UNE USINE ASSIÉGÉE A LIMOGES PAR LES OUVRIERS EN GRÈVE.
Phot. Th. Boureau.
Dans deux départements limitrophes, la Haute-Vienne et la Vienne, il s'est passé simultanément des faits dont le rapprochement est d'autant plus frappant que, sans être absolument identiques, ils offrent entre eux une certaine similitude; ici et là, en effet, il s'agit d'une maison assiégée.
A Limoges, c'est l'usine de matières premières pour chapellerie appartenant à M. Beaulieu et habitée par son propriétaire. Les ouvriers, en grève depuis près de deux mois, en étaient venus à organiser un véritable blocus autour des bâtiments: après avoir barricadé le portail,
ils avaient établi un cordon de sentinelles qui, montant la garde jour et nuit, tenaient onze personnes prisonnières, empêchaient toute communication avec le dehors, s'opposaient même, à l'entrée des provisions nécessaires à l'alimentation de ces personnes, parmi lesquelles on comptait quatre enfants. Autorités, agents de police et gendarmes ont été, pendant plusieurs jours, impuissants à imposer à ces grévistes obstinés le respect de la liberté individuelle. A Usseau, village voisin de Châtellerault, c'est l'habitation d'un nommé Roy, braconnier, ancien garde particulier, qui subit un siège en règle. Mais là, on ne se trouve plus en présence d'un assiégé malgré lui, et les assiégeants sont des gendarmes et des soldats. Ayant gratifié d'un coup de fusil au visage un propriétaire du pays dont il croyait avoir à se venger, il s'est ensuite réfugié dans sa maison, convertie en un «Fort Chabrol», d'où seul, depuis une semaine, en dépit de ses soixante-dix ans, il nargue la justice, tient tête à la force armée et «canarde» quiconque tente d'approcher. Déjà ce forcené a blessé un greffier, deux gendarmes et un sergent du 12e.
La maison du garde-chasse.
UN NOUVEAU "FORT CHABROL"
--Fantassins guettant le garde-chasse Roy, qui se défend à coups de fusil.
Clichés Arambourou, communiqués par le Journal.
La façade sur la rue du Télégraphe.