Démolition du palais des Tuileries

Depuis trois mois environ, dans la cour du château des Tuileries, circule, au milieu des décombres, une armée d'ouvriers et de soldats du génie.

C'est que depuis trois mois on s'occupe à jeter par terre les deux ailes ajoutées au vieux château élevé par Philibert Delorme: celle du Sud, bâtie par Ducerceau, celle du Nord, bâtie par L. Levau et François Dorbay. Le pavillon de Marsan, donnant sur la rue de Rivoli, a été également abattu pour être reconstruit sur le plan d'après lequel a été réédifié, sur la fin du règne de Napoléon III, le pavillon de Flore, que l'incendie de 1871 a heureusement épargné.

Ainsi dégagé, le château de Philibert Delorme, composé du pavillon de l'horloge et des deux corps de bâtiments qui le flanquent à droite et à gauche, reprendra sa physionomie primitive, car, d'après nos informations, que nous avons lieu de croire exactes, les deux annexes abattues qui le reliaient aux pavillons de Marsan et de Flore seront remplacées par une simple colonnade. Cette heureuse innovation aura le double avantage de rompre la monotonie de la longue ligne des anciens bâtiments, qui rapetissaient les proportions de l'édifice, et d'ouvrir, à droite et à gauche du château, des perspectives de verdure du côté de la place du Carrousel, et d'architecture du côté du jardin.

Tous les amis de l'art ne peuvent manquer de battre des mains à cette transformation.