Algérie.

LE TELL ET LE SAHARA ALGÉRIENS.--POSTES AVANCÉS SUR LA LIMITE DES DEUX RÉGIONS.--INVESTITURE DES CHEFS KABYLES.--HOSTILITÉS SUR LA FRONTIÈRE DU MAROC.--EMBARQUEMENT DES TROUPES A TOULON ET A PORT-VENDRES.

La chambre des députés a consacré ses séances des 5 et 6 juin à la discussion du projet de loi tendant à ouvrir au ministre de la guerre, en 1844, un crédit extraordinaire pour subvenir à l'entretien en Algérie des 15,000 hommes qui s'y trouvent en excédant de l'effectif déterminé par le budget. Deux graves questions avaient été soulevées par le rapport de la commission chargée de l'examen de ce projet: d'une part, celle du maintien d'une caisse coloniale distincte du trésor de l'État; de l'autre, celle de la conservation des postes permanents de Zebdou, Saïda, Tiaret, Teniet-el-Had et Boghar, dans la partie occidentale de nos possessions. Sur la première, la Chambre a ajourné sa décision jusqu'à la discussion du budget. Elle s'est prononcée sur la seconde à une forte majorité, contrairement à l'avis de sa commission, qui avait propose de renfermer la ligne de notre occupation permanente dans une limite plus centrale, sur les cinq points de Tlemcen, Mascara, Orléansville, Milianah et Médeah. La loi a été adoptée par 190 boules blanches contre 55 boules noires.

Ce vote, appelé peut-être à exercer une heureuse influence sur les destinées de notre conquête, est dû en partie à deux solides et remarquables discours de MM. de Corcelles et Gustave de Beaumont, non moins qu'aux savantes investigations d'un membre de la commission scientifique de l'Algérie. M. le capitaine du génie Carette vient en effet de publier et de distribuer aux Chambres l'extrait d'un ouvrage manuscrit qu'il a remis au ministère de la guerre, et qui a pour titre: Recherches sur la géographie et le commerce de l'Algérie méridionale. Dans cet écrit plein d'observations et de faits, M. Carette a le premier porté la lumière la plus vive sur une contrée avant lui inexplorée, en même temps qu'il a résolu le problème de la limite naturelle de l'Algérie un sud, problème si intéressant pour l'extension comme pour la consolidation de notre empire africain. Grâces à une enquête poursuivie par lui sans relâche, pendant un séjour de trois années tant dans la province de Constantine que dans la régence de Tunis, il est parvenu à nous initier aux mystères du Sahara algérien, au delà duquel n'apparaît plus qu'un désert incommensurable. Les deux cartes qui accompagnent son important travail ne laissent plus à cet égard la moindre incertitude, surtout quand on n'ignore pas qu'elles oui été composées avec plus de six mille itinéraires dressés sur les témoignages consciencieusement contrôlés des habitants mêmes du pays. Nous savons enfin aujourd'hui, par la démonstration géographique de M. Carette, jusqu'où notre conquête peut s'étendre, et quelles limites il lui est désormais interdit de franchir.

L'ancienne régence d'Alger est partagée en deux zones: le Tell, l'ancien Tellus romain, le pays des céréales (dix mille lieues cariées environ), comprenant la région fertilisée par de nombreux cours d'eau, à peu près quatre militons d'habitants, et deux cent cinquante lieues de côtes sur une profondeur de quarante lieues. Au sud du Tell, le Sahara algérien ou région des palmiers, que nous appelions le désert avant de le connaître, et qui comprend dix-sept mille lieues carrées, avec quatre-vingt mille habitants.

Le Tell se décompose lui-même en deux parties que les indigènes désignent par les noms de Sahel et de Shakh. Sahel signifie littéralement bord, rivage. C'est en effet cette partie montagneuse du littoral qui borde la Méditerranée. Shakh est le pluriel du mot sehkha; c'est le nom donné aux plaines de sel, et les indigènes l'appliquent par extension à toute la zone plate, composée en partie de bassins fermés qui règnent entre les montagnes du Sahel et la chaîne de séparation du Tell et du Sahara.

Le Tell, ou l'Algérie septentrionale, produit les céréales et la laine brute. Le Sahara, ou l'Algérie méridionale, produit des fruits et des étoffes de laine. Le Tell conserve, pendant l'été, de l'eau et des pâturages; les landes du Sahara ne se couvrent d'eau et de pâturages que pendant l'hiver. Il résulte de ces diverses propriétés que chaque année le Sahara est obligé de venir demander au Tell de l'herbe pour ses troupeaux, du pain et du travail pour ses habitants.

Toutes les tribus du Sahara obéissent à cette loi impérieuse de leur existence. C'est vers la fin du printemps que commence le mouvement général de migration, et, comme ce mouvement est aussi régulier dans ses détails que dans son ensemble, l'Algérie présente tous les ans, à la même époque, un curieux spectacle. Toutes les populations du Sahara s'acheminent lentement vers le Nord, emmenant avec elles toute la cité nomade, les femmes, les chiens, les chameaux, les troupeaux et les tentes, tandis que les habitants du Tell s'acheminent, mais individuellement, vers le Sud, n'emportant que des marchandises, et laissant la famille aux champs paternels. Les tribus du Sahara passent l'été dans le Tell, où règne, pendant ce temps, une grande activité commerciale. La fin de l'été donne le signal du départ, signal accueilli avec joie, parce qu'il annonce le retour au pays natal. On charge les chameaux, on ploie les tentes, les cités ambulantes se mettent en marche vers le Sud, à petites journées, comme elles sont venues, et arrivent dans le Sahara à l'époque de la maturité des dattes, c'est-à-dire vers le milieu d'octobre.

Les lieux qui servent de théâtre à ces congrès périodiques de tous les producteurs algériens sont des points d'une importance incontestable, véritables centres de domination, dont le cercle d'activité, embrassant le Tell et le Sahara, s'étend de la Méditerranée au désert. Les marchés où s'arrête cette marée annuelle sont, en quelque sorte, les ports du Sahara; ils reçoivent tous les arrivages des îles ou des oasis du désert algérien. C'est là que les intérêts du Sud viennent se rattacher aux intérêts du Nord; c'est là que, de tout temps, des droits étaient perçus: le teksa (droit d'entrée du Tell), le meks (droit de marché), la lezma (impôt, droit de répartition sur la tribu); c'est de là enfin, connue le dit M. Carette, que l'Algérie méridionale peut être conduite à longues guides.

Chacun de nos postes avancés, dans la province de l'Ouest (Oran), est aujourd'hui à portée de l'un de ces marchés, qui réunissent annuellement les deux régions. Boghar commande lu marché des Ouled-Mokhtar; Temet-el-Had, le marché des Ouled-Aïad; Tisrey, le marché des Loha; Saïda, le marché des Djafras; Sebdou, celui d'El-Gor. En s'y établissant d'une manière permanente et définitive, on est le maître de l'Algérie entière, au Nord comme au Sud. L'expérience n'a-t-elle pas d'ailleurs prouvé déjà l'utilité de l'occupation de ces postes-frontières pour asseoir notre domination? N'est-ce pas de Hoghar, de Teniet-el-Had, de Tiaret, de Saïda, où Abd-el-Kader lui-même s'était d'abord établi, que sont parties les expéditions qui ont pu renverser la fortune de cet ennemi aussi persévérant qu'habile, atteindre le haut Chélif, détruire quelques mois plus tard ses derniers réguliers avec son principal khalifah, le chasser du Tell dans le Sahara algérien, et du Sahara dans le Maroc, lui ravir ses moyens d'impôt, de recrutement, d'autorité, assurer de la sorte, derrière notre armée, une sécurité et des facilités coloniales que l'on jugeait impossibles il y a trois ans?

Importants sous le rapport politique et commercial, ces postes avancés ne le sont pas moins sous le rapport militaire, comme point d'appui et de ravitaillement pour nos colonnes expéditionnaires. Celles-ci n'ont pas cessé, pendant les mois d'avril et de mai, de sillonner, dans tous les sens, l'Algérie; et, au 1er mai, les troupes composant l'effectif de l'armée étaient toutes en campagne.

La plus importante des expéditions a été celle qu'a dirigée le gouverneur général en personne dans les montagnes kabyles de l'est d'Alger, pour soumettre ou détruire les tribus de l'ancien kaïdat turc de Sabaou, placées encore sous l'autorité de Ben-Salem, le khalifah d'Abd-el-Kader. A la suite de deux engagements sérieux, les 12 et 17 mai, les rassemblements des Kabyles ont été dispersés.

Après le combat du 17 mai, les Flissah ont fait leur soumission; tous les chefs, conduits par le petit-fils du plus célébré de leurs anciens cheikhs, Ben-Zamoun, vinrent à notre camp, situé sur l'un des points les plus élevés de leurs montagnes. Ils crurent devoir s'excuser d'avoir combattu, et ils le firent en ces termes: «Nous ne pouvions nous dispenser de combattre pour défendre nos foyers; nos femmes n'auraient plus voulu nous regarder, ni préparer nos aliments. Nous avions d'ailleurs promis à Ben-Salem de mourir avec lui, s'il voulait mourir avec nous. S'il eût tenu sa parole, nous nous serions fait tuer jusqu'au dernier; mais il a fui au commencement de l'attaque; nous ne lui devons plus rien.

Il ne reparaîtra plus dans nos montagnes, et nous serons aussi fidèles à la parole que nous vous donnons qu'à celle que nous lui avions donnée.»--Le gouverneur général leur répondit qu'il les estimait davantage pour avoir bien combattu; que les braves guerriers étaient toujours loyaux, et qu'il comptait sur la fidélité au serment qu'ils allaient prêter au roi des français.--Les Kabyles ont, il est vrai, parmi les Arabes la réputation d'être religieux observateurs de leur parole.

Tous les points de la soumission étant réglés, on a procédé, le 21 mai, à l'investiture des chefs principaux et secondaires. La musique jouait, le canon annonçait aux fiers montagnards que le petit-fils de Ben-Zamoun, Sid-Ali-ben-Hussein, acceptait la loi de la France, et avait revêtu le burnous du commandement. Il a été nommé agha des Flissah, tribu composée de dix-neuf fractions, présentant entre elles au combat 8 ou 10,000 hommes armés. On leur a adjoint la confédération des Guechtoula, et plusieurs autres petites tribus habitant au bord de la plaine.

Sous le gouvernement des Turcs, les aghas, avant d'entrer en fonctions, recevaient un breve et, selon l'importance de leur commandement, un burnous ou une gandourah (espèce de chemisette en tissu de laine mélangée de soie, à laquelle sa finesse donne l'aspect de la mousseline, et dont on couvre la tête du fonctionnaire, en le proclamant lors de son investiture); ils recevaient, en outre, un cachet gravé aux frais du beylik et destiné à tenir lieu de signature au bas des ordres émanés d'eux. Ils payaient eux-mêmes au trésor une somme en argent, à titre de droit d'investiture, ainsi que des gratifications à certains fonctionnaires, comme le droit de burnous (hak el burnous), le droit de brevet (hak el thedir). Par compensation, les aghas percevaient des tribus placées sous leurs ordres un droit de joyeux avènement (ferah), au moment même de leur nomination, puis, quand ils passaient dans les tribus, et tout le temps que durait l'exercice de leurs fonctions, des redevances en nature (dhifah), cadeaux d'hospitalité déterminées par l'usage et consistant en grains, volailles, bestiaux, beurre, bois et charbon. Les chefs subordonnés à leur autorité étaient directement nommés par eux, et leur payaient, à leur tour, un droit d'investiture.

Aujourd'hui les principaux aghas sont nommés par ordonnance royale. Au moment de leur investiture, ils prêtent entre les mains soit du gouverneur général, soit des généraux commandant les provinces et délégués par lui, un serment dont la formule est traduite en arabe, et qui est ainsi conçu: «Je jure sur le livre saint (le Koran) placé sous ma main de servir fidèlement le roi des Français et d'obéir exactement aux commandements du général commandant la province, ou à ceux qui me seront de sa part transmis par les généraux sous ses ordres. Je jure d'employer, en toute circonstance, mon autorité d'agha pour le plus grand bien des affaires, et comme il convient à un homme de bien.» Ensuite les aghas reçoivent un burnous d'investiture, avec un brevet en français et en arabe, signé par le ministre de la guerre. Il est dressé de leur prestation de serment un procès-verbal, au pied duquel le général appose sa signature et l'agha son cachet. Les aghas touchent un traitement fixe qui varie, suivant leur importance, depuis 12,000 jusqu'à 4,000 fr.; il leur est accordé aussi une part d'un dixième dans les prises faites sur l'ennemi, et ils sont dispensés de tout droit d'investiture.

Les trois aghaliks ainsi organisés et définitivement constitués par ordonnance royale du 11 juin forment l'un des plus beaux et des plus riches territoires de l'Algérie; il paraît être l'un des plus peuplés, s'il est vrai qu'on y compte 40.000 hommes armés.

Les soumissions du kaïdat de Sebaou et des Flissah, complétées par celle de Ben-Omar, frère de Ben-Salem, ont permis à M. le maréchal Bugeaud, immédiatement après la cérémonie du 25, d'aller s'embarquer à Dellis, escorté par tous les chefs qui avaient reçu l'investiture. De retour à Alger le 27, il en est reparti le 31 pour se rendre à Oran, avec quelques bataillons et une section d'artillerie de montagne. De graves événements ont motivé ce départ précipité, en même temps qu'une concentration de forces imposantes sur la frontière du Maroc.

D'après les dernières nouvelles apportées à Paris par le courrier d'Afrique du 6 mai, les dispositions hostiles du Maroc se seraient déjà manifestées par une agression armée. Muley-Abd-el-Rahman, vaincu par les sollicitations de l'ex-émir et du consul d'Angleterre, se serait enfin décidé à donner officiellement à Abd-el-Kader l'investiture de khalifat, avec le commandement de la province du Riff, la plus orientale de celles qui reconnaissait l'autorité de l'empereur. Cette province s'étend depuis Thaza, à l'ouest, jusqu'à l'Oued-Momdah à l'est. Elle comprend un groupe berbère assez considérable, situé sur le littoral, qui compte de vingt à trente mille fantassins, et, au sud, des Arabes nomades dont la cavalerie s'élève à dix molle hommes. Muley-Abd-el-Rahman aurait, dit-on, déjà envoyé sur la frontière un corps de huit mille hommes, et donné ordre à son fils aîné, gouverneur de la province dont Fès est la capitale, d'organiser au plus tôt un second corps de dix mille hommes, dont il doit prendre le commandement pour soutenir et appuyer l'émir. Le prétexte de cette levée de boucliers serait la violation du territoire marocain par l'établissement du poste frontière de Lalla-Maghma, vis-à-vis d'Oudjda, poste qui est certainement installé sur le territoire algérien, à deux lieues en dedans de ses limites. Un bruit circule d'ailleurs dans le Maroc. C'est que l'ex-consul anglais aurait promis à Muley-Abd-el-Rahman l'appui politique de la nation dont il est le représentant, et même son intervention dans le cas où la flotte française viendrait à opérer un débarquement ou à bombarder les villes de la côte.

Par une dépêche datée du camp de Lalla-Maghma, le 30 mai, dix heures du soir, M. le lieutenant général du Lamoricière rend compte au ministre que son camp a été attaqué le jour même à l'improviste par plusieurs milliers de cavaliers marocains, qui ont été complètement, mis en déroute et repoussés vers Oudjda. Voici, d'après le récit de deux prisonnier échappés au sabre de nos chasseurs, le cause de cette brusque attaque: Un personnage allié à la famille impériale et nommé Sidi-el-Mamoun-ben-Chérif, est arrivé le matin même à Oudjda avec un contingent de 500 Berbères envoyés de Fès par le fils de Muley-Abd-el-Rahman. Sidi-el-Mamoun, emporté par un ardent fanatisme, et stimulé par les partisans d'Abd-el-Kader, a déclaré qu'il voulait au moins voir de près le camp des chrétiens, et s'est mis en marche, malgré la résistance et les observations du gouverneur d'Oudjda, El-Djenaoui, qui, tout objectant les ordres du l'empereur, n'osait opposer un refus absolu à un prince de la famille impériale. L'indiscipline des Berbères, le fanatisme de la cavalerie nègre se sont exaltés de plus en plus en présence des troupes françaises, et le combat s'est engagé.

Quoi qu'il en soit de ce récit, la guerre existe de fait. M. le maréchal Bugeaud avait certainement envisagé la situation comme très-grave, puisqu'il s'est rendu lui-même en toute hâte sur les lieux, et qu'il a fait diriger de nouvelles troupes sur Tlemcen. Les troupes de la subdivision de Mascara, commandées par le maréchal de camp Tempoute, et la colonne partie récemment de la province de Litteri sous le commandement du colonel Eynard, sont à la frontière en mesure de faire leur jonction avec celles aux ordres du maréchal de camp Hedeau et du lieutenant général de Lamorière, auxquels le général Bourjolly et le colonel Cavaignac ont également envoyé des renforts. Outre les troupes transportées d'Alger à Oran par les bateaux à vapeur l'Acheron, le Cuvier et le Labrador, deux bataillons du 36e régiment de ligne ont reçu l'ordre de s'embarquer ce mois-ci à Toulon pour Alger, et deux bataillons du 14e à Port-Vendres pour Oran. Enfin, M. le prince de Joinville va porter son pavillon du contre-amiral sur l'un des vaisseaux de l'escadre de Toulon, d'où il doit appareiller le dimanche 16 juin, pour se rendre avec ce vaisseau, accompagné d'une frégate à vapeur, de deux bâtiments à vapeur de moindre force et de plusieurs bâtiments légers en croisière sur les côtes de l'État de Maroc.

Le croquis que nous publions d'un embarquement de soldats a été dessiné à Toulon, où ont été également recueillis les détails suivants:

Lorsqu'un passage doit s'effectuer sur un bateau à vapeur, on embarque les troupes à Castigneau, où se trouve amarré le bateau près de la plage, à dix minutes de la ville. Là, un sous-intendant militaire, assisté d'un commissaire du marine, d'un officier du bord et d'un adjudant du la place, procède à l'appel. Passagers et soldats sont logés sur le pont. S'il y a des couchettes pour les passagers de première classe ou autres, les officiers en ont ordinairement une, pourvu qu'ils ne soient pas trop nombreux. Dans le cas contraire, on fait des emplacements avec de la toile. Bien des passagers préfèrent, à cause de cela, prendre passage sur les gabarres ou tout autre bâtiment ponté. Les armes et bagages des régiments sont placés dans des caisses et embarquées à l'avance. Le soldat n'a sur lui que son havresac, un sac de campement et une couverture en laine roulée au-dessus de son sac de régiment, ou quelquefois en sautoir, comme les officiers portent leur manteau. Les officiers supérieurs sont, admis à la table du commandant du navire; les autres officiers, depuis le grade de capitaine, à celle de l'état-major. Les soldats ont la ration de bord. Ils se munissent ordinairement d'un verre en fer-blanc, appelé quart, mesure de ce qu'on leur distribue de vin, ainsi que d'une cuiller pour manger la soupe, précautions que le mal de mer rend la plupart du temps inutiles.

Investiture d'un Khahfah, un Scheik recevant un burnous.

Embarquement du troupes, d'après un dessin original de M. Letuaire de Toulon.