Bulletin bibliographique.

L'Iliade et l'Odyssée, traduction nouvelle; par P. GIGUET. 2 vol. 7 fr.--1844. Paulin, libraire-éditeur, rue de Seine, 33.

Notre langue compte encore trop peu de traductions des poèmes homériques, et d'ailleurs ces traductions demeurent trop imparfaites pour que nous devions nous étonner du nouvel essai tenté par M. Giguet. L'art de traduire, fondé sur la parfaite intelligence des textes, ne date guère, en France, que du commencement de ce siècle, et l'on peut considérer les, versions antérieures comme des interprétations et des périphrases plutôt que comme des traductions véritables. L'épopée homérique surtout, la plus ancienne et la plus parfaite de toutes les poésies, présentait des difficultés de traduction telles qu'après nos deux siècles classiques, les lecteurs français en étaient encore réduits à madame Dacier dont la version reste un véritable chef d'œuvre auprès de celles de Bitaube, et surtout de Lamotte-Houdard.

M. Dugas-Monthet, car nous devons rendre justice à chacun, avait fait beaucoup mieux que tous ses devanciers: sa traduction, exacte et élégante, devait faire oublier celles qui l'avaient précédée. Cependant on peut dire que le nouveau traducteur, préoccupé surtout par le désir de l'agréable, avait encore trop francisé son modèle, et l'élégance de sa version avait été trop souvent achetée au prix d'infidélités et même de contre-sens. M. Giguet, profitant des fautes commises par ceux qui sont venus avant lui, approche davantage encore un texte grec; et n'ayant point, comme Lamotte et M. Bignan, l'ambition d'effacer son modèle, il s'efforce de conserver à Homère sa physionomie propre, plutôt que de lui donner un visage à la française.

«Après avoir fait (c'est M. Giguet qui parle lui-même) de l'épopée grecque, pendant au moins trente ans, l'objet le plus constant de sa prédilection littéraire, l'auteur a été entraîné par la nature de ses travaux, non plus à la lire, mais à l'étudier dans ses rapports avec l'histoire de la civilisation générale... Il fallait s'arrêter à chaque trait de mœurs, de costume; il fallait chercher l'interprétation dans Homère lui-même, par la comparaison avec les passages analogues; il fallait s'en rendre compte en remontant à l'époque que le poète a chantée, avec, ses idées comme elles ont du lui être inspirées, et non avec les idées et les connaissances des temps modernes.» (Avertissement, p. 11.)

C'est là, en effet, la grande supériorité de M. Giguet sur les autres traducteurs d'Homère; il a traduit l'Iliade et l'Odyssée, non-seulement avec la connaissance parfaite du grec, mais encore avec celle d'Homère en particulier; et, avant de commencer à traduire, il a voulu faire sur l'âge héroïque, sur l'âge de l'épopée les mêmes recherches historiques que d'autres ont faites sur l'âge de Periclès, à propos des tragédies de Sophocle ou d'Euripide. Cette étude approfondie a découvert bientôt aux yeux de M. Giguet toute une série de contre-sens encore inaperçus dans les anciennes traductions. On peut en voir, dans son avertissement, un curieux relevé, qui est comme le tableau comparatif des bévues successives et diverses de madame Dacier, Bitaube, Lebrun, Dugas-Monthet, Pope, Stolberg et Woss. Il est évident, par exemple, que tous les traducteurs que nous venons de nommer n'avaient point pénétré le véritable sens de la théodicée homérique. Les aperçus présentés sur ce point par M. Giguet sont aussi neufs qu'ingénieux, et ont tous les caractères de l'évidence.

«Les dieux, dit M. Giguet, ont les mêmes sens, les mêmes besoins, les mêmes appétits que les hommes. Ainsi il leur faut des aliments, il leur faut des parfums, il leur faut des sacrifices offerts par les mortels. S'ils prennent en affection un héros, un peuple, une ville, c'est que chez ce héros, chez ce peuple, dans cette ville, jamais leur autel ne manque de mets qui leur conviennent, de libations et de fumet de victimes; car telle est la récompense qu'ils ont reçue en partage. Enfin ils ne dédaignent pas de s'asseoir aux festins des hommes. De leur côté, les humains ont constamment recours à l'assistance des dieux pour lutter contre la violence des temps, contre la nature, contre le destin.

«Il y a donc ainsi entre l'Olympe et la terre un échange perpétuel de bons offices, nullement gratuits, mais intéressés. C'est une sorte de compte courant, et l'Iliade roule tout entière sur cette donnée... La religion héroïque est une sorte de fétichisme, non point abrutissant, comme celui du nègre, mais fondé sur la proche parenté des héros et des dieux. Les traducteurs français, non plus que les traducteurs étrangers, dont l'auteur a eu connaissance, ne donnent point une idée nette de la doctrine religieuse exposée par Homère. Tous sont influencés par nos notions sur la Divinité.»

M. Giguet a fait sur les mœurs, les coutumes, la géographie, l'art militaire, la politique d'Homère, la même étude que sur sa théologie; ayant, avec raison, considéré l'épopée grecque comme une encyclopédie complète de l'époque héroïque, il a voulu approfondir l'Iliade et l'Odyssée dans leurs moindres détails, et en pénétrer le sens véritable. Le lecteur trouvera, à la suite de l'Odyssée, une Encyclopédie homérique, sorte de résumé alphabétique des divers passages se rapportant à un même sujet, âme, dieux, crime, dessins, etc. Nous devons regretter seulement que la peur de paraître faire un système ait empêché M. Giguet de donner une plus grande extension à ce précieux appendice. M. Bignan n'avait pas craint d'écrire un essai démesuré sur l'épopée homérique, à cette seule fin de justifier sa traduction en vers de l'Iliade, Nous eussions voulu voir la même abondance aux idées meilleures de M. Giguet.

Ainsi, la traduction nouvelle se recommande à la fois par plusieurs qualités; la science doit y trouver son profit, non moins que la littérature; l'histoire obscure de l'âge héroïque et le texte d'Homère doivent à la fois recevoir de ce nouveau travail un grand éclaircissement.

Les éloges que nous avons déjà donnés à la version de M. Giguet rassureront d'ailleurs les esprits qui s'inquiètent de la poésie plutôt de l'histoire, L'auteur, persuadé de l'utilité de ses recherches savantes, n'a point oublie pour cela le texte même. Voici en quels mots il termine son avertissement: «Nous avons hâte de dire que l'auteur aurait commis une méprise étrange s'il avait pris pour but principal le perfectionnement accessoire qui vient d'être indique, s'il s'était assez préoccupé de cette sévérité de costume pour oublier que l'épopée grecque est, avant tout, un grand monument littéraire, et que c'est avec des formes littéraires qu'il faut tenter de la reproduire. Mais ces formes ne sont pas arbitraires; tout se lie dans les productions de l'art: le coloris de l'ensemble ne peut se concevoir indépendant du coloris des parties. Si l'on a donné un ton faux aux détails, l'effet en rejaillira sur l'œuvre entière, et plus on les aura peints avec vérité, plus on se sera rapproche de la sublime naïveté de l'original.

Il semble donc que M. Giguet a pris la route la plus sure pour faire une traduction littéraire; je veut dire qu'au lieu de s'ingénier loin du texte, il l'a serré le plus près possible, s'en rapportant à Homère lui-même du soin de l'élégance et de la poésie. N'était-ce point là le meilleur calcul?
A. A.

Histoire comparée des Littératures espagnole et française; par Au. Puibusque. 2 vol. in-8.--Paris, 1844. Dentu. 15 francs.

La littérature française a eu longtemps la prétention de ne rien emprunter aux littératures étrangères. Nos auteurs du siècle de Louis XIV, ceux qui ont fixé la langue et que nous appelons classiques, non-seulement à cause de la perfection de leurs ouvrages et de leur style, mais aussi parce qu'ils auraient, selon nous, étudié exclusivement les anciens, les deux Corneille surtout, et Molière, n'ont pas été si dédaigneux. Ils ont pris sans doute leur bien partout où ils l'ont trouvé, pour nous servir d'une locution connue, mais ils l'ont trouve chez les modernes aussi souvent que chez les Grecs et les Romains.

La littérature de l'Espagne, plus qu'aucune autre, a enrichi la nôtre. Ce dont nous avons à nous féliciter, c'est que le goût français ait toujours heureusement présidé à ces emprunts ou à ces restitutions, comme on voudra les appeler, et que notre littérature ait su s'approprier les trésors de l'étranger sans rien perdre de sa nationalité, de son originalité indigène. Je sais bien que c'est là un reproche plutôt qu'un éloge qu'on adresse quelquefois à nos grands poètes, d'avoir trop francisé les héros de l'antiquité comme ceux de l'histoire contemporaine; mais cette transformation n'est-elle pas le résultat d'une imitation indépendante? Au théâtre principalement, une traduction littérale est-elle possible? Les Anglais, les Espagnols et les Italiens respectent-ils beaucoup plus que nous la tradition antique, la vérité historique, le costume, les mœurs, etc? Non, les Romains et les Grecs de Lope de Vega, de Cervantes, de Calderon, sont Espagnols; ceux de Shakspere sont Anglais. Voyez le Coriolan de Shakespere transforme en fier gentilhomme, forcé de faire de la brigue électorale et s'indignant d'être réduit à presser de sa main aristocratique la main calleuse du savetier dont il quête la voix. Voyez le Coriolan de Calderon devenu un preux chevalier qui prend fait et cause pour les petites rancunes et la coquetterie de Veturie, sa maîtresse! Heureux le lecteur classique, quand il peut applaudir ça et là quelque pensée romaine, quelque sentiment romain dans la bouche de ces héros travestis! Mais il sied mal aux Anglais et aux Espagnols, dont l'Allemand Schlegel s'est fait le champion romantique, de dire que l'Achille de Racine est un grand seigneur de la cour de Louis XIV.

Les critiques de Schlegel ont cependant eu leurs échos en France, où l'on a trouvé très-plaisant de rire de M. le duc d'Agamemnon et de M. le marquis d'Orosmane. Dieu sait si ces messieurs qui ont tant ri sont plus fidèles à l'histoire, quand ils donnent un amant italien à Marie Tudor, ou quand ils font cacher dans une armoire le jeune Charles-Quint, qui, dans le peu de mois qu'il passa en Espagne, à son avènement au trône, eut tout juste le temps d'escamoter aux Cortès un vote de finances pour aller bien vite intriguer à la diète germanique; mais enfin, nous sommes d'avis qu'on ne peut trop étudier les mœurs et les coutumes nationales avant d'écrire pour le théâtre; nous apprécions beaucoup la couleur locale et nous applaudissons de grand cœur aux ouvrages qui, comme celui de M. de Puibusque, nous initient aux secrets des littératures étrangères.

L'Histoire comparée des Littératures espagnole et française a déjà, sous la forme d'une dissertation, obtenu une couronne académique. L'auteur ne s'est pas contenté de ce suffrage honorable: il a étendu son discours, il l'a complété par des intercalations et par des notes, et il a fait deux volumes qui sont certainement supérieurs au livre de Boutterweck, qu'ils rappellent quelquefois. C'est surtout dans le second volume, que M. de Puibusque examine l'influence réciproque de la littérature des deux peuples. Ses analyses et ses citations attestent des études approfondies; sa critique est ingénieuse, ses appréciations reposent sur des documents et non sur ces rapprochements vagues ou ces antithèses dont se contente trop souvent l'érudition superficielle. Le style a de la facilite, de l'élégance, et quoiqu'il abonde peut-être trop en métaphores, ce défaut est trop naturel lorsqu'on s'est imprégné des auteurs espagnols, lorsqu'on fait d'ailleurs de la prose académique, pour qu'on n'y habitue pas son lecteur. Ce qui nous charme dans M. A. de Puibusque, c'est la sincère impartialité qu'il a su conserver en jugeant les deux littératures. Il loue et blâme avec la même indépendance. Son admiration est toujours motivée, son goût n'est pas exclusif. Il comprend tout ce qu'il faut accorder aux exigences d'une nationalité étrangère. Lisez ses chapitres sur Antonio Perez, sur Voltaire et Balzac, sur l'hôtel de Rambouillet, sur les auteurs qui ont précédé chez nous Corneille et Racine. Le chapitre sur Scarron n'est pas moins heureux. Il était difficile de mieux faire connaître cet auteur original, qui est de tous les auteurs français, celui qui a le caractère le plus espagnol. Son burlesque est si naturel qu'il fait rire encore aujourd'hui. Il est tout simple que Scarron fît faire la moue aux précieuses ridicules de son temps, mais on comprend aussi sa popularité, je ne dis pas seulement chez les bourgeois, mais encore dans une cour qui devait quelquefois avoir besoin de rire au milieu de l'étiquette empesée dont s'environnait la dignité du grand monarque. Scarron prépara admirablement la transition à une gaieté plus fine, celle de Molière. Il faut l'avoir lu peut-être pour s'expliquer certaines licences de notre grand comique. M. de Puibusque compare mythologiquement Scarron à un faune au milieu des nymphes. Il oublie que ces nymphes venaient trouver chez lui ce cul-de-jatte bouffon: mesdames de Sévigné et de La Sablière, esprits délicats, s'il en fut, s'y rencontraient avec Turenne, Segrais, Mignard, etc.; Louis XIV, moins sévère que Boileau, fit jouer trois fois de suite son Héritier ridicule: Boileau lui-même aimait fort le Roman-Comique; enfin, ce faune, ce satyre, ce Trivelin littéraire: eut le grand mérite de suivre le grand principe de l'imitation en littérature; ses copies valent toujours mieux que le modèle; il a tué tous ceux qu'il a volés, et il a fallu le génie de Molière pour qu'il fut volé et tué à son tour.

Deux grandes questions out été très-bien traitées par l'auteur de l'Histoire des deux Littératures comparées, etc.: quelles ont été les obligations de Corneille à Guillen de Castro, et celles de Molière à Tirso de Molina? Le Cid espagnol est analysé en détail par M de Puibusque, qui nous fait aussi connaître les deux Don Juan de la Péninsule. Mais peut-être ici fallait-il accorder quelque chose de plus au Don Juan italien. Je soupçonne fort Molière de n'avoir connu le convive de Pierre que dans une imitation. Il savait trop bien l'espagnol pour traduire lui-même par festin le mot qui signifie convive. Peu importe d'ailleurs, car, selon son usage, Molière n'a pris que l'idée de la pièce italienne ou espagnole. Dans ce sujet étranger, il est aussi original, aussi français que dans le plus national de ses chefs-d'œuvre. Tout ce qu'il a conservé du texte primitif est détenu sien comme tout ce qu'il y a ajouté.

Don Quichotte et Gil Blas n'ont pas été oubliés par M. de Puibusque. Il ne pouvait s'empêcher de réfuter la prétention des Espagnols, qui veulent que Le Sage ait dérobé un manuscrit à quelque bibliothèque. Walter Scott nous semble avoir tranché la question: «Dans Gil Blas, dit-il, tous les matériaux sont espagnols, mais l'artiste est Français. Disputer à Le Sage son titre d'auteur original n'est pas plus logique que si l'on prétendait que Chantrey n'est pas un sculpteur anglais, parce qu'il a employé à ses statues et à ses bustes des marbres d'Italie.»

Donner l'analyse complète de l'ouvrage de M. de Puibusque serait difficile; il embrasse trop de sujets; nous diront que c'est un cours entier de littérature, et nous devons le recommander non-seulement à ceux qui veulent connaître les auteurs espagnols, mais encore à ceux qui ont quelquefois besoin d'étudier les modèles français.
A. P.

Cours de Droit administratif, première partie: Hiérarchie administrative ou de l'Organisation et de la compétence des diverses autorités administratives; par M. A. Trolley, professeur de droit administratif à la Faculté de Caen.--Paris, 1844. Joubert. 7 fr. le volume.

Diverses causes faciles à comprendre, mais inutiles à énumérer ici, ont donné au droit civil une incontestable, supériorité sur le droit administratif. «Est-ce à dire, cependant, se demande M. A. Trolley, après avoir constaté ce fait, que l'on doive nier la jurisprudence administrative et désespérer de son avenir?--A Dieu ne plaise! Nous n'avons pas son dernier mot, il est vrai, mais elle est en voie de progrès; elle se forme, elle grandit chaque jour; elle n'est plus à l'état d'essai; elle est maintenant à l'état de science. En effet, il ne manque plus à notre code constitutionnel que quelques lois promises par la charte.

Sans partager entièrement cette dernière opinion de M. A Trolley, nous reconnaîtrons volontiers, quant à nous, que la jurisprudence administrative a maintenant une base sur laquelle il est permis d'édifier. Si un code, trop longtemps désiré, reste encore à faire, le terrain commence à se déblayer; de Gerando a rassemblé les lois éparses; M. de Cormenin a réuni en faisceau ces grands principes que recèlent les textes et qui en sont le lien invisible. Grâce au Recueil et aux Tables de M. Duvergier, il devient plus facile de s'orienter et de trouver sa route. Partout on s'occupe davantage des affaires et des études administratives; des traités spéciaux ont été publiés par des jurisconsulte distingués; le conseil d'État a rendu et rend chaque jour des décisions importantes qui comblent les lacunes de la législation, et qui résolvent nettement les problèmes les plus difficiles; enfin le droit administratif a, depuis quelques années déjà, obtenu une chaire dans toutes les écoles, et son enseignement fait partie du programme universitaire.

M. A. Trolley, professeur de droit administratif à la Faculté de Caen, veut essayer à son tour de vulgariser, par ses écrits comme par sa parole, cette grande science dont l'enseignement lui est confié. Il entreprend un traité dogmatique et complet du droit administratif. La première partie de cette œuvre importante, intitulée Hiérarchie administrative n'aura pas moins de 3 volumes in-8 de 600 pages chacun. Les deux premiers ont paru au commencement du mois de janvier de cette année; le troisième est sous presse et sera mis en vente prochainement.

La Hiérarchie administrative commence par un titre préliminaire ayant pour titre Principes généraux. Ce livre se divise en trois chapitres. Dans le premier, M. A. Trolley expose aussi sommairement que possible les conditions actuelles du pouvoir exécutif et de l'administration; le second est consacré à une histoire sommaire du droit administratif; le troisième contient le plan de l'ouvrage.

Entrant alors en matière, M. A. Trolley examine, dans les deux Chapitres du livre 1er, la Division administrative et la Centralisation. Le livre II. des Agents administratifs, traite du roi, des ministres, des préfets, des secrétaires-généraux de préfectures, des sous-préfets, des maires, des auxiliaires de l'administration, comprenant d'une part les ingénieurs des ponts et chaussées, le corps royal des mines, le conseil des bâtiments civils, le corps spécial des architectes à Paris, les architectes de départements, les agents voyers et les vérificateurs des poids et mesures; et, d'autre part, les administrations financières, l'administration des contributions directes, l'agence de perception, l'administration de l'enregistrement et des domaines.

Le chapitre 8 du livre II, qui termine le tome II, s'occupe exclusivement de l'administration des douanes. Le tome III, dont la mise en vente est prochaine, renfermera la suite des administrations financières et les corps délibérants.

Annuaire de l'Économie politique pour 1844.--1re année, 4 fr. 25 c. Paris, Guillaumin et Pagnerre.

MM. Guillaumin et Pagnerre ont publié au commencement de l'année 1844 un Annuaire de l'Économie politique. C'est une heureuse idée qui a recueilli de imites parts les plus honorables suffrages. Il est toujours utile, en effet, de vulgariser la science. Le principal but de leur publication est de constater annuellement les progrès des doctrines économiques, de suivre les oscillations de la population, l'état des finances et la marche du budget, les progrès des caisses d'épargne et des Institutions de prévoyance ou de charité, l'extension du commerce intérieur et extérieur de la France, l'accroissement des voies de communication, telles que routes, canaux, chemins de fer; le mouvement du crédit public, les améliorations de l'instruction publique, etc. L'Annuaire donnera également chaque année des notices raisonnées sur les plus importantes questions de la science: sur les monnaies, les postes, les octrois, les expositions de l'industrie, etc. Il dressera, en un mot les annales du travail agricole, manufacturier ou commercial, l'état de ces populations, qui sont à la fois le but et le moyen de ce travail.

Histoire du Chemin de Fer de Paris à Rouen; par M. R. de P...; ornée d'une belle carte routière, par A. H. Dufour. Paris, 1844. Dumoulin. 2 fr.

Ce titre n'est point vrai: au lieu de l'Histoire du Chemin de Fer de Paris à Rouen, M. R. de P... a fait l'histoire beaucoup plus intéressante de tous les pays que traverse le chemin de fer, ou en vue desquels il passe. Ce petit volume, écrit avec élégance et rempli de faits curieux, est un compagnon de voyage aussi utile qu'agréable. Heureux donc les touristes qui, sur notre recommandation, l'auront admis dans leur société. Malheureux ceux qui se mettent en route sans s'être munis d'un Itinéraire.

Figure allégorique de Février.--Les Poissons.