ESPAGNE.
La situation en Espagne est de plus en plus grave. Après avoir pris Berga, les carlistes se sont avancés sur Puycerda, dont Saballs se serait emparé, s'il faut en croire les dernières dépêches, qui paraissent dignes de foi; ils ont reçu, tout récemment, un convoi de 12,000 fusils et une quantité considérable de munitions, et l'on sait que ce sont les armes bien plus que les combattants qui leur avaient manqué jusqu'à présent. D'autre part l'anarchie est effroyable: à Alcoy, ville de 30.000 âmes, dans la province de Valence, les internationalistes ont massacré le maire et le percepteur, traîné leurs corps dans les rues et incendié une importante filature de coton. A Carthagène, le général Contreras s'est mis à la tête des insurgés qui, maîtres de toute la ville, ne tarderont pas, on le craint, à s'emparer de l'arsenal et des navires de guerre mouillés dans le port. A Malaga, la Commune règne dans toute son horreur, et les journaux espagnols font un 'tableau effroyable des excès de tous genres auxquels s'y livre la populace. Pendant ce temps, le chef du gouvernement de Madrid, M. Piry Margall, s'occupe de constituer un ministère radical et s'en tient, pour le reste, à des déclarations pompeuses auxquelles on a appris depuis longtemps à ne plus croire. Les députés de la droite du Congrès ont dû présenter contre lui une motion de censure dont le résultat n'est pas encore connu à l'heure où nous écrivons.