ESPAGNE.

Nous devrions être habitués aux fausses nouvelles qui nous arrivent d'Espagne presque chaque jour. Cependant la mystification qui a défrayé, cette semaine, les commentaires de la presse européenne pendant deux jours, était de proportions tellement inusitées que nous lui devons au moins une citation. D'après une dépêche arrivée le 9 novembre et datée de l'agence carliste de Bayonne, une grande bataille avait eu lieu entre les carlistes et les troupes du gouvernement; celles-ci avaient été mises en déroute complète, laissant aux mains des carlistes leur général, Moriones, et quatre canons. Deux jours après, on apprenait que la fameuse bataille n'avait pas eu lieu et que, sauf quelques engagements partiels, la situation était toujours à peu près la même au nord de la péninsule.

On annonce de Carthagène que les élections pour le renouvellement de la junte ont eu lieu le 8 novembre. Le pouvoir suprême a été laissé aux intransigeants les plus décidés: le journaliste Roque Barcia, le général Contreras, le député Galvez ainsi que les citoyens Carceles et Lacalle, entre autres révolutionnaires, ont été élus. C'est donc la continuation de la lutte.