Incendie de la corderie de l'arsenal de Toulon
Jeudi de la semaine dernière un violent incendie s'est déclaré, à Toulon, à la corderie de l'arsenal maritime. Ce bâtiment était situé, comme on sait, avec le magasin général, les ateliers des grandes forges, le pavillon de l'horloge et la darse neuve, dans la cour de l'arsenal, à laquelle on arrive par un vaste vestibule, après avoir franchi la porte d'entrée que décorent quatre colonnes doriques et les statues de Mars et de Minerve.
L'incendie s'est déclaré à deux heures du matin, et il a pris rapidement les plus grandes proportions, ce qu'explique la nature des marchandises que renfermait le bâtiment. Ce n'est qu'après quatre heures d'efforts, c'est-à-dire à six heures du matin, que les équipages de la marine sont parvenus à circonscrire et à étouffer le feu. Mais les pertes sont considérables. On les évalue à un million environ. La cause de l'incendie est attribuée à une combustion spontanée. Dans les masses de chanvre, en effet, il n'est pas rare qu'une combustion ait lieu, comme il arrive au coton, au foin, à d'autres produits pressés, et que le feu, après avoir longtemps couvé, éclate soudain dès qu'il se trouve des espaces suffisamment aérés.
La corderie, dont il ne reste plus guère que les murs, présentait à l'intérieur une série de voûtes soutenues par un double rang de piliers formant trois nefs et cent quatre-vingt-dix-huit travées. Commencée en 1668 par le chevalier de Clairville, chef des ingénieurs militaires de France, elle fut terminée par Riquet, le créateur du canal du Languedoc, en 1678. Elle mesurait 320 mètres de longueur et 20 de largeur.
L. C.