COMMENT J'AI RETROUVÉ LIVINGSTONE

PAR STANLEY

On se souvient de la douleur et des regrets causés par la disparition de Livingstone et par la cessation absolue de ses correspondances.

Attaqué par les abeilles.

Poste d'un village de l'Ousé Gocha.

Ce missionnaire de la science et du progrès avait dû tomber victime de son dévouement, et sa mort était devenue le sujet de conversation de tout le inonde!

Cependant quelques esprits, encore animés d'espérance, doutaient de cette mort. Plusieurs même étaient convaincus que Livingstone survivait à ses oraisons funèbres et continuait ses travaux dans un pays du sein duquel il lui était impossible de rien envoyer en Europe.

Livingstone écrivant son journal.

De ce nombre était le propriétaire du journal le New-York-Herald, M. Bennett, lequel, se trouvant à Paris au mois d'octobre 1869, envoie subitement à son reporter, M. Stanley (alors à Madrid pour les affaires d'Espagne), cette simple dépêche:

«Rendez-vous à Paris; affaire importante.»

M. Stanley arrive au Grand-Hôtel.

«--Où pensez-vous que soit Livingstone»? lui demande son rédacteur en chef.

«--Je n'en sais vraiment rien, monsieur.

--Croyez-vous qu'il soit mort?

--Possible que oui, possible que non.

--Moi je pense qu'il est vivant, et je vous envoie à sa recherche.»

Et voilà M. Stanley qui se met courageusement en route.

Un crédit illimité lui est ouvert.

A Zanzibar il organise sa caravane pour visiter l'intérieur de l'Afrique et commence l'un des plus curieux voyages d'exploration qu'on ait jamais faits.

Après mille obstacles, mille émotions, mille détours, il a le bonheur d'arriver dans la région étudiée par Livingstone, d'être conduit au village qu'il habite, le village d'Oujiji, de le voir, d'entendre le récit de ses voyages, de faire des excursions avec lui, enfin de rapporter en Europe les preuves manifestes de la sincérité de son récit.

Nos gravures reproduisent l'habitation de Livingstone à Oujiji.

C'est là que le célèbre voyageur a écrit le journal que M. Stanley a rapporté à sa famille.

Dans les croquis si variés dont l'auteur a illustré sa relation, nous remarquons aussi les singulières fortifications de villages, construites en épines, que le voleur ni l'ennemi n'osent affronter, et parmi les péripéties inévitables, rencontres, nous reproduisons, entre autres, une attaque d'abeilles contre laquelle Livingstone et Stanley eurent à se défendre dans une de leurs excursions. En donnant à la littérature française cette curieuse relation, la librairie Hachette a enrichi sa belle collection de voyages d'un des livres qui lui font le plus d'honneur.

Habitation de Livingstone à Oujiji.

Gravures extraites de l'ouvrage de M. Stanley: Comment j'ai retrouvé M. Livingstone. (Hachette et Cie, éditeurs.)