Les fouilles du cloître Saint-Marcel
On sait que des travaux ont été entrepris par la ville de Paris rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Par suite de tranchées pratiquées pour la pose de conduites d'égouts et de gaz, dix-sept sarcophages ont été mis à jour, presque tous de pierre et de dimensions diverses. La tête de l'un d'eux a été creusée dans un chapiteau de colonne. Un autre est de plâtre et porte à son extrémité le monogramme du Christ, en forme de roue. Le couvercle d'un troisième, de petite dimension, et qu'on croit du XVe siècle, est orné d'un cadre renfermant également un monogramme du Christ, une croix dont le bras supérieur présente la lettre grecque rhô; plus un alpha, un oméga, un soleil et une petite croix pattée. Le morceau le plus intéressant est un très-grand sarcophage, composé de deux pierres rapportées, dont la plus longue a été creusée dans un bloc ayant fait partie d'un édifice. On y lit, en caractères de 19 centimètres de hauteur, ce fragment d'inscription: Fil sacer Pari.... On a cru d'abord voir dans ce dernier caractère la haste d'un E, complétant le mot parentibus, ce qui semblait indiquer un fragment de monument funéraire; mais après un second examen, on a cru pouvoir affirmer que c'était certainement un I, complétant le nom des Parisiens ou d'un Parisien, ce qui ferait de ce fragment un des très-rares monuments que nous possédions, portant le nom de la ville de Paris ou du peuple parisien tracé à une époque remontant à l'ère chrétienne.
Quoi qu'il en soit, la découverte de ces sarcophages confirme la croyance que l'on avait depuis longtemps de l'existence d'un cimetière commun dans ce quartier.
L. G.