Bulletin bibliographique.

Les Caractères ou les Mœurs de ce Siècle; par La Bruyère. Nouvelle édition collationnée sur celle de 1696.--Paris. 1 vol. in-8. Lefevre.

«C'est un sujet continuel de scandale et de chagrin pour ceux qui aiment les bons livres et les livres bien faits, que de voir avec quelle négligence les auteurs classiques se réimpriment journellement.» Ainsi débute l'avertissement dont M. Auger a fait précéder plusieurs éditions, néanmoins fort négligées, des Caractères de La Bruyère. M. Lefevre, qui les avait publiées, a pensé qu'il était possible de mieux faire que n'avait fait son éditeur. Il l'a tenté et il y a facilement réussi. Il a suivi très-évidemment la neuvième et dernière édition, publiée par l'auteur en 1696; il a eu le soin de reproduire avec fidélité toutes les dispositions typographiques auxquelles l'auteur avait eu recours pour rendre sa pensée plus claire, et même de faire regraver en ancien signe typographique qui n'existait plus depuis longtemps dans les casses d'imprimerie, appelé la patte de mouche, signe qui indique que l'auteur passe à une autre idée, et que, sans néanmoins entamer un chapitre nouveau, il veut séparer ce qu'il va dire de ce qu'il vient de terminer plus nettement que par un simple alinéa.

Toute cette partie matérielle est irréprochable. Mais l'éditeur nous paraît avoir reculé devant les soins que demandait une amélioration bien autrement importante, Quand La Bruyère publia, en 1688, la première édition de son livre, il l'intitula les Caractères de Théophraste, parce qu'en effet la traduction du moraliste grec formait la plus grande et la première partie du volume, et il ajouta avec les Caractères ou les Mœurs de ce Siècle, parce, qu'à la suite de sa traduction, qui occupait la plus belle et la plus large place, il glissa timidement une addition peu en vue, où, auteur inconnu et homme du monde encore peu répandu, il esquissait quelques-uns des rares caractères qu'il avait pu étudiée jusque-là. Mais bientôt un plus grand nombre d'originaux passèrent sous ses yeux; bientôt surtout les attaques dont il devint l'objet échauffèrent sa verve, et, d'édition en édition, de la seconde à la neuvième, on peut établir la progression du ses observations et de la vivacité de ses traits. Voilà ce qu'il eût été curieux pour le lecteur de lui montrer; voilà ce qu'il aurait fallu le mettre à même de suivre, en indiquant par des notes au bas des pages, ou par un chiffre gravé sur le fond noir de la patte de mouche, le numéro de l'édition dans laquelle parurent les additions successives.

Elles devinrent bientôt assez nombreuses et assez importantes pour que le moraliste français n'eût plus besoin d'introducteur auprès du lecteur, et pour que Théophraste se trouvât relégué au second plan.

S'il reste encore à se livrer à ce travail pour donner une édition complètement satisfaisante de La Bruyère, celui qui voudrait en publier une définitive aurait à entreprendre de bien autres recherches pour recueillir des détails biographiques sur l'auteur. Ce ne serait pas les dictionnaires historiques qu'il lui faudrait feuilleter; car, à commencer par la Biographie universelle, ils ne consacrent à La Bruyère que quelques lignes dont chacune renferme au moins une erreur. L'auteur de la plus ingénieuse notice sur lui, M. Sainte-Beuve, a dit: «On ne sait rien ou presque rien sur La Bruyère... S'il n'y a pas une seule ligne de son livre unique qui, depuis le premier instant de la publication, ne soit venue et restée en lumière, il n'y a pas, en revanche, un détail particulier de l'auteur qui soit bien connu. Tout le rayon du siècle est tombé juste sur chaque page du livre, et le visage de l'homme qui le tenait ouvert à la main s'est dérobé.» Pour entreprendre des recherches avec quelques chances de résultat, il faudrait donc compter plus sur les documents manuscrits que sur les livres imprimés; mais rien ne serait à négliger, car une erreur dont ou arrive à trouver l'explication vous met la voie de la vérité. La notice qui est en tête du nouveau volume ne renferme absolument rien de nouveau, et se tait sur des circonstances que nous ont fait connaître des recherches que nous n'avons cependant pas poussées très-loin.

La Revue rétrospective avait signalé une lettre non recueillie de La Bruyère au comte de Bussy, imprimée dans la correspondance de celui-ci, à la date du 9 décembre 1691; le nouvel éditeur ne l'a point omise cette fois, mais il a négligé de faire ressortir les points biographiques et d'histoire littéraire qu'elle peut servir à mettre en lumière. La Bruyère y remercie le comte de Bussy des efforts obligeants, mais vains néanmoins, qu'il a tentés pour le faire entrer à l'Académie française. «Les altesses à qui je suis, dit le pensionnaire de l'hôtel de Condé, seront informées de tout ce que vous avez fait pour moi, monsieur. Les sept voix qui ont été pour moi, je ne les ai pas mendiées, elles sont gratuites; mais il y a quelque chose à la vôtre qui me flatte plus sensiblement que les autres.» En se reportant à la chronologie historique de l'Académie française, on voit que cette compagnie perdit Benserade le 19 octobre, 1691; c'était donc lui qu'il s'agissait de remplacer, et un passage de l'éloge de Pavillon, son successeur, par l'abbé Tallement, nous fait connaître comment Pavillon l'emporta sur ses concurrents qu'il ne nomme pas. «Je n'oublierai pas ici la manière extraordinaire et nouvelle dont il fut mis à l'Académie française. Je lui avais souvent dit qu'une place dans cette célèbre compagnie lui convenait extrêmement, surtout puisqu'il n'était guère occupé. Mais sa modestie le retenait, et les sollicitations qu'il croyait nécessaires l'en avaient toujours détourné. L'Académie se trouva balancée entre deux personnes qui partageaient les voix, et formaient deux partis qu'on ne pouvait accorder. Je ne sais par quel instinct il me vint dans l'esprit de parler de M. Pavillon; mais, des que je l'eus nommé, il se fit un applaudissement général. On abandonna les deux partis auxquels on paraissait si attaché, et tout se réunit en un moment en faveur d'un mérite qui parut supérieur à tout autre. Cette élection peu usitée étonna tout le monde, et M. Pavillon, à qui j'en portai la nouvelle, en fut lui-même dans une, surprise qui n'est pas croyable; mais, vaincu par la manière obligeante d'un tel choix, il fut très-sensible à l'honneur qu'il en recevait, et son remerciement fit connaître avec éclat et la grandeur de sa reconnaissance et la justice d'une si singulière élection.» Pavillon fut reçu le 17 décembre 1694 En rapprochant cette date de celle de la lettre de La Bruyère, on voit que cette qualification de singulière est bien la plus honnête que cette nomination puisse recevoir, et que c'est, sans doute aucun, l'auteur des Caractères qui fut un des deux candidats auxquels Pavillon fut préféré tout d'une voix, comme d'un mérite supérieur à tout autre.

En poursuivant ces rapprochements, on pourrait montrer plus tard La Bruyère tirant vengeance, non pas de cette préférence injuste, mais de mauvais procédés qui en furent comme le complément. Ce ne fut que deux ans après qu'il fut admis à prendre seance à l'Académie. De nombreuses cabales avaient fait différer jusque-là cet acte de justice, et elles seraient parvenues à en obtenir encore l'ajournement, si son concurrent, Pelisson, n'eût eu la délicatesse de se retirer devant lui au moment même de l'election. Le discours de réception du nouvel élu fut l'objet des plus violentes attaques, et La Bruyère, en les repoussant dans la préface de ce morceau avec le mépris qu'elles lui inspiraient si légitimement, dit qu'elles étaient dirigées en secret par des académiciens. «Il faut les nommer, dit-il: ce sont des poètes. Mais quels poètes!... Des faiseurs de stances et d'élégies amoureuses; de ces beaux esprits qui tournent un sonnet sur une absence ou sur un retour, qui tout une épigramme sur une belle gorge, un madrigal sur une jouissance.» Ne faut-il pas voir là une désignation assez claire de ces mêmes Pavillon et Tallement, qui vous traçaient le Portrait du pur Amour, et vous rédigeaient une Gazette galante, datée De l'Ile des Passions, ce 1er du Mois d'Inclination.

Il existe dans la collection d'autographes de M. Moumerque une lettre adressée à l'abbé Bossuet, neveu de l'évêque de Meaux, à la date du 21 mai 1696, dans laquelle se trouvent des détails sur la mort de La Bruyère, dont on ignorait jusqu'à la date certaine, et sur laquelle l'abbé d'Olivet n'avait recueilli et n'a donné que des renseignements fort peu exacts.

«... Je viens à regret à la triste nouvelle du pauvre M. de La Bruyère que nous perdîmes le jeudi 10 de ce mois, par une apoplexie, en deux ou trois heures, à Versailles. J'avais soupé avec lui le mardi; il était gai et ne s'était jamais mieux porté. Le mercredi et le jeudi même, jusqu'à neuf heures du soir, se passèrent en visites; il soupa avec appétit, et, tout d'un coup, il perdit la parole; sa bouche se tourna, M. Fagon, M. Fœlix et tous les médecins de la cour vinrent à son secours. Il montrait sa tête comme le siège de son mal; il eut quelque connaissance. Saignée, émétiques, lavement de tabac, rien n'y fit; il fut assisté jusqu'à la fin de M. Gaïon, que M. Fagon y laissa, et d'un aumônier de M. le prince. Il m'avait fait boire à votre santé deux jours auparavant; il m'avait lu des Dialogues qu'il avait faits sur le Quiétisme, non pas à l'imitation des Lettres provinciales, car il était toujours original, mais des dialogues de sa façon. Il disait que vous seriez bien étonné quand vous le verriez à Rome; enfin il parlait toujours de cœur. C'est une perte pour nous tous: nous le regrettons sensiblement.»

L'auteur de cette lettre eût été plus exact en donnant la date du 11 à la mort de La Bruyère, qui en effet fut frappé le 10 au soir, mais ne mourut qu'après minuit, ainsi que le prouve son acte de décès, sur la trace duquel ces renseignements précis mettaient naturellement. Le voici: «Extrait du registre des actes de décès de la paroisse Notre-Dame de Versailles. Ce douzième de mai mil six cent quatre-vingt-seize, Jean La Bruyère, écuyer, gentilhomme de monseigneur le duc, âgé de cinquante ans ou environ, est décédé à l'hôtel de Condé, le onzième du mois et auque dessus, et inhumé le lendemain dans la vieille église de la paroisse, par moi soussigné, prêtre de la mission, faisant les fonctions curiales, en présence de Robert-Pierre de La Bruyère, son frère, et de M Charles Laboreys de Bosbèze, aumônier de son altesse la Duchesse, qui ont signé, et de M. Huguet, concierge de l'hôtel de Condé, qui ont signe.»

Ce dernier document prouve que jusqu'ici les biographes de La Bruyère, qui ont tant varié sur la date de sa naissance, et qui se sont trouvés d'accord sur la date assignée par eux à sa mort, n'ont pas plus rencontré la vérité dans leurs contradictions que dans leur unanimité, mais il est évident surtout, par les résultats auxquels nous ont fait arriver des recherches qui n'ont été ni bien nombreuses ni bien persévérantes, que si un éditeur de La Bruyère avait à cœur de remplir complètement sa mission, il parviendrait, avec un peu de suite dans ses efforts, à nous tracer la vie ignorée de l'auteur des Caractères.

T.

Des Tendances pacifiques de la Société européenne, et du Rôle des Armées dans l'Avenir; par le capitaine Ferdinand Durand. Deuxième édition, augmentée d'une nouvelle préface. 1 vol. in-8.--Paris, 1844. Dumaine. 6 fr.

La dissertation de M. Ferdinand Durand, intitulée: Des Tendances pacifiques de la Société, européenne, et du Rôle des Armées dans l'avenir, a paru pour la première fois en 1841: elle est réimprimée telle qu'elle avait été publiée à cette époque. Fidèle à la devise de l'Illustration, l'actualité, nous ne nous occuperons donc, en annonçant cette seconde édition, que de sa partie vraiment nouvelle, c'est-à-dire de sa préface.

M. Ferdinand Durand défend son livre contre les attaques auxquelles il a été exposé. C'est à tort qu'on l'a accusé de vouloir tuer l'esprit militaire; on lui fait trop d'honneur, en vérité. Ce qui tue l'esprit de la guerre en France, c'est le progrès des sciences politiques et sociales, c'est l'industrie et le commerce. Ne doit-on pas s'en féliciter? Est-il une pensée plus consolante pour l'homme que celle qui lui montre la vie terrestre comme une marche incessante vers un état meilleur, vers un état de paix et d'association?

De ce fait découle naturellement une importante question d'économie politique. Les armées permanentes peuvent-elles rester toujours ce qu'elles sont actuellement, très-nombreuses ou exclusivement organisées pour combattre? La raison publique, l'intérêt des nations, répondent non. Cependant les gouvernements croient encore à la nécessité de se tenir prêts à se faire la guerre, bien que les nations désirent conserver la paix. Ne devrait-on pas, pour dédommager les nations, pour mettre d'accord leurs intérêts et les restes de velléités guerrières des gouvernants, utiliser les loisirs des années en les consacrant à l'exécution de grands travaux civils?

Telle est l'opinion de M. Ferdinand Durand. D'après des calculs qu'il croit plutôt au-dessous de la vérité qu'au-dessus, l'Europe a dépensé, depuis 1830 seulement, pour l'entretien de ses armées et du ses flottes de guerre, la somme de 25 milliards de francs «Avec cette énorme masse d'or, dit-il, on aurait sillonné l'Europe de chemins de fer et de canaux; on aurait amélioré le lit de tous les fleuves, reboisé les hauteurs, défriché toutes les terres incultes, assaini les marais, embelli nos villes, etc... On aurait ouvert ainsi aux nations des Sources immenses de nouvelles richesses, et, par conséquent, de bien-être. Que reste-t-il aujourd'hui de ces 23 milliards consacrés à des provisions de guerre, qui moisissent ou se rouillent dans nos magasins, dans nos arsenaux, et dont l'entretien coûte encore très-cher?»

Après avoir réfuté les principales objections de ses adversaires contre l'emploi de l'armée dans les grands travaux publiques, M. Ferdinand Durand passe rapidement en revue «tout ce qui manque à la France sous le rapport matériel, tout ce qu'il lui faudrait encore de travaux pour que la misère, source de tant de crimes, ne rongeât plus héréditairement le quart de sa population, pour qui les maladies endémiques ou épidémiques ne vinssent plus périodiquement la décimer, pour que les inondations ou les sécheresses ne détruisissent plus chaque année une partie de ses récoltes; et enfin, pour que les habitants du beau pays de France, dont la prospérité est proclamée si hautement par quelques heureux du siècle, pussent, non pas jouir d'un bien-être complet, mais seulement recevoir leur pain quotidien.» Les travaux innombrables touchent à tous les points du sol; ce sont: l'achèvement des routes royales, départementales, vicinales; l'achèvement de nos lignes de navigation, la création d'un système de canaux d'irrigation; le reboisement du sol, l'exécution des chemins de fer, le défrichement des landes, l'assainissement des villes, etc., etc.

M. Ferdinand Durand a eu raison de le dire au début de son introduction, «une idée nouvelle, offrit-elle dans sa réalisation les avantages les plus positifs, les plus grands, n'est jamais adoptée qu'après de longues discussions et de vives résistances; à sa naissance, elle est toujours accueillie avec une défiance presque générale, et quelquefois avec un méprisant dédain. Les masses populaires, les hommes éclairés eux-mêmes, la repoussent sans prendre souvent la peine de l'examiner. La postérité aura-t-elle à nous reprocher aussi l'aveuglement routinier qui entrava si longtemps la marche du progrès? Comme dans un passé plein d'ignorance et de superstition, attachons-nous sur le rocher, les Prométhées nouveaux? N'aurions-nous jamais que la ciguë pour les Socrate? que la croix pour les Jésus de l'avenir? La prison s'ouvrira-t-elle encore pour les Roger Bacon et les Galilée? la misère sera-t-elle toujours le lit de Kepler? les sarcasmes et les quolibets, celui des Saint-Simon et des Fourier? N'est-il pas temps enfin que nous, si fiers de nos lumières, si vains de notre civilisation, bien imparfaite encore cependant, nous brisions ce lit de Procuste où nous voulons tout mesurer, hommes et choses?»

La Ciguë, comédie en deux actes et en vers; par M. Émile Algier.--Paris, 1844. Furne. 1 vol. in-18. 1 fr. 50.

La Ciguë a paru cette semaine à la librairie Furne dans le même format que Lucrèce. L'Illustration a déjà analysé et loué (page 179 de ce volume) la spirituelle comédie du petit-fils de Pigault Lebrun. Nous n'y reviendrons pas aujourd'hui. Constatons seulement que M Émile Augier a obtenu, connue M. Ponsard, autant de succès à la lecture qu'à la représentation. Cette charmante édition de la Ciguë a sa place marquée sur les tables de tous les salons de Paris et de la province. Les gens de goût et d'esprit, qui ne peuvent aller à l'Odéon, éprouveront un vif plaisir à s'assurer par eux-mêmes que les éloges de la presse parisienne n'ont point été exagérés, et que ce brillant début promet à la France ce qu'elle attend et ce qu'elle espère en vain depuis si longtemps: un poète comique.

Réponse à la Note sur l'état des forces navales de la France, suivie de quelques considérations sur la marine et le commerce; par M. G. de la Landelle, ancien officier de marine.--Paris, 1844.

La première partie de cette brochure est une réponse à la Note du prince de Joinville, sur l'état des forces navales de la France. M. G. de la Landelle résume ainsi lui-même la discussion à laquelle il se livre:

En cas de collision navale, la guerre d'agression, la course semble être le vœu de l'auteur de la Note.

Il voudrait appliquer à ce système la marine à vapeur, dont il demande l'extension sur une vaste échelle.

Jusque-là, nous avons complètement partagé ses opinions fondamentales.

Mais dans le dessein d'atteindre un but louable, il réduirait la flotte à voiles à des proportions exiguës, il supprimerait en quelque sorte les vaisseaux de ligne.

Nous ne pensons pas qu'il convienne de se priver si prématurément de cette armée défensive, qui devrait constituer notre corps de réserve jusqu'à ce que l'expérience d'une guerre ait décidément tranché la question de sa plus ou moins grande utilité.

Enfin, l'auteur de la Note veut, au moyen de croisières de frégates, obtenir la réduction de nos petits bâtiments stationnés sur les rades étrangères.

Ici, nous accepterions comme un bienfait les croisières vigilantes qu'il demande, mais en regardant la suppression des bricks et corvettes comme une grande imprudence et un véritable malheur.

Dans les considérations sur la marine et le commerce qui suivent la Réponse, M. de la Landelle signale une foule de plaies honteuses, saignantes, qu'il ne nous est pas permis de montrer ici. Il a cru faire œuvre de bon citoyen en parlant haut et en ne déguisant rien de ce qu'il savait.

Les Lois nouvelles annotées; par MM. Loiseau et Ch. Vergé, avocats à la Cour Royale.--En vente: la Loi sur la Chasse, 75 c.; la Loi sur les Patentes, 75. c.--4 fr. par an, toutes les les lois de l'année; rue des Maçons-Sorbonne, 11.

Faire connaître et surtout faire comprendre les lois nouvelles, en répandre la lettre, en expliquer l'esprit, tel est le double but de cette publication. A dater de la session de 1844, les lois nouvelles annotées paraîtront en volumes sépares, au moment même de leur insertion au Bulletin des Lois. Une introduction historique, un commentaire, des notes explicatives, l'analyse des exposés des motifs, rapports et discussions parlementaires, la doctrine des auteurs, la jurisprudence, les nouvelles circulaires et les instructions ministérielles, accompagneront toujours le texte de chaque loi.

Aucuns jurisconsultes n'étaient plus capables de bien diriger cette utile entreprise que ces deux jeunes avocats qui rédigent avec tant de talent et de succès, sons la direction de M. Mignet, le compte rendu mensuel des séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques.

Mémoires de la Société royale d'émulation d'Abbeville. 1841, 1842, et 1843».--Abbeville.

La Société royale d'émulation d'Abbeville vient de publier en un fort volume in-8 les principaux résultats de ses travaux pendant les années 1841, 1842 et 1843. Parmi les articles dont se compose ce recueil, nous avons remarqué une longue dissertation sur l'éducation du pauvre, par M. Boucher de Perthes, président de la société; la Sténographie musicale, ou méthode simplifiée pour l'enseignement, la lecture et l'écriture de la musique et du plain-chant, par M. de Rambures; des recherches archéologiques sur le Crotoy, par M. A. Labourt, et des vers de M. Pougerville. La Société royale d'émulation d'Abbeville continue à se maintenir au rang où elle s'est placée parmi toutes les sociétés de ce genre dont s'honore la France.

Modes.--Calèche à grandes guides.

Étude de mœurs.--Décidément,
je ne suis pas dans une belle position