GRANDE-BRETAGNE.

La session du Parlement britannique a été close le 5 août par le discours suivant de la reine:

«Milords et Messieurs,

«Je suis maintenant délivrée de la nécessité de vous demander de continuer vos pénibles travaux. En me séparant de vous, je croîs que mon premier devoir est de vous remercier de la promptitude toute dévouée avec laquelle vous avez pourvu à la dotation de mon fils, le duc d'Édimbourg, à l'occasion de son prochain mariage. Cette union raffermira, j'en suis sûr, l'amitié qui règne entre les deux empires: l'Angleterre et la Russie.

«Les meilleurs rapports continuent d'exister entre mon gouvernement et toutes les puissances étrangères.

«Je puis vous annoncer que la mission de Zanzibar a été menée à bonne fin; des traités ont été conclus avec Mascate et d'autres États indigènes, qui prendront des mesures pour réprimer avec plus d'efficacité la traite des esclaves à la côte orientale d'Afrique.

«Il m'a été possible de déterminer d'une manière satisfaisante les négociations commerciales que mon gouvernement avait entamées, il y a quelque temps, avec la France. Le traité a été signé le 23 juillet, et, en attendant la ratification, les traités de 1860 ont été remis en vigueur.

«Les deux pays se sont engagés à se traiter mutuellement sur le pied de la nation la plus favorisée, et la taxe différentielle sur le pavillon anglais a été supprimée, D'autres dispositions contenues dans le traité règlent la question des huiles minérales, et aident à l'extension des relations commerciales.

«J'ai également conclu des traités d'extradition avec l'Italie, le Danemark, la Suède et le Brésil; les ratifications de ces deux derniers traités n'ont pas encore été échangées; mais on les a cependant déjà mis en pratique. Il n'y a eu aucune difficulté dans cette démarche finale, et je suis engagée dans des négociations en vue de conventions d'un caractère semblable avec d'autres États de l'Europe et ailleurs.

«Je continue de me préoccuper du soin d'assurer l'effet des clauses du traité de Washington relatives aux réclamations des nationaux britanniques contre l'Amérique et aux intérêts de nos possessions de l'Amérique septentrionale.

«Messieurs de la Chambre des communes, je suis très-sensible à la libéralité avec laquelle vous avez pourvu aux diverses charges de l'État, et grâce à laquelle vous m'avez permis, en même temps, de satisfaire promptement aux obligations qui m'ont été imposées l'an dernier par les arbitres réunis à Genève.

«Milords et Messieurs,

«J'ai remarqué avec satisfaction le progrès que vous avez pu réaliser dans la voie de la diminution des charges publiques en réduisant les droits sur le sucre et l'income-tax (impôt sur le revenu) à un chiffre plus bas que cela n'avait pu se faire jusqu'à ce jour.

«L'acte pour l'établissement d'une cour suprême de justice forme un chapitre notable de votre travail persévérant. J'espère que sa mise en pratique en fera apprécier les bienfaits par le pays, au point de vue de l'expédition moins dispendieuse de certaines affaires urgentes qui ressortissent à l'administration de la justice. Ses actes pour l'amélioration de l'éducation (acte de 1870) et pour l'installation des écoles (acte de 1869) tendront, je l'espère, à accélérer, pour le plus grand bien du pays, la diffusion de l'instruction dans la classe moyenne comme dans la classe populaire. L'acte relatif à la régularisation des chemins de fer et des canaux promet de conduire à un système plus harmonieux en ce qui concerne notre réseau national de voies ferrées.

«J'ai sanctionné avec plaisir l'acte relatif à la navigation marchande rédigé par la commission récemment désignée à cet effet.

«Je compte sur une diminution des risques auxquels est exposée la classe des navigateurs.

«Les revenus ont, jusqu'ici, répondu aux estimations, et bien que l'activité du commerce ait été moins considérable dans certaines branches, pour différentes raisons, la situation du pays continue à s'améliorer visiblement. J'ai la confiance que ces résultats et tous les autres bienfaits de la divine Providence trouveront dans nos paroles et dans nos cœurs la reconnaissance qui leur est due.»