Bulletin bibliographique.

L'Ultramontanisme ou l'Église romaine et la Société moderne; par M. Edgar Quinet. 1 vol. in-8.--Paris, 1844. Paulin. 4 fr. 50 c.

Sous ce titre, M. Edgar Quinet vient de réunir et de publier en un volume les leçons qu'il a faites cette année à son cours du collège de France. Qui n'a entendu parler du succès obtenu par l'éloquent professeur? Rien n'y a manqué, ni la foule qui se pressait aux portes longtemps avant leur ouverture, ni les applaudissements des auditeurs, ni les visites à domicile, ni les souscriptions collectives pour une médaille d'honneur, rien, pas même l'opposition des jésuites. L'effet a été immense. Après avoir lu cet ouvrage-, nous qui n'avons pas eu le bonheur d'entendre M. Edgar Quinet, nous comprenons maintenant pourquoi ses leçons ont excité de tels transports de sympathie et de reconnaissance. L'influence sera grande aussi. Jamais, peut-être, un enseignement plus élevé et plus utile n'avait attiré et retenu au collège de France les esprits distingués qui, dans ce siècle d'égoïsme, se préoccupent encore sincèrement des développements futurs de la révolution française.

L'année dernière, M. Edgar Quinet s'était contenté de réfuter le passé; aujourd'hui il s'avance beaucoup plus loin. Dans son opinion, le jésuitisme a compromis le catholicisme; il craint que le catholicisme ainsi engagé ne compromette le christianisme. Tel a été son point de départ. Mais sans rester au point de vue critique, il a marqué des fondements réels. En face de chacune des idées de l'ultramontanisme, il a élevé une autre idée plus vraie, plus féconde, plus religieuse. Il n'a critique le passé qu'en montrant les indices de l'avenir.

L'Espagne considérée comme le royaume catholique par excellence, les résultats politiques du catholicisme en Espagne, l'Église romaine examinée et jugée aux points de vue de ses rapports avec l'État, la science, l'histoire, le droit, la philosophie, les peuples et l'Église universelle, forment les sujets des neuf leçons de M. Edgar Quinet. Malheureusement, la réserve imposée à l'Illustration, en sa qualité de journal universel, nous interdit toute analyse d'un livre qui sera évidemment mis à l'index par la cour de Rome. En joignant ici nos éloges aux applaudissements des auditeurs de M. Edgar Quinet, en nous associant complètement et sans restriction, pour notre part, à ses protestations contre le passé, à sa critique du présent, à ses aspirations vers un avenir meilleur, nous devons nous borner à citer un court passage de l'Ultramontanisme, qui suffira pour faire comprendre la tendance et l'intérêt de ce remarquable ouvrage.

«Quand la question est ainsi posée par la nature des choses, et que l'on veut y échapper, on prononce un mot, un mot formidable qui a la magie de paralyser les cœurs: l'État moderne est athée; la loi est athée; la France, en tant que France, est athée! A ces mots, les fronts les plus fiers se courbent; beaucoup acceptent en silence cette condamnation, et les adversaires s'imaginent avoir flétri pour toujours l'esprit des révolutions et des institutions modernes. C'est ici, en effet, qu'est toute la question.

«Ah! quand je ne connais dans le monde d'institutions athées que celles des bohémiens errants, sans foyers, sans patrie sous le ciel est-il bien vrai que ce soit là tout l'esprit des nôtres? Ce serait là, en vérité, une politique sans espoir, un droit sans nuit, un jour sans lendemain. Ils croient frapper ainsi l'avenir de mort civile. Mais quoi! parlons tranquillement!

«Quand, dans la vieille France, la violence était dans les mœurs et dans la loi; quand les privilèges, les inégalités sociales, les servitudes de la terre et des hommes; abrégeons, quand tout ce que le Christ réprouve faisait le fond même de la vie civile, vous appeliez cela un royaume chrétien! Quand la force régnait à la place de l'âme; quand l'épée décidait de tout; quand l'inquisition, la Saint-Barthélémi, la torture empruntée du droit païen, les caprices d'un seul homme, c'est-à-dire quand la société païenne durait, dominait encore, vous appeliez cela un royaume très-chrétien; et depuis, au contraire, que la fraternité, l'égalité, inscrites dans la loi, tendent de plus en plus à descendre dans les faits; depuis que l'esprit est reconnu plus fort que l'épée et le bourreau, depuis que l'esclavage, le servage, ont cessé ou que l'on travaille à en abolir les restes; depuis que la liberté individuelle consacrée devient le droit de toute âme immortelle, depuis que ceux dont les pères se sont massacrés se tendent désormais la main, c'est-à-dire depuis que la pensée chrétienne, sans doute trop faiblement encore, pénètre peu à peu les institutions et devient comme la substance et l'aliment du droit moderne, vous appelez cela un royaume athée!

«Qu'entendez-vous donc à la fin par religion, et quel est donc votre Christ? Est-ce un mot ou une réalité vivante? Si c'est un mot, vous pouvez, en effet, à votre gré, le clouer à une époque déterminée du passé, comme le nom du roi des Juifs au haut de la croix. Si c'est seulement dans ce qui n'est plus.--Vous cherchez le Christ dans le sépulcre du passé; mais le Christ a quitté son sépulcre, il a marché; il a changé de place; il vit, il s'incarne, il descend dans le monde moderne...»

Buffon, Histoire de ses Idées et de ses Travaux; par M. Flourens, de l'Institut, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, membre de l'Académie française, etc. 1 v. in-18. 3 fr. 60.--Paulin, éditeur, rue Richelieu, 60.

M. Flourens vient de publier à la librairie Paulin un charmant volume qui a sa place marquée dans toutes les bibliothèques à côté des œuvres de Buffon. Ce volume est intitulé Buffon, histoire de ses idées et de ses travaux. Comme savant et comme écrivain. M. Flourens, à la fois secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences et membre de l'Académie française, possède tous les titres qui donnent le droit de toucher à un si grand sujet. Les idées et les travaux de Buffon jugés, éclairés, rectifiés par les idées et les travaux de la science actuelle, telle est l'étude que M. Flourens présente aux savants et aux gens du monde, dans un langage digne de Buffon lui-même. Il manquerait un trait intéressant à l'annonce de ce nouvel ouvrage de M. Flourens, si l'on ne disait que par une circonstance curieuse et naturelle d'ailleurs, l'illustre professeur de physiologie comparée au Jardin du Roi a écrit sur Buffon dans l'appartement même que celui-ci a habité, au sein de cet établissement dont la création lui doit sa première splendeur. M. Flourens, dont les travaux scientifiques sur les diverses branches de l'histoire naturelle ont une réputation universelle, n'est pas de ceux qui pensent que la science doit avoir ses adeptes et que ses secrets peuvent demeurer enfermés loin des regards de la foule. Ce n'est pas la première fois qu'il descend des hauteurs du sanctuaire mystérieux de la science pour rendre populaires les connaissances qui s'y préparent, en faisant passer dans une langue toute littéraire et académique, les notions de l'histoire naturelle. C'est par là aussi que m. Flourens est digne de son illustre prédécesseur, qui a su revêtir des tonnes du plus magnifique langage des vues et des découvertes qui ne savent le plus souvent s'exprimer que dans le style aride de l'amphithéâtre ou dans la langue barbare de la nomenclature. M. Flourens est l'auteur d'un volume sur Georges Cuvier dont l'Histoire des idées et des travaux de Buffon est un utile et précieux pendant. C'est ce qu'il exprime bien mieux que nous ne saurions faire, dans une préfacé à laquelle nous empruntons l'extrait suivant:

«J'ai publié en 1844 l'Analyse raisonnée des travaux de Georges Cuvier.

«L'histoire des travaux de Buffon touche partout à l'histoire des travaux de Cuvier; ces deux grands écrivains lient deux siècles; Buffon devine, Cuvier démontre; l'un a le génie des vues, l'autre se donne la force des faits; les prévisions de l'un deviennent les découvertes de l'autre, et quelles découvertes! Les âges du inonde marqués, la succession des êtres prouvée, les temps antiques restitués, les populations éteintes du globe rendues à notre imagination étonnée. Les travaux de Buffon et de Cuvier sont pour l'esprit humain la date d'une grandeur nouvelle.

«J'ai vu ces grands travaux, et j'ai voulu en écrire l'histoire,»

L'Histoire des idées et des travaux de Buffon, l'Analyse raisonnée des travaux de Georges Cuvier, sont donc deux parties d'un même sujet, traitées l'une et l'autre par le continuateur et le successeur des deux plus beaux génies que la science ait dotés depuis un siècle. M. Flourens est aussi l'auteur d'un excellent petit livre sur l'instinct et l'intelligence des animaux, inspiré par les travaux de M. Frédéric Cuvier, homme d'une grande science et d'une admirable pénétration, que son nom n'a pas empêché de devenir célèbre, et qui figure à côte du grand Cuvier, son illustre frère, plus haut que le second des Corneille à côté de l'auteur des Horaces et de Cinna.

Tous ces ouvrages, ainsi qu'un excellent Examen de la Phrénologie, où les gens du monde peuvent apprendre ce qu'on doit penser des théories de cette prétendue science, sont des travaux qui pourraient à eux seuls établir une renommée, mais qui sont pour M. Flourens comme une affaire de luxe et propres à montrer ce que la vraie science peut gagner à être revêtue d'un beau langage.

Nous reviendrons sur ces travaux et particulièrement sur le volume qui vient d'être publié. Un de nos collaborateurs que ses études mettent à même de l'apprécier dans ses détails, en rendra compte avec une autorité que nous ne pouvons donner au jugement que nous en portons ici.

La Chassomanie, poème par M. Deyeux, orné de seize grands dessins à deux teintes, compositions de MM. Alfred de Dreux, Beaume, Forest, Foussereau et Valerio. 1 vol. grand in-8.--Paris. Imprimeurs-Unis. 12 fr.

Telle est des dieux l'auguste volonté,

Qu'ils ont donné, ce penser les élève!

Une seconde à la réalité

Et plus d'une heure au moindre petit rêve.

Le prisonnier rêve la liberté;

L'ambitieux, la puissance infinie;

Tous les amours rêvent la volupté;

Mon rêve à moi, c'est la chassomanie.

M. Deyeux, comme on le voit, entre franchement en matière. Il avoue sa passion, et il s'efforce de la faire partager à tout le genre humain.

Le chassomanie est un dieu sur la terre!

Aussi, non content de chasser, il veut décrire en vers de dix pieds.

Les plaisirs différents

Qu'à ses amants toute chasse prodigue.

N'allez pas croire, sur ce début, que M. Deyeux soit un de ces chasseurs malheureusement trop communs, qui ont fourni à Collin d'Harleville le type de M. de Crac.

Sa volupté n'aime rien qu'en petit,

Et son plaisir sonne peu la trompette;

Il cherche l'ombre et déteste le bruit:

La jouissance habite une cachette.

Petit sentier plus doux qu'un grand chemin,

Sous son ombrage attiré le mystère;

Les grands effets brisent le cœur humain,

Et la gaîté fuit le grand caractère.

Le chassomanie, hélas! que ne peut-il

Sous son manteau, dans l'ombre, dans sa poche,

Cacher ses goûts, son amour, son fusil!

Le vrai bonheur doit rester sous la cloche!

Ainsi vous êtes bien et dûment averti; ce ne sont pas ses hauts faits, ce sont les plaisirs, les émotions, les procédés, les ustensiles de la chasse que va chanter et décrire tour à tour en vers de huit, de dix et de douze syllabes. M. Deyeux: la grande et la petite chasse, les armes, la chasse en plaine, en battue, au miroir, au marais, etc. Ces peintures sont semées çà et là de réflexions plus ou moins profondes, car

On croit que tout chasseur, en sa légère étoffe,

N'est qu'un homme frivole et fou dans ses plaisirs,

Dont l'incapacité présidé les loisirs

Mais tout chasseur devient, s'il n'est pas, philosophe.

Le silence des bois porte au recueillement.

Aussi, parvenu à la moitié de son poème, le chassomane rédige-t-il, un jour de pluie, toutes les observations qu'il a faites, toutes les méditations auxquelles il s'est adonné:

L'art ne présida point à ce vif abrégé;

Mais la campagne admet toujours le négligé.

Les méditations chassomanes embrassent toutes les passions, qualités et vices de l'espèce humaine. Veut-on savoir comment M. Deyeux a disséqué,

... Attentif, le scalpel dans les mains,

Toutes les variétés bizarres des humains?

Nous ouvrons au hasard le carnet.

L'amitié, dans la France, est fille du caprice.

Elle tient de son père, et, comme lui, vit peu...

Vous offrez votre cœur comme on donne le bras;

Soir; mais marcherez vous longtemps du même pas?

...............................................

Dussé-je être à la fin traité d'idéologue,

Je trouve à chaque femme une fleur analogue...

L'hortensia nous peint la belle femme bête,

Si contente d'avoir du rose sur la tête;

La fleur du dalhia, la femme sans émoi,

Qui dit: Je ne sens rien, mais je suis belle, moi!...

Je crois que cette fleur, qu'on nomme la pensée,

Porte en velours le deuil de l'ivresse passée.

Les cloches du cactus sonnent l'ambition

Des amours fiers, armés des griffes du lion.

La clématite semble exprimer pour emblème:

Il faut que m'attache avant que je vous aime.

La rose d'Inde, après la rose de Provins,

Est la rêveuse altière au teint jaune, aux yeux vains.

La tulipe admirable est la beauté stupide

Dont l'esprit est inerte et dont le cœur est vide.

Cependant le chassomane interrompt ses méditations, qui renferment un trop grand nombre de pensées communes et de mauvais vers.

Il court, en son délire,

Revêtir le harnais, bagage abandonné

Pendant ces tristes jours où la foudre a tonné.

Si la raison persiste encor, méditative,

Le beau temps la combat aussitôt qu'il arrive.

Et le poème de recommencer de plus belle: La Chasse aux Lapins avec des Furets, l'Orage, la Chaumière et le Château, la Sensiblerie, la Chasse et la Guerre, l'Aviceptologie, l'Art de mentir, Lanterne et Clochette, etc., etc., tels sont les principaux sujets traités par M. Deyeux dans cette seconde partie. Une Ode à son chien Mylord, et des recherches historiques en prose terminent ce beau volume de 334 pages, qui est orné de seize jolies lithographies à deux teintes, d'après des compositions de MM. de Dreux, Beaume, Forest, Foussereau et Valerio.

Les Bagnes, histoire, types, mœurs, mystères: par Maurice Alhoy; illustré de 105 dessins de MM. de Rudder, Bertall, Valentin, J. Noël, etc.. 1 vol. in-8 publié en 50 livraisons à 30 cent. G. Havard, Dutertre, Michel Levy.

Nous recevons la première livraison d'un ouvrage nouveau qui nous paraît destiné à un succès populaire. Il a pour titre les Bagnes, et pour auteur M. Maurice Alhoy. L'Illustration, qui vient de représenter à ses abonnés la vie entière d'un forçat au bagne depuis son arrivée jusqu'à sa mort, n'a pas besoin d'insister sur l'intérêt actuel d'un pareil sujet. Pour juger l'ouvrage qu'elle se borne à annoncer, elle attendra qu'il soit achevé. Dès aujourd'hui, cependant, elle peut affirmer que nul écrivain n'était plus capable que M. Maurice Alhoy de bien remplir cette lourde et pénible lâche, d'écrire l'histoire et de faire la description de ces prisons fameuses. Son ouvrage du Bagne de Rochefort, publié il y a quelques années, avait fixé l'attention des publicistes qui se sont occupés de la réforme pénitentiaire.

Depuis cette époque, il a amassé de nombreux matériaux; il a observé de nouveau le monde exceptionnel qu'il veut peindre sous toutes ses faces, sous l'aspect qui inspire l'horreur, comme sous celui qui inspire la pitié; il a étudié le condamné et l'a vu au départ, sur sa route, à l'arrivée, à la prise des fers; il l'a vu à Brest, à Toulon, à Rochefort, sur son banc de repos, où le forçat vit comme la brute; il l'a vu dans ses travaux incessants du port, où règne l'égalité, sans privilège pour les coupables; il l'a vu sur le lit de l'hospice: il l'a suivi à son retour au monde, ou à l'amphithéâtre et à la fosse commune, où les os de tant de générations de criminels s'entassent chaque jour.

Les Petits Mystères de l'Opéra, par Albéric Second, illustration par Gavarni.--Paris, Kugelmann et Bernard Latte. 1 vol. in-8º; prix: 6 fr.

Si nous ne craignions de nous attirer une partie des rancunes que ce volume ne peut manquer de valoir à son auteur, nous dirions qu'il s'en publie peu d'aussi spirituels, et que c'est la plus amusante révélation que nous ayons entendue depuis longtemps. Mais nous ne saurions admettre toutes les méchancetés du révélateur sur ces messieurs et sur ces dames; nous ne croyons ni aux intrigues ni aux sous-jupes, et c'est malgré nous que nous avons ri de ce chapitre notamment où l'auteur, ayant dit du mal de tout le monde, ayant épuisé toutes les formules malignes, et voulant cependant encore renchérir sur le compte d'un de nos peintres, M. Lepaute, ne trouve d'autre moyen que de faire son éloge. C'est bien traître!

Il est cependant un certain monde pour lequel l'auteur des Petits Mystères s'est montré plus indulgent. Il paraît qu'il n'a plus rien à attendre des femmes; attendait-il quelque chose des journalistes, des feuilletonistes surtout? Il nous les fait passer en revue à une sortie de l'Opéra; c'est tout un cortège de grands nommes. C'est bien l'idée que nous nous sommes toujours faite de ces messieurs, et ce qui double chez, nous le mérite de cette conviction, c'est que nous n'attendons d'eux aucun compte rendu. Mais à leur place, en lisant ces flatteries sur des pages mordantes, nous nous rappellerions le corbeau de la fable, et nous craindrions que l'éloge de notre plumage ne fût mis là uniquement pour nous faire ouvrir un large bec. Heureusement l'amour-propre des corbeaux sert toujours merveilleusement la ruse des renards, et d'ailleurs c'est par habitude sans doute que celui-ci se sera montré rusé; car il s'est montré trop spirituel, il a trop constamment su se montrer amusant, pour avoir besoin de recourir à des apothéoses qui feront peut-être sourire les gens qui ne croient à rien, pas même aux grands hommes de nos jours et aux réclames.

L'Univers pittoresque, histoire et description de tous les peuples, de leurs religions, mœurs, coutumes, industries, etc.--Europe, tomes XXV, XXVI, XXVII et XXVIII. Angleterre, Écosse et Irlande; par MM. Galibert et Pelle, 4 vol. in-8. 24 fr.--Paris, 1842-1844. Firmin Didot. Trois volumes ont déjà paru; le quatrième est en cours de publication.

On a déjà parlé dans ce recueil de la grande publication de messieurs Firmin Didot frères, et l'ouvrage que nous annonçons aujourd'hui est peut-être, pour nous autres Français, après les deux ouvrages de cette immense collection consacrés à l'histoire de France (Annales et Dictionnaire encyclopédique), celui de tonus qui offre le plus grand intérêt. Histoire civile et militaire, état social, religion, mœurs, littérature, sciences et arts, législation, agriculture, navigation, commerce, industrie, tout cela est renfermé dans le vaste cadre de MM. Galibert et Pelle, tout cela est touché, sinon traité à fond par eux, de telle sorte que, sans avoir fait une œuvre historique d'une haute portée, sans avoir laissé, ce à quoi eux-mêmes ne semblent pas prétendre, un de ces monuments qui traversent les siècles, ils ont donné un livre à la fois utile et amusant, dans lequel si rien de bien neuf, de bien original n'y brille, on est du moins assuré de trouver un résumé de ce que la science historique fournit de plus avancé sur l'Angleterre jusqu'à ce jour.

Les exposants heureux, caricature par Cham.

Les Exposants malheureux, caricature par Cham.

Vol à main armée, caricature par Cham.