Le nouveau théâtre de la Porte-Saint-Martin

Le dessin que nous donnons dans ce numéro nous dispense de décrire longuement la façade du nouveau théâtre, qui est d'ailleurs aussi simple qu'élégante. Elle est percée au rez-de-chaussée de cinq portes, dont trois au centre donnent accès dans le vestibule. Quatre cariatides séparent ces trois ouvertures et supportent un balcon de peu de saillie sur lequel ouvrent trois baies, dont une porte-fenêtre avec attique, qu'encadre un cintre dont la clef est un masque tragique.

L'entrée du théâtre est facile.

Seuls, les locataires des premières places pénètrent par le boulevard, la direction ayant, pour éviter l'encombrement, installé rue de Bondy la queue des petites places, et le bureau de distribution des billets pour le parterre et pour les galeries et loges supérieures auxquelles conduit un escalier spécial. Une fois dans le vestibule, un très-bel escalier mène au premier étage, où se trouve le foyer, un peu petit, assez richement décoré et ayant vue sur le boulevard.

La salle, blanc et or, est assez vaste. Sa profondeur est de 18 mètres, sa largeur de 23, la hauteur de sa coupole de 20. MM. Lavastre et Desplechin ont peint le plafond. Le lustre, très-grand, produit le plus bel effet de lumière. On compte dans cette salle environ 300 fauteuils d'orchestre et autant de places de stalles et de parterre. Les loges de face, au nombre de vingt, contiennent chacune cinq places. Quant au balcon, disons qu'il avance trop sur l'orchestre, masquant de beaucoup de points la vue des loges et reléguant les baignoires dans une ombre formidable. Ce sera la seule critique que nous adresserons au nouveau théâtre, qui est l'œuvre très-recommandable d'un architecte de talent, M. de la Chardonnière.