LA GUERRE RUSSO-JAPONAISE

La tentative russe sur Niou-Tchouang n'avait été qu'un audacieux raid, accompli par un fort parti de cavalerie, qui avait réussi à forcer le rideau de l'extrême gauche japonaise.

Dix jours plus tard. Kouropatkine tentait, sur le même flanc gauche des japonais, un mouvement bien plus considérable. Dans la nuit du 24 au 25, tout un corps d'armée (le 8e) prenait l'offensive sur la rive droite du Houn-Ho, au nord-ouest de Liao Yang. Par un froid intense (16°), qui avait brusquement succédé à une température exceptionnellement douce, les Russes attaquaient, le 25, les villages de Khaïlatosa et de Kekeouatai et les occupaient; leur cavalerie repoussait deux régiments de dragons vers le sud-est. Le 26, le mouvement se dessine contre Sandepou, gros village aux mains des Japonais depuis le 8 novembre; après un vif combat, les ouvrages artificiels qui le protégeaient sont enlevés et, à sept heures du soir, les Russes sont dans le village; ils se heurtent alors à une forte redoute, qui ne peut être prise sans bombardement préalable et dont les feux rendent la position dans le village intenable. Il faut reculer; le 27, le 28, le comtat continue avec acharnement; les Japonais ont pu couvrir à temps leur flanc gauche; le plan de Kouropatkine a échoué. Le 29, les Russes étaient refoulés dans les environs de Kekeouatai, sur le Houn-Ho.