de Philippe le Bel sur les bras? Mais ils ne s'étaient pas aperçus qu'au lieu de kœur il fallait lire keux (queux); en sorte que la tombe était celle du cuisinier de Philippe le Bel et de la reine Jeanne, sa femme.

Presque tous les journaux viennent d'annoncer que le conseil municipal a décidé que tous les anciens ouvrages, mémoires, manuscrits, registres, collections, et surtout le Livre des Métiers, de Boyleau, relatifs à l'histoire, aux mœurs, aux usages, aux coutumes de la ville de Paris, seraient réimprimés aux frais du budget municipal. Nous croyons que cette annonce est plutôt une proposition faite au conseil, qu'une décision enregistrée. S'il agrée la proposition, qui est bonne en elle-même, et qui est peut-être, sous ce rapport, préférable au proposant, que nous n'avons pas l'honneur de connaître, il fera bien de ne confier le travail qu'à un paléographe sérieux. Celui-ci se fera un devoir de lui épargner les frais des réimpressions qui pourraient être inutiles et de le prévenir notamment que le livre d'Étienne Boyleau a été réimprimé en 1837 dans la Collection des documents inédits sur Histoire de France. Il est vrai qu'il y porte le titre de Règlements sur les arts et métiers de Paris au treizième siècle, et si M. l'aspirant paléographe du la ville ne lit pas plus loin que le titre d'un volume, l'erreur s'explique d'elle-même.

Le Patriote jurassien a rapporté l'anecdote suivante: «Louis-Denis-Catherin Grosset, né à Dole, le 25 décembre 1750, ancien administrateur, ancien président du tribunal de Lure (Haute-Saône), mort à Crisey, le 22 août 1817, avait eu dans sa jeunesse un goût très-vif pour faire des armes; aussi avait-il la réputation d'un bretteur. Un jour qu'il était à Auxonne, il se prit de querelle avec Bonaparte, et se battit en duel avec lui. Lorsque Bonaparte fut arrivé au pouvoir, Grosset lui demanda un emploi. Sa requête contenait un singulier passage; «Si tu ne me connais pas, tu te rappelleras du jeune Dolois qui t'a donné un coup d'épée sur le rempart d'Auxonne.» Bonaparte, au lieu de se fâcher, fit droit à la requête de Grosset, et le nomma procureur impérial à Béfort.»

Les deux fauteuils vacants de l'Académie Française sont toujours le point de mire d'une foule d'ambitions littéraires et autres. Casimir Delavigne avait eu pour prédécesseurs dans le sien Serizay, Pellisson, Fénelon, de Boze, Clermont, Du Belloy, Doras, Cambacérès et Ferrand. Quel sera son successeur? M. Vatout a, dit-on, ses raisons pour croire que ce ne sera ni M. Alfred de Vigny, ni M. Sainte-Beuve, ni aucun des concurrents de M. Saint-Marc-Girardin au fauteuil de M. Campenon.

Nous n'avons qu'une mort à enregistrer, c'est celle de Maria Stella, cette femme qui se disait la véritable fille du due d'Orléans, père du roi, et prétendait avoir été changée, au moment de sa naissance, contre celui-ci, qui avait reçu le jour d'un geôlier d'une ville d'Italie. Maria Stella publiait de fréquents mémoires pour revendiquer la succession qu'elle disait lui appartenir, il est probable qu'elle eût volontiers transigé sur ses droits; mais elle sera peut-être morte sans que l'idée lui en soit venue.