LE PASSAGE DE L'ESCADRE DE ROJESTVENSKY DANS LA BAIE D'ANPASSANDAVA, A NOSSI-BÉ

On sait que l'escadre de l'amiral Rojestvensky, partie de Reval le 12 octobre dernier, s'était divisée, à l'entrée de la Méditerranée, en deux parties, dont l'une allait doubler le cap de Bonne-Espérance, tandis que l'autre passait par Suez. Le 2 janvier, le premier échelon, que commandait l'amiral Rojestvensky en personne, arrivait à Sainte-Marie de Madagascar; le lendemain, le second échelon, sous les ordres de l'amiral Felkersam, mouillait dans la baie d'Anpassandava. C'est là qu'allait venir les rallier, en deux échelons aussi, dans les premiers jours de février, pour la concentration définitive, l'escadre passée par la Méditerranée et la mer Rouge. Ces diverses opérations, accomplies si loin du théâtre des hostilités ne donnèrent lieu alors à aucun incident, et ce n'est que plus récemment qu'on nous fit un grief de les avoir laissé s'accomplir chez nous. La photographie que nous publions, prise dans la baie d'Anpassandava, montre que, si les charbonniers qui accompagnaient la flotte russe ont pu s'approcher assez près de la terre française, les navires de guerre eux-mêmes, comme si l'on avait prévu dès lors la mauvaise querelle qui nous serait cherchée plus tard, se tinrent aussi éloignés que possible de la côte.