Inauguration de l'Asile et de l'École de filles de Dugny.
Le village de Dugny (Seine) était à peu près inconnu avant la guerre de 1870. Perdu dans la plaine Saint-Denis, entre Stains et le Bourget, il fallait les désastres de la dernière invasion pour tirer son nom de l'oubli. En tant que commune ravagée, Dugny méritait, en effet, de fixer l'attention. Occupé par les troupes ennemies dès le 10 septembre 1870, il a vu partir le dernier soldat prussien le 20 septembre 1871.
Pendant cette occupation, qui a été la plus longue du département de la Seine, les projectiles, la rapine, la dévastation même pendant l'armistice, tout a contribué à la ruine du village.
Grâce à l'énergie et au courage de sa population laborieuse, les traces de la guerre ont à peu près disparu.
Mais, par suite de ces désastres, la commune a dû faire construire une salle d'asile et une école de filles.
La pose d'une plaque commémorative et, plus tard, l'inauguration de l'édifice, ont donné lieu à des cérémonies qui ont été entourées d'un certain éclat.
Ainsi, pour ne parler que de la dernière, nous citerons la présence de monseigneur l'archevêque de Paris, de monseigneur Langenieux, évêque de Tarbes, de M. l'archidiacre de Saint-Denis, de MM. le préfet de la Seine, le préfet de police, le sous-préfet de Saint-Denis, de M. Artoux, inspecteur de l'instruction primaire, et enfin de tous les maires des communes voisines.
Le cortège, qui s'est formé chez M. Étienne Blanc, maire de la commune, où tous les invités s'étaient réunis, s'est rendu à la nouvelle école. Une nombreuse assistance l'attendait à son arrivée.
Les élèves de l'école des filles ont chanté, en chœur, un hymne en remerciement de la visite de monseigneur l'archevêque.
M. le maire de Dugny s'est ensuite adressé à Monseigneur, pour lui exprimer la reconnaissance des habitants, heureux et fiers de la présence de toutes les autorités dans leur modeste village.
Une jeune fille de l'école a adressé ensuite à monseigneur l'archevêque et à M. le maire un compliment au nom de toutes ses compagnes.
Monseigneur Guibert a pris alors la parole et a témoigné dans des termes empreints d'un sentiment tout paternel, l'intérêt que lui inspire ce malheureux village, si cruellement éprouvé pendant la guerre.
Après ce discours, Monseigneur a donné la bénédiction à l'édifice ainsi qu'à l'assistance; puis un chœur, chanté par des amateurs, a terminé la cérémonie.
Le cortège s'est reformé et a reconduit monseigneur l'archevêque de Paris et sa suite chez M. le maire.
LE NAUFRAGE DE LA "VILLE-DU-HAVRE".
LA DERNIÈRE MINUTE.