L'EXPOSITION DE CHICAGO EN 1893

Les merveilles de notre Exposition de 1989 sont encore présentes au souvenir de tous. On se rappelle certainement que l'une des impressions les plus généralement ressenties fut celle-ci: «Il sera de longtemps impossible de faire mieux» L'Amérique a relevé cette sorte de défi; c'est le pays de toutes les audaces--souvent heureuses, il faut le reconnaître--et le gouvernement fédéral des États-Unis vient d'arrêter officiellement les détails de l'Exposition universelle qui doit s'ouvrir à Chicago en 1893.

Il ne faut pas douter un instant que les Américains n'aient en vue l'ambition de faire grand, très grand même, et d'étonner le vieux monde par la mise en œuvre de leur génie si puissant et si original.

Les détails qui nous sont parvenus, et que nous sommes les premiers à publier, rappellent un peu, dans leur ensemble, les dispositions adoptées pour notre Exposition. L'exécution du plan a été confiée par un acte du congrès à une société constituée au capital de 5 millions de dollar, soit 25 millions de francs, et le gouvernement fédéral contribuera pour une part d'un million et demi de dollars.

Quand il s'est agi de déterminer l'emplacement de l'Exposition, l'on s'est trouvé en présence de très sérieuses difficultés. Quoique la ville de Chicago occupe une très vaste superficie, on n'a pu y trouver un espace de terrain, d'un seul tenant, suffisant à renfermer toutes les installations projetées et l'on a dû se décider à fractionner l'Exposition sur deux emplacements principaux.

D'ailleurs, pour se faire une idée de la ville de Chicago, il faut jeter un coup d'œil sur la vue à vol d'oiseau que nous en donnons ici et qui représente seulement la partie centrale de la ville sur une étendue de 16 kilomètres environ, alors que l'étendue totale est de près du double, soit 32 kilomètres, en bordure sur le lac Michigan.

A gauche et à droite de cette vue panoramique, on peut remarquer deux vastes emplacements; Jackson Park d'un côté, Lake Front Park de l'autre.

Jackson Park contiendra les palais des divers États de l'Union, le pavillon du gouvernement, la galerie des machines, l'industrie des transports, de l'électricité, le travail des femmes, etc., etc. Nous donnons, d'ailleurs, un plan détaillé de cette partie de l'Exposition.

A Jackson Park, on réunira comme annexe le Washington Park qui contiendra tout ce qui est relatif à l'agriculture et à l'élève du bétail.

A Park Front Park, on réunira les Beaux-Arts et les diverses distractions de l'Exposition.

Washington Park et Jackson Park existent déjà depuis longtemps et sont des promenades magnifiques fort bien entretenues par la ville. Leur superficie totale est d'environ 3,000 acres, soit environ 1,200 hectares.

Front-Lake Park est de création plus récente: il date de 1873.

On voit donc que les deux parties de l'Exposition seront distantes d'une douzaine de kilomètres, mais les Américains ne sont pas gens à s'émouvoir pour si peu. Ces deux parties seront mises en constante communication par les «cars», par les trains du chemin de fer de l'Illinois et par les ferry-boats (bacs à vapeur) du lac Michigan. Il n'en coûtera que 5 cents (0 fr. 25), comme d'ailleurs d'un point quelconque de la ville.

Le palais du gouvernement fédéral recevra les expositions des divers ministères et administrations du pouvoir central de Washington, guerre, intérieur, justice, postes et télégraphes, etc., etc.

Ce bâtiment, entièrement construit en fer, briques et verre, formera un vaste hall de 105 mètres sur 126; il sera dominé par une coupole de 36 mètres de diamètre sur 45 mètres d'élévation.

Mais une des constructions les plus originales de l'Exposition sera certainement l'exposition de la marine, figurée par le fac-similé à grandeur naturelle d'un des nouveaux garde-côtes cuirassés actuellement en construction pour la marine des États-Unis.

Ce pseudo-cuirassé sera, non pas à «flot», mais baigné dans le lac; on le construira sur pilotis, et le navire paraîtra comme accosté le long de la jetée qui prolonge la 59e rue, au coin nord-est de Jackson Park (voir le plan).

Cette construction mesurera environ 105 mètres de long sur 20 de large. Le pont s'élèvera au-dessus de la flottaison de 3 m. 60, et sera dominé de 2 m. 40 par un réduit central cuirassé. Un pont de manœuvre surmontera encore de 2 mètres ce réduit, et supportera les embarcations, passerelles, etc.

Un mât militaire de 20 mètres de hauteur supportera deux hunes munies de canons-revolvers.

La carcasse de ce navire sera formée d'une charpente de fer et supportera des pans de briques jointes au ciment hydraulique. Les flancs seront couverts de tôles épaisses figurant les plaques de blindage, et tout, d'ailleurs, sera disposé pour donner une illusion complète. L'armement reproduira des modèles en bois peint et bronzé en trompe-l'œil de 4 canons de 13 pouces, de 4 de 6 pouces, de 20 canons à tir rapide, de 2 mitrailleuses Gattling et de 6 tubes lance-torpilles. C'est exactement l'armement adopté par la marine pour les garde-côtes cuirassés actuellement en construction.

L'intérieur du navire sera aménagé comme celui d'un vrai navire de guerre, et sera habité par un équipage assez nombreux pour exécuter certaines manœuvres. Les hommes porteront des uniformes rappelant tous ceux qui ont été portés dans la marine nationale depuis la guerre de l'indépendance.

On y verra aussi un très intéressant musée qui contiendra des souvenirs de la guerre de sécession, des tableaux de batailles navales, des portraits de marins célèbres de l'Union, etc.

Enfin, ce navire, qui portera le nom d'Illinois, survivra à l'Exposition et doit servir de navire-école pour les marins des Grands-Lacs qui y seront appelés en périodes d'instruction, au lieu d'être répartis, comme on le fait actuellement, sur les divers navires de la flotte.

Tel est, dans ses grandes lignes, l'ensemble du projet de l'Exposition américaine.

Un mot maintenant sur les personnes qui auront à assumer la direction générale de cette vaste entreprise:

Le président de la Société est M. Thomas Wetherell Palmer, sénateur de l'État de Michigan, et qui a pris une part très active à tous les grands travaux de son pays.

La direction générale de l'Exposition a été remise à M. le colonel Georges R. Davis, ancien officier de l'armée fédérale, qui a pris une part très brillante aux principaux faits de la guerre de sécession.

LE COLONEL G.-R. DAVIS Directeur général de l'Exposition universelle de Chicago. M. T.-W. PALMER Président du comité de l'Exposition de Chicago.

THÉÂTRE DE L'ODÉON.--«Passionnément», comédie en quatre actes,
de M, Albert Delpit. La scène d'explications entre Mistress
Vivian (Mlle Melcy) et Edmond Sorbier (M. Dumény), au 4e acte.

La semaine parlementaire.--Le jeu aux courses.--La Chambre a eu à délibérer cette semaine sur une question qui passionne--et qui passionnera longtemps encore, croyons-nous--la population parisienne principalement, et presque autant les populations des départements. Il s'agit du jeu aux courses. On sait l'origine du débat:

A la suite de la circulaire de M. Goblet, interdisant le pari à la cote, l'administration a autorisé les organisateurs de courses à laisser s'établir sur leurs hippodromes un genre de pari, dit le pari mutuel, à cette condition qu'un prélèvement de 2% serait opéré sur les recettes, au profit d'œuvres de bienfaisance. On croyait à cette époque que ce prélèvement donnerait des ressources assez considérables, mais non au point qu'elles deviendraient un embarras pour le ministre qui aurait la responsabilité d'en effectuer la répartition. Or, il se trouve que les recettes provenant de cette source ont pris des proportions telles, qu'elles constituent un véritable budget nouveau. M. Constans n'a pas voulu rester seul chargé de l'administrer, et il a demandé à la Chambre d'examiner la question, de la régler par une loi spéciale et de confier à une commission le soin de contrôler l'application de cette loi.

Mais il y avait là un danger. En fait, en entrant dans cette voie, la Chambre reconnaissait implicitement la légalité du jeu, puisqu'elle consacrait, par une disposition votée dans les formes parlementaires, une recette provenant du jeu. Aussi s'est-il trouvé, aussi bien dans la majorité républicaine que sur les bancs de la droite, un grand nombre de députés qui ont vivement protesté: M. de Lamarzelle, M. Ernest Roche, M. Michou, notamment, ont parlé dans les termes les plus vigoureux contre le projet soumis au parlement.

M. Constans est alors monté à la tribune, non pour justifier la loi, mais pour bien préciser la portée qu'aurait le vote de la Chambre, si cette loi était rejetée. Il a dit que sur la question de principe il ne peut pas exister de doute, la loi elle-même déterminant l'opinion que le gouvernement doit avoir sur le jeu. Mais, a ajouté le ministre, toute la question se résume à ceci, que le pari mutuel existe et que, s'il est maintenu, il faut le régulariser. Si la Chambre ne le maintient pas, le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour faire cesser le jeu. En d'autres termes, il n'y aura plus ni pari mutuel ni bookmakers sur le champ de courses.

La majorité n'a pas reculé devant cette déclaration catégorique, et, par 338 voix contre 149, elle a décidé qu'elle ne passerait pas à la discussion des articles.

Mais on trouve encore une fois ici la preuve que, dans bien des cas, les mœurs sont plus fortes que les lois. Ceux-là mêmes qui, un instant auparavant, n'avaient pas voulu violer par leur vote un des principes essentiels de notre législation, l'interdiction du jeu sous toutes ses formes, ont fait auprès du ministre les instances les plus pressantes pour que le statu quo fut maintenu, c'est-à-dire pour qu'il considérât leur vote comme nul et non avenu.

C'est qu'en effet le vice du jeu, et particulièrement celui qui s'exerce aux courses, est malheureusement enraciné au cœur de nos populations, en sorte que l'application rigoureuse de la loi causerait un mécontentement général dans toutes les classes de la société. Si là était toute la difficulté, on pourrait engager le gouvernement à braver des colères momentanées dans un grand intérêt de moralité publique, mais les partisans du jeu aux courses font valoir d'autres arguments d'une réelle valeur. Ils soutiennent, ce qui est vrai, que la suppression des paris équivaut à la suppression des courses, au grand détriment de notre élevage national et de toutes les industries qui s'y rattachent, lesquelles ont droit à la sollicitude des pouvoirs publics.

L'administration s'est donc mise, en cette circonstance, dans un cas embarrassant; mais on peut donner raison, avec peu de chances de se tromper, à ceux qui ont prévu dès le lendemain du vote que, en dépit de la loi et de toute réglementation, le jeu subsistera sous une forme ou sous une autre.

--Au Sénat, l'interpellation de M. Dide sur la situation de l'Algérie a donné lieu à un très important débat. Il résulte de l'ensemble des discours prononcés que les Arabes, loin d'être assimilés à notre race, sont tout au plus soumis. Tous ceux qui ont visité notre magnifique possession de l'Afrique du Nord en rapportent en effet cette impression. Il y a là encore beaucoup à faire, et la commission réclamée par la Chambre haute pour étudier toutes les questions qui se rattachent à la mise en valeur de notre belle colonie a une lourde tâche à remplir.

L'Allemagne. Le Moniteur officiel de l'empire allemand a publié une note ainsi conçue:

«Le ministère d'Alsace-Lorraine a pris aujourd'hui, 28 février, la décision suivante:

«A partir de mardi 3 mars 1891 à huit heures du matin, l'ordonnance du 22 mai 1888 relative à l'obligation des passe-ports devra être appliquée dans toutes ses dispositions; en particulier, tous les adoucissements se rapportant à la circulation sur les chemins de fer avec des billets pris pour traverser le pays d'une frontière à l'autre sont supprimés.»

C'est là évidemment la réponse faite par le gouvernement allemand à la résolution prise par les peintres français de s'abstenir de toute participation à l'Exposition de Berlin. Ainsi donc, c'est sur les pays annexés que retombent les conséquences de l'incident qui vient de se produire. C'est là un coup que nous devons ressentir vivement, bien qu'il fût prévu, car c'est une douleur pour nous de voir les populations d'Alsace-Lorraine frappées uniquement parce qu'on sait qu'elles ont conservé l'âme française, et pour des faits où elles ne sont pour rien.

Et maintenant, sur qui doivent peser les responsabilités? Il est délicat de se prononcer, mais le sentiment général est qu'on a eu tort d'accentuer outre mesure la signification que devait avoir la participation des peintres français à l'Exposition de Berlin. Il était excessif, pour faire réussir cette négociation, de charger la mère de l'empereur d'une véritable ambassade. Certes, la veuve de l'empereur Frédéric a été traitée par la population parisienne avec courtoisie et respect. Elle se plaît à le reconnaître elle-même, et ce serait lui faire injure que de supposer un instant qu'elle pût apporter, dans ce débat qui divise deux peuples puissants, un autre témoignage que celui des faits. Mais ce qui est vrai, c'est que sa présence prolongée a vivement ému la population parisienne qui a pensé que, grâce à l'Exposition de Berlin, on voulait engager notre pays plus qu'il n'était nécessaire, et l'opinion a agi de tout son poids, dans une question où les artistes eux-mêmes étaient divisés.

L'opinion, sur certains points--et toujours, il ne faut pas manquer de le dire, en dehors de la présence de l'Impératrice--s'est manifestée d'une façon un peu chaude. Mais, dans un pays où la discussion est libre, on ne saurait s'en étonner et on ne peut demander à deux millions d'hommes d'agir en diplomates. Au surplus, faut-il leur donner la conduite des diplomates comme un modèle à suivre? Ils ont fait en cette circonstance assez triste figure et ils sortent de l'aventure quelque peu malmenés. Ils en sont réduits à constater des faits qu'ils auraient dû prévoir. Ils ont commis des imprudences dont le public, dans sa simplicité, a su fort heureusement se garer. Les artistes français ont exposé dans plusieurs villes d'Allemagne; ils auraient pu, peut-être, exposer à Berlin, si les choses avaient été menées avec discrétion. Or, ce sont précisément ceux chez qui la discrétion devrait être une qualité de métier qui ont voulu transformer leur participation en manifestation de cordialité, alors qu'elle devait rentrer tout, simplement dans la catégorie des relations nécessaires entre deux peuples qui ne sont pas en guerre.

La foule a été, cette fois, plus clairvoyante que ceux qui sont chargés de la conduire.

La question égyptienne.--De temps à autre quelques faits nouveaux viennent rappeler que la question égyptienne est toujours ouverte et, en même temps, qu'elle est plus éloignée que jamais de recevoir une solution. En dernier lieu, le gouvernement anglais a décidé la réoccupation de Tokar, qu'il considère comme une position stratégique nécessaire à ses opérations, et, dans un autre ordre d'idées, il a autorisé le juge Scott, conseil judiciaire du gouvernement égyptien, à proposer et à faire prévaloir dans l'administration de la justice une réforme qui constituerait l'élimination à peu près complète de la France, jusqu'ici représentée, sinon prépondérante, dans la composition des tribunaux mixtes. Il y aurait donc là, par une voie détournée, la violation d'un acte international consenti par toutes les puissances intéressées. Sur ces entrefaites, M. Labouchère a présenté à la Chambre des communes une motion tendant à mettre le gouvernement britannique en demeure de faire connaître enfin le terme qu'il compte fixer à son occupation en Égypte. Sans se faire d'illusion sur la portée et la sincérité de l'opposition que le cabinet de Londres rencontre à ce sujet dans le parlement--car, au fond, l'évacuation de l'Égypte n'est désirée par personne de l'autre côté de la Manche--il est intéressant de constater que, une fois de plus, le chef du Foreign office a fait une réponse dilatoire, de laquelle il résulte ce qu'on savait déjà, c'est-à-dire que l'Angleterre se trouve bien en Égypte et n'a nullement l'envie d'en sortir.

Il est probable que ces incidents donneront lieu à de nouvelles déclarations de la part du gouvernement français, car notre représentant au Caire, M. d'Aubigny, a été appelé par le ministre, évidemment pour lui fournir les éclaircissements nécessaires. L'affaire viendra donc encore une fois à la tribune de la Chambre.

Au Dahomey.--L'attitude du roi Behanzin, qui reste toujours plus que suspecte malgré la correction qu'il apporte dans ses relations avec les autorités françaises, commande la plus grande attention. Nous avons parlé des marchés qu'il a déjà passés avec des maisons allemandes et anglaises dans le but de munir ses soldats de fusils à tir rapide, car on dirait que le premier effet de la civilisation importée en Afrique a été de donner aux nègres eux-mêmes cette fièvre d'armements à outrance qui est, depuis longtemps, la maladie de l'Europe. Nous ferons donc bien de prendre nos précautions, afin d'être prêts dans le cas d'un retour offensif.

A ce point de vue le projet que M. Viard, un ancien explorateur du Dahomey, va mettre à exécution, doit être signalé. M. Viard va procéder à l'établissement d'un wharf qui sera construit à Kotonou, dans un intérêt commercial, mais qui en même temps pourra rendre de réels services si une nouvelle expédition dans le pays était nécessaire.

Ce wharf, en effet, assurera d'une façon constante, sur la côte du Bénin, les opérations maritimes que la difficulté de franchir les barres rend toujours dangereuses, et facilitera, par conséquent, le débarquement rapide de nos troupes, alors que, jusqu'ici, ce débarquement pouvait être indéfinitivement retardé par l'état de la mer.

Le wharf en question aura trois cents mètres de longueur sur quarante de largeur et dépassera la barre de plus de cent mètres. Il sera pourvu d'une double voie ferrée et de grues fixes de diverses puissances. M. Viard espère pouvoir mettre, dans un an environ, ce précieux outillage à la disposition du commerce et des autorités militaires.

Les Arts industriels au Salon du Champ-de-Mars.--La Société nationale des Beaux-Arts se propose d'apporter à son règlement, en ce qui concerne les œuvres exposées, une modification qui constituerait une réforme importante.

Jusqu'ici les expositions artistiques ne comprenaient que les tableaux, les statues, l'architecture et la gravure. Les organisateurs du Salon du Champ-de-Mars pensent que ce programme n'est pas assez large et que, en dehors de ceux qui cultivent ces branches, en quelque sorte classiques, de l'art, il en est d'autres qui contribuent pour une large part à l'illustrer et dont la place est marquée auprès des peintres, des sculpteurs ou des architectes. C'était l'avis des grands maîtres du passé et, pour n'en citer qu'un, Bernard Palissy, qui prenait modestement pour titre: ouvrier de terre et inventeur des rustiques figulines, passait et méritait de passer pour un des grands artistes de son temps. La Société nationale veut reprendre les traditions de la grande époque et faire revivre le principe de l'unité de l'art qui la caractérisait. Elle estime que les céramistes, les verriers, les émailleurs, les orfèvres, les ferronniers, sont les égaux, dans certains cas, des peintres ou des sculpteurs et doivent, par conséquent, participer aux mêmes privilèges, partager les mêmes récompenses.

Le comité est donc d'avis que leurs œuvres doivent être exposées au même titre que les autres. Mais, seules, les pièces originales, signées de l'artiste qui les aura faites, seront reçues, sans nom de la maison à laquelle elles appartiennent, afin d'éloigner tout soupçon de réclame. Les trois sections du jury se réuniront pour les juger.

Une commission composée de MM. Dalou, Dubois, Cazin et Roll, est chargée d'étudier le règlement spécial qui doit s'appliquer à l'art industriel et préparer sa fusion avec les Beaux-Arts. C'est là une tâche assez délicate, étant donnés les progrès accomplis par le procédé industriel, si perfectionné aujourd'hui qu'il se confond souvent avec l'art lui-même. Nous n'en sommes plus au temps, en effet, où il fallait, pour certains travaux, que la main de l'ouvrier fût une main d'artiste. Il y a là un écueil, mais les rénovateurs du Salon du Champ-de-Mars sont assez expérimentés pour faire la démarcation nécessaire et, s'ils y réussissent, ils auront consacré un principe juste.

Nécrologie.--M. Auguste Cadet, ancien conseiller municipal de Paris, ancien député de la Seine.

M. Octave Blanqui, fils du célèbre économiste, attaché à la résidence générale de Tunisie.

M. François Carquet, ancien sénateur républicain de la Savoie.

Le docteur Reveille, ancien médecin en chef des hôpitaux de Nîmes.

M. Corbon, sénateur inamovible.

Le docteur Georges Treille, médecin-inspecteur du corps de santé des colonies.

M. Elphège Boursin, littérateur.

M. Reiset, ancien directeur des Musées nationaux.

M. Fortuné du Boisgobey, romancier, membre de la Société des gens de lettres.

Le marquis San-Carlos de Pedroso, chambellan de la reine d'Espagne.

M. Béhic, ancien ministre.